Un Yorkshire fonce sur un ours noir et le chasse du jardin : les spécialistes, eux, ne rient pas

Un énorme ours noir qui flâne dans un jardin, un minuscule Yorkshire qui fonce dessus comme une flèche. La vidéo, tournée en Caroline du Nord, est devenue virale, et on comprend pourquoi. Mais derrière le fou rire, un organisme spécialisé glisse un chiffre qui change complètement la façon de regarder la scène.
Un ours noir, un jardin près d’Asheville et un Yorkshire qui n’a peur de rien
Tout se passe dans le comté de Buncombe, près d’Asheville, en Caroline du Nord. Chez John et KC Murdoch, un minuscule Yorkshire terrier nommé Benny règne sur le jardin. Ce jour-là, un énorme ours noir décide d’y faire un tour.
La famille a transmis la séquence à la chaîne locale WLOS, avant que TMZ et Yahoo ne la repostent. La vidéo est devenue virale, et ce n’est pas un hasard : le contraste entre les deux protagonistes fait sourire immédiatement.
Autre détail qui compte à l’heure des faux en série : les images viennent directement des propriétaires. Ce n’est pas le cas de toutes les vidéos animalières, comme ces sept chiens censés avoir parcouru 17 km pour rentrer chez eux, une vidéo virale qui s’est révélée être un faux.
Au début des images, rien ne laisse présager la bagarre. L’ours traverse tranquillement le jardin et s’approche d’un arbre, comme s’il était chez lui.
Selon John Murdoch, interrogé par ABC News et cité par PetHelpful, Benny « fonce sur n’importe quel animal qui entre dans notre jardin, quelle que soit sa taille ». Pour ce chien, la taille de l’intrus ne change donc rien à l’affaire.
Sur les images, le décalage prête à rire. Mais la scène rappelle aussi qu’un ours aurait pu tuer un si petit chien d’un seul coup de patte.
Le plus étonnant n’est pourtant pas l’audace du chien. C’est la manière dont l’ours réagit, et elle n’était écrite nulle part.
Aboiements, arbre, clôture : la séquence en trois temps qui a fait fuir l’ours
Soudain, Benny déboule comme une flèche. Il aboie sans s’arrêter et se met à tourner autour de l’ours, qui n’avait visiblement pas prévu ce comité d’accueil.
En arrière-plan, son maître le rappelle. Une fois, puis deux, puis plusieurs. Le Yorkshire ne lâche rien, sourd à tous les appels.
Les animaux de compagnie qui se prennent pour des gardiens n’ont rien d’une légende. À 5 h du matin, un Maine Coon a ainsi mis en fuite trois cambrioleurs, au point qu’on a dit qu’il avait tout fait « comme un chien de garde ».
Mais ici, l’adversaire n’est pas un cambrioleur : c’est un ours noir, un animal sauvage qui, sur le papier, aurait dû gagner la partie en quelques secondes. C’est ce qui rend la suite si improbable.
Tout tient en une succession de gestes rapides : la charge, l’encerclement, l’escalade, la retraite. Et l’ordre dans lequel ils s’enchaînent est une petite leçon de rapport de force inversé.
Sous la pression, le plantigrade grimpe dans l’arbre pour prendre de la hauteur. Il y reste quelques secondes, puis redescend et tente de fuir.
Benny ne lui laisse aucun répit. Il le poursuit jusqu’à la clôture, que l’ours finit par franchir avant de disparaître dans les bois.
Le jardin est libre, le chien a gagné. Reste une question que la vidéo ne pose pas : et si ce triomphe était justement la meilleure façon de se mettre en danger ?

Ce que BearWise répond à ceux qui applaudissent le courage de Benny
Tous les face-à-face ne se terminent pas par la fuite de l’ours. En Californie, un ours entré chez un couple endormi a coûté la vie à leur chienne, morte en tentant de le repousser.
C’est exactement ce que rappellent les spécialistes de BearWise, un programme consacré à la cohabitation avec les ours. Pour eux, le courage de Benny ne doit pas faire oublier le danger.
Leur chiffre donne à réfléchir. Entre 2010 et 2015, plus de la moitié des incidents impliquant humains et ours noirs concernaient aussi des chiens, avec environ 46 % des chiens et 62 % des personnes blessés.
Le programme est sans détour : « un face-à-face chien ours se termine rarement bien pour le chien ». Autrement dit, la victoire de Benny est l’exception, pas la règle.
Les consignes sont claires. « Ne laissez pas votre chien aboyer sur un ours, le harceler, le poursuivre ou le coincer », insiste BearWise. C’est pourtant ce que Benny a fait d’un bout à l’autre de la vidéo.
L’organisme conseille aussi de garder les chiens en laisse en zone à ours, de vérifier le jardin avant de les laisser sortir et de rentrer immédiatement l’animal si un ours apparaît. Plutôt que de compter sur son héroïsme.
Voilà la réponse : derrière le fou rire, la scène est un exemple de ce qu’il ne faut pas laisser faire à son chien. Reste à comprendre pourquoi ces rencontres se multiplient.
Des ours de plus en plus près des maisons : ce que ça change pour les jardins
Si la scène paraît surréaliste, elle n’a rien d’isolé dans la région. Les ours noirs sont la seule espèce d’ours présente en Caroline du Nord, et ils se montrent de plus en plus autour des habitations.
Selon des estimations citées sur Wikipedia, leur population serait passée d’environ 3 000 individus au début des années 2000 à plus de 8 000 dans l’ouest de l’État. Le chiffre éclaire la scène du comté de Buncombe.
PetHelpful souligne que ces animaux, attirés par la nourriture facile, fouillent jardins, poubelles, mangeoires d’oiseaux et parfois même voitures ou maisons. Voir un ours dans son jardin devient donc de plus en plus courant. Un chien aussi intrépide que Benny, lui, reste l’exception.
Concrètement, la leçon tient en quelques réflexes : jeter un œil au jardin avant de lâcher le chien, le garder près de soi, et se rappeler que la nourriture facile attire ces visiteurs. Le tout sans attendre qu’un ours soit déjà sur la pelouse.
Le courage canin a d’ailleurs déjà coûté bien plus cher : un bouledogue français de 7 ans s’est jeté sur un ours pour sauver ses maîtres et y a laissé la vie.
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Benny, lui, a retrouvé son jardin. Mais pour ses maîtres, la prochaine fois, le plus sage sera sans doute de le faire rentrer avant que l’ours ne s’approche de l’arbre.
Benny a gagné le round, mais pas la leçon : un chien courageux est d’abord un chien qu’il faut savoir rappeler. Et si les rencontres sauvages vous fascinent, ce triathlète qui a enfoncé son pouce dans l’œil d’un alligator raconte comment il a survécu en pleine rivière. Quant à ceux qui préfèrent frissonner autrement, ce python de 7 mètres qui attaque un homme rentré chez lui après une soirée vous attend.