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Bloctel a fermé cet été : ces appels que je reçois encore sont devenus totalement illégaux

Publié par Mathieu le 19 Sep 2026 à 20:12
Personne agacée regardant un appel entrant sur smartphone

Vous vous étiez inscrit sur Bloctel pour ne plus être dérangé au repas ? Mauvaise nouvelle et bonne nouvelle en même temps. Le service a purement et simplement disparu cet été, sans prévenir grand monde. Mais si des appels persistent chez vous, ce n’est plus juste gênant : c’est désormais illégal dans la grande majorité des cas.

Un service qui protégeait mal, remplacé du jour au lendemain

Depuis sa création, Bloctel fonctionnait sur un principe simple mais fragile : vous deviez vous inscrire vous-même sur une liste pour signaler que vous ne vouliez pas être démarché. Un système dit « opt-out », où le silence des entreprises ne valait rien tant que vous n’aviez pas fait la démarche. Des millions de foyers avaient rempli ce formulaire, parfois plusieurs fois après un changement de numéro, sans que cela empêche vraiment les appels de continuer.

Le 11 août 2026, tout a basculé. La loi n° 2025-594 du 30 juin 2025, votée contre les fraudes aux aides publiques, a supprimé Bloctel et inversé complètement la logique.

Ce texte s’inscrit dans un mouvement plus large de durcissement réglementaire, comme on l’a vu récemment avec les annonces sur la fiscalité des ménages ou les décisions gouvernementales touchant le pouvoir d’achat. Le décret d’application, publié seulement le 23 juillet 2026, a laissé peu de temps aux entreprises pour s’adapter.

Le silence vaut désormais refus, et les entreprises le savent

La bascule s’appelle l’opt-in, et elle change tout pour le consommateur. Avant, un professionnel pouvait vous appeler tant que votre numéro n’était pas sur une liste. Aujourd’hui, c’est l’inverse : sans votre accord explicite donné au préalable, tout démarchage téléphonique est interdit, dans tous les secteurs. Vous n’avez plus rien à faire pour être protégé, c’est automatique.

Mais l’interdiction n’est pas absolue. Deux exceptions subsistent : si vous avez donné un consentement clair et récent, ou si l’appel concerne un contrat en cours, comme celui de votre banque ou de votre fournisseur d’énergie. Un secteur y échappe totalement : la vente d’abonnements à des journaux et magazines.

Autant dire que si vous recevez encore des appels d’un service auquel vous n’êtes lié par rien, la conformité de l’entreprise est plus que douteuse, un peu comme certaines pratiques dénoncées récemment sur les règles méconnues autour des données bancaires ou les alertes de précarité liée aux petites pensions.

Le consentement, justement, doit répondre à des critères stricts. Une case pré-cochée, une mention noyée dans des conditions générales, ou le simple fait d’avoir navigué sur un site ne comptent pour rien. Il faut un acte positif, clair et volontaire. Et cet accord n’est valable qu’un an maximum, sans reconduction tacite possible : celui donné l’an dernier pour un jeu-concours a de bonnes chances d’être déjà périmé.

Téléphone fixe ancien posé près d'un document déchiré

Trois secteurs totalement interdits, même avec votre accord

Voici le détail qui change vraiment la donne pour les personnes les plus ciblées par les arnaques téléphoniques. Trois domaines sont interdits au démarchage quel que soit le canal et même si vous avez donné votre consentement : la rénovation énergétique, l’adaptation du logement à la perte d’autonomie, et le compte personnel de formation.

Ce sont précisément les arnaques les plus fréquentes visant les personnes de plus de 55 ans, un public déjà exposé à d’autres dérives comme le rappelle l’actualité récente autour des retraites complémentaires.

Les conséquences pour les entreprises fautives sont réelles. Tout contrat conclu après un démarchage irrégulier est purement et simplement nul. Et la responsabilité remonte jusqu’au donneur d’ordre, même s’il a sous-traité ses appels à l’étranger : sous-traiter ne met plus personne à l’abri. Un détail technique mérite aussi d’être connu : les appels automatisés, les fameux robots, obéissent exactement à la même règle de consentement préalable que les téléopérateurs humains.

Si un appel non sollicité vous parvient malgré tout, le réflexe à adopter n’est plus de s’inscrire quelque part, mais de signaler la pratique sur SignalConso, la plateforme de la DGCCRF.

Conservez une trace de l’appel, exigez la suppression de vos données, et sachez que vous pouvez retirer un ancien consentement à tout moment, y compris oralement, sans avoir à vous justifier. Pour aller plus loin sur les détails du nouveau cadre légal, les textes officiels sont désormais accessibles à tous.

Bloctel n’existe plus, mais votre tranquillité, elle, est mieux protégée qu’avant. Reste à savoir combien de temps il faudra aux entreprises récalcitrantes pour comprendre que le silence, désormais, se paie cher.

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