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Ils volaient des chats depuis 3 ans pour les transformer en viande : 480 félins retrouvés dont 80 déjà morts

Publié par Elsa Fanjul le 17 Juin 2026 à 14:05
Dizaines de chats enfermés dans des cages métalliques

Au Vietnam, des centaines de chats de compagnie disparaissaient sans laisser de trace depuis trois ans. Leurs propriétaires ne se doutaient pas qu’un réseau organisé les piégeait méthodiquement pour les revendre comme viande. La police de Hô Chi Minh-Ville vient de mettre fin à ce trafic — et ce qu’elle a découvert sur place glace le sang.

480 chats saisis et 9 suspects arrêtés à Hô Chi Minh-Ville

Tout est parti d’une vague de disparitions d’animaux de compagnie signalée dans le sud du Vietnam. Des dizaines de familles ont alerté les autorités après avoir constaté que leurs chats s’évaporaient du jour au lendemain, sans explication.

La police de Hô Chi Minh-Ville a remonté la piste jusqu’à un groupe criminel spécialisé dans le vol et la collecte de chats, selon le journal officiel de la police vietnamienne. L’opération a débouché sur l’arrestation de neuf suspects la semaine dernière.

Sur place, les enquêteurs ont mis la main sur un spectacle difficile à supporter. Plus de 400 chats vivants ont été récupérés, entassés dans des conditions déplorables. Mais le bilan ne s’arrête pas là : 80 autres félins étaient déjà morts, conservés sur de la glace, prêts à être écoulés sur le marché.

Les suspects ont reconnu les faits. Ils ont avoué avoir piégé des chats pendant trois ans dans tout le sud du pays, alimentant un circuit de revente aussi discret qu’efficace. Un réseau rodé, qui profitait d’un cadre légal surprenant pour beaucoup d’Occidentaux.

La consommation de chats et de chiens, une pratique légale au Vietnam

Ce qui choque dans cette affaire, ce n’est pas seulement la cruauté du réseau. C’est le contexte dans lequel il opérait. Car au Vietnam, la consommation de viande de chat et de chien est parfaitement légale. De nombreux restaurants en proposent ouvertement à leur carte.

La loi impose toutefois une condition : les vendeurs doivent détenir des certificats prouvant l’origine des animaux. C’est précisément cette règle que le réseau démantelé contournait en volant des animaux domestiques appartenant à des familles.

Ce détail change tout. On ne parle pas ici d’un élevage, aussi contestable soit-il. On parle de chats arrachés à des foyers, de compagnons de vie transformés en marchandise. C’est cette dimension qui a provoqué une vague d’indignation au Vietnam même, où la protection animale gagne du terrain dans l’opinion publique.

Les organisations internationales surveillent de près ces pratiques. Plusieurs pays d’Asie du Sud-Est ont durci leur législation ces dernières années, sous la pression des ONG et d’une jeune génération de plus en plus sensible au bien-être animal. Mais la route est encore longue.

Femme serrant un chat retrouvé contre elle avec soulagement

40 chats rendus à leurs familles, mais des dizaines attendent toujours au poste

L’élan de solidarité qui a suivi le démantèlement n’a pas tardé. L’ONG Humane World for Animals a annoncé mardi qu’au moins 40 chats volés avaient été restitués à leurs propriétaires. Des retrouvailles émouvantes, filmées et partagées sur les réseaux sociaux vietnamiens.

L’organisation a salué une « opération décisive qui a sauvé la vie de tant d’animaux ». Mais son représentant, Karanvir Kukreja, a tempéré l’enthousiasme avec un constat préoccupant.

Des dizaines de chats restent en effet retenus au poste de police, utilisés comme pièces à conviction dans la procédure judiciaire en cours. Leur sort dépend désormais du calendrier de la justice vietnamienne. En attendant, Humane World for Animals a fait don de nourriture et organisé la livraison de ventilateurs pour éviter que les félins ne souffrent de la chaleur accablante.

« Notre principale préoccupation concerne ceux qui restent au poste », a insisté Kukreja. Car chaque jour qui passe sans restitution est un jour de stress supplémentaire pour ces animaux déjà traumatisés.

Trois ans de vols systématiques, des centaines de félins arrachés à leurs foyers, et un réseau qui aurait pu continuer longtemps sans cette intervention policière. Si 40 chats ont retrouvé leur famille, combien d’autres n’ont jamais eu cette chance ?

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