Bail de location : cette clause s’ajoute désormais automatiquement dans votre contrat dès octobre 2026

Un nouveau texte vient de paraître au Journal officiel et il va toucher directement le contrat que vous signerez bientôt, ou que vous avez déjà signé. Que vous soyez propriétaire bailleur ou locataire, votre bail ne ressemblera plus tout à fait à celui d’hier. Trois changements précis s’y glissent, et l’un d’eux peut carrément faire annuler un contrat mal rédigé.
Un modèle de bail qui vient d’être révisé en profondeur
Quand on loue un logement comme résidence principale, le contrat ne peut pas être rédigé n’importe comment. La loi impose un modèle type précis, avec des mentions obligatoires, que ce soit pour une location vide, meublée, ou une colocation avec un seul bail pour tout le monde.
Ce modèle a été mis à jour par un décret publié le 7 juillet 2026. Les nouvelles règles s’appliqueront à tous les baux signés ou renouvelés à partir du 1er octobre 2026. Concrètement, ce texte transpose dans les contrats deux lois votées en 2023, la loi Le Meur et la loi anti-squat, qui dormaient jusqu’ici dans les textes sans être vraiment intégrées aux modèles utilisés au quotidien.
Rien d’anodin donc : ce sont des millions de contrats, signés chaque année en location vide ou meublée, qui vont devoir se conformer à ce nouveau cadre. Reste à savoir ce qui change vraiment sur le papier, et c’est là que ça devient intéressant.
La clause qui peut mener à la fin du bail, et celle qui peut l’annuler
Premier changement notable : la clause résolutoire figure désormais automatiquement dans tous les nouveaux contrats. C’est la clause qui prévoit la résiliation du bail en cas d’impayé de loyer, de charges, ou de non-versement du dépôt de garantie.
Avant, cette clause n’était pas obligatoire : il fallait que le propriétaire pense à l’écrire lui-même. Beaucoup le faisaient déjà, mais ce n’était pas systématique. Attention toutefois : le mot « automatique » ne veut pas dire que le locataire peut être expulsé sans juge. La procédure reste identique, avec un commandement de payer et un délai de 6 semaines avant toute saisine du juge des contentieux de la protection.
Deuxième nouveauté, plus discrète mais potentiellement lourde de conséquences : certaines villes peuvent désormais imposer que les logements neufs soient exclusivement utilisés comme résidence principale. Cette possibilité, issue d’une loi de 2023, concerne les communes où le marché est tendu, ou celles où plus de 20% des logements sont des résidences secondaires.
Si votre bail omet cette mention obligatoire alors qu’elle s’impose, le contrat peut être purement et simplement annulé, un peu comme certaines erreurs d’aménagement qui rendent un espace inutilisable sans qu’on s’en rende compte tout de suite.

Le détail qui change vraiment le quotidien entre propriétaire et locataire
Au milieu de ces deux clauses aux enjeux juridiques lourds, une troisième nouveauté passe presque inaperçue, et c’est justement celle qui va le plus changer votre quotidien. Les contrats peuvent désormais mentionner le numéro de téléphone portable du propriétaire et du locataire, en plus des coordonnées habituelles.
Cette mention reste facultative, mais l’idée derrière est simple : faciliter le contact direct entre les deux parties en cas de souci. Un tuyau qui fuit, un retard de paiement, une question sur les nuisibles qui s’installent dans le logement : autant de situations où décrocher son téléphone évite bien des tensions inutiles.
Si vous êtes propriétaire et que vous préparez un nouveau bail, pensez à utiliser le modèle actualisé dès le 1er octobre 2026, surtout si votre logement neuf est concerné par la règle de résidence principale.
Si vous êtes locataire, sachez que votre futur contrat contiendra par défaut une clause qui peut conduire à la fin du bail en cas d’impayé prolongé.
Rien de nouveau sur le fond : cette possibilité existait déjà en pratique, mais elle devient la norme plutôt que l’exception, un peu comme d’autres changements officiels qui s’imposent à tous du jour au lendemain.
Un contrat plus protecteur pour les propriétaires, mais toujours encadré par un juge pour les locataires : voilà le vrai équilibre de cette réforme. La question qui reste ouverte : combien de bailleurs auront réellement mis leur modèle à jour d’ici le 1er octobre ?