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Dans les comptes de Gaëtan, charpentier à Épinal à 2 210 € nets par mois

Publié par Mathieu le 01 Nov 2026 à 19:01

Gaëtan, 34 ans, est charpentier à Épinal, dans les Vosges. Il gagne 2 210 € nets par mois, grimpe sur des toits par tous les temps et rentre souvent avec les mains en miettes. Voici comment il répartit chaque euro, et le poste qui l’a lui-même surpris.

Ce que rapporte un métier qui se fait en plein vent

Gaëtan est salarié d’une entreprise de charpente de sept personnes. Son salaire de base s’élève à 1 980 € nets, ce qui correspond à un compagnon qualifié avec une dizaine d’années d’expérience.

Viennent s’y ajouter une prime de panier de 11 € par jour travaillé, soit environ 190 € par mois. Il touche aussi une petite prime d’intempéries lissée sur l’année, autour de 40 €. Au total : 2 210 € nets, versés le 30 de chaque mois.

Il n’a pas d’autre revenu. Sa compagne, Aurélie, est aide-soignante à temps partiel et ramène 1 380 € nets. Le budget que nous détaillons ici est le sien, celui du foyer étant un peu plus confortable. « Moi, je gère mon enveloppe, elle gère la sienne, et on met en commun pour la maison », résume-t-il.

Mais le salaire ne dit pas tout. La vraie question, c’est ce qu’il en reste une fois les factures passées.

Charpentier souriant sur une charpente au coucher du soleil

Le loyer, l’assurance et ce poste que personne n’anticipe

Le couple loue une maison mitoyenne de 85 m² dans un quartier calme d’Épinal. Le loyer est de 690 €, dont Gaëtan prend 480 € à sa charge, le reste étant couvert par Aurélie. Les charges de chauffage au gaz montent à 95 € en moyenne, davantage l’hiver vosgien.

L’électricité coûte 70 € par mois. L’internet et le forfait mobile représentent 42 €. L’assurance habitation est à 24 €, et la mutuelle d’entreprise, part salariale, à 38 €.

Côté transport, Gaëtan roule en utilitaire de société pour les chantiers, mais utilise sa propre voiture pour rejoindre l’atelier. L’assurance auto lui coûte 68 € et l’entretien lissé 45 €. Total des dépenses fixes pour lui : environ 865 €.

Reste un poste dont il ne parle pas spontanément, et qui pèse pourtant lourd. On y arrive juste après.

Les outils, les bottes et le poste caché du métier

Un charpentier use du matériel comme d’autres usent leurs chaussettes. Gaëtan dépense en moyenne 85 € par mois pour ses outils personnels : lames, mèches, crayons de charpentier, mètre ruban, gants. Son employeur fournit les grosses machines, mais pas tout.

Les chaussures de sécurité, à 130 € la paire, tiennent huit mois. Les vêtements de travail renforcés, résistants à la pluie, ajoutent 30 € lissés. Il compte donc environ 135 € par mois pour « s’équiper pour travailler », sans que personne ne le lui rembourse.

« Les gens pensent que le patron paie tout. En vrai, si je veux de bonnes lames et des bottes qui ne me flinguent pas le dos, c’est pour ma pomme », confie-t-il. Ce poste est celui qu’il a mis le plus longtemps à chiffrer. Il s’élève à près de 6 % de son salaire.

Outils usés de charpentier posés sur un établi en bois

Courses, sorties et la vraie vie à deux

Pour l’alimentation, Gaëtan et Aurélie dépensent 420 € par mois pour deux, dont 180 € pris en charge par lui. Ils achètent beaucoup en circuit court : viande chez un éleveur voisin, légumes sur le marché du samedi.

Le déjeuner du chantier est couvert par la prime de panier. Il mange souvent une gamelle préparée la veille, ce qui lui permet de garder son budget courses raisonnable. Les sorties se limitent à un restaurant par mois, autour de 55 €, et un verre avec les collègues le vendredi, soit 35 €.

L’essence représente 110 € par mois pour ses trajets personnels et ses week-ends. Les loisirs, eux, tournent autour de 60 € : la pêche dans les étangs vosgiens, quelques sorties à vélo, un abonnement à une salle d’escalade qu’il n’utilise pas assez.

« J’ai pris l’abonnement en me disant que j’irais deux fois par semaine. J’y vais une fois toutes les trois semaines », sourit-il. Les vacances sont lissées à 120 € par mois : une semaine en gîte dans les Alpes chaque été, un week-end au printemps.

Ce qu’il reste en fin de mois, et le projet qui change la donne

Faisons le total. Les dépenses fixes atteignent 865 €, les équipements de travail 135 €, l’alimentation 180 €, les sorties 90 €, l’essence 110 €, les loisirs 60 € et les vacances 120 €. Cela fait 1 560 € de dépenses.

Sur 2 210 € nets, il lui reste donc environ 650 € par mois. Gaëtan en place 400 € sur un livret A, 150 € sur un plan d’épargne retraite, et garde 100 € de marge pour les imprévus. Son livret affiche aujourd’hui 11 200 €.

Le couple a un projet : acheter un terrain pour faire construire une ossature bois, que Gaëtan monterait lui-même. Il lui manque encore l’apport. « Je construis des maisons pour les autres depuis dix ans. J’aimerais bien finir par la mienne », glisse-t-il.

Le salaire net médian en France tourne autour de 2 190 € par mois. Gaëtan se situe donc quasiment dans la moyenne, avec un métier physique que beaucoup n’accepteraient pas. Son atout : un loyer modéré et un conjoint qui partage les charges.

Et si vous voulez voir comment d’autres métiers manuels s’en sortent, jetez un œil aux comptes de Mélodie, couvreuse-zingueuse à Quimper, qui travaille elle aussi sur les toits. Le poste équipement y réserve une autre surprise.

Pour un autre regard sur l’artisanat, le budget d’Aurélien, tailleur de pierre à Angoulême, montre ce que coûte vraiment un métier qui use les mains.

Enfin, Yoann, électricien du bâtiment à Saint-Nazaire, gagne presque autant mais dépense très différemment. L’écart se joue sur un seul poste.

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