Bitcoin ou or : selon TradingView, le duel des valeurs refuges vient de basculer

L’or et le bitcoin sont les deux valeurs refuges préférées de ceux qui redoutent l’inflation et l’endettement des États. Depuis des mois, les deux actifs grimpent en même temps, mais l’un progresse plus vite que l’autre. Un ratio précis vient de franchir un seuil qu’il n’avait plus atteint depuis janvier, et l’écart pourrait encore se creuser dans les prochaines semaines.
Un ratio qui n’avait plus bougé depuis janvier
Pour comparer les deux actifs, les analystes utilisent un indicateur simple : le prix d’un bitcoin divisé par celui d’une once troy d’or, soit environ 31,1 grammes. Avec un BTC proche de 81 000 dollars et un métal jaune autour de 4 480 dollars, le rapport dépasse désormais 18 onces d’or pour un seul bitcoin.
Selon les données de TradingView, le ratio a précisément atteint 18,17, son plus haut niveau depuis janvier. Concrètement, un bitcoin permet en théorie d’acheter un peu plus de 18 onces d’or, hors frais et écarts de cotation entre plateformes.
Cette progression ne veut pas dire que l’or recule. Le métal précieux reste à des niveaux élevés, mais le bitcoin avance momentanément plus vite en dollars. Les deux actifs peuvent donc grimper ensemble tout en voyant leur rapport de force évoluer, un peu comme deux coureurs qui accélèrent tous les deux sans courir à la même vitesse. Cette dynamique rappelle d’ailleurs d’autres actifs longtemps ignorés par les épargnants français avant de connaître une envolée. Reste à savoir si cette avance du bitcoin sur l’or va se confirmer ou n’est qu’un simple sursaut passager.
Pourquoi ces deux actifs montent ensemble
L’or et le bitcoin sont régulièrement associés au debasement trade, le pari sur l’avilissement monétaire. Cette stratégie consiste à privilégier des actifs dont l’offre ne dépend pas d’un gouvernement ou d’une banque centrale, par crainte que l’inflation ou la création monétaire ne réduisent la valeur des devises classiques.
Le bitcoin possède une offre plafonnée à 21 millions d’unités. L’or reste un actif physique difficile à produire rapidement. Ces caractéristiques expliquent leur usage comme instruments de diversification, même si le bitcoin demeure bien plus volatil que le métal jaune et sensible aux mouvements des marchés risqués, un peu comme le secteur crypto l’a montré lors de récentes turbulences.
Les finances publiques américaines nourrissent ces inquiétudes. La dette fédérale a franchi les 40 000 milliards de dollars en août 2026. Le Bureau du budget du Congrès prévoit un déficit de 1 900 milliards cette année, soit 5,8 % du PIB, avec des paiements d’intérêts représentant environ 3,3 % du PIB. Un contexte qui pousse aussi certains épargnants à surveiller de près le taux du Livret A, jugé trop faible face à ces incertitudes.

Le seuil des 20 onces en ligne de mire
La demande institutionnelle soutient parallèlement les deux actifs. Selon le World Gold Council, les banques centrales ont acheté plus de 1 000 tonnes d’or par an entre 2022 et 2024, puis 863 tonnes en 2025. Les entreprises cotées détiennent quant à elles environ 1,2 million de bitcoins, dont plus de 845 000 pour la seule société Strategy.
Le prochain seuil symbolique se situe à 20 onces par bitcoin. Une hausse d’environ 10 % du BTC face à l’or suffirait à l’atteindre. Mais la comparaison reste défavorable au bitcoin sur longue période : en décembre 2024, quand le BTC dépassait 106 000 dollars et que l’or évoluait autour de 2 650 dollars, le ratio avait grimpé à un record proche de 40,9 onces.
À son niveau actuel, le bitcoin reste environ 56 % sous ce sommet historique et devrait progresser d’environ 125 % pour le retrouver. Une remontée qui, si elle survenait, rappellerait à ceux qui suivent l’or comme placement refuge les prédictions des experts pour 2026, entre optimisme prudent et rappels à la volatilité.
Le passage au-dessus de 18 onces marque un redressement relatif, pas encore une revanche complète de l’or numérique sur le métal physique. Les deux actifs continuent leur course en parallèle, portés par les mêmes craintes budgétaires. Reste à voir lequel des deux tiendra la distance quand l’inflation reculera vraiment.