Dans les comptes de Inès, coiffeuse-barbière à Brest à 1 980 € nets par mois
Inès, 31 ans, est coiffeuse-barbière dans un salon du quartier Saint-Martin, à Brest. Elle gagne 1 980 € nets par mois, pourboires compris, et vit seule dans un T2 près des Capucins. Voici comment elle répartit chaque euro, du loyer jusqu’à la dernière ligne de son relevé.
Un poste de son budget l’a elle-même surprise quand elle a tout noté pour la première fois. Il n’est pas celui qu’on imagine.
Un salaire qui ne dit pas tout
Inès est salariée à 35 heures, avec un fixe de 1 745 € nets. Ce montant correspond à un peu plus que le SMIC, avec quelques points d’ancienneté et une prime d’objectifs sur la vente de produits. Elle touche en moyenne 60 € par mois sur ce volet.

Le reste vient des pourboires, souvent en espèces, surtout côté barbe et dégradés. « Ça varie énormément selon la saison. En décembre, je peux grimper à 250 €, en février je tombe à 100 », confie-t-elle. Sur l’année, elle compte 175 € par mois en moyenne.
Elle ne perçoit aucune aide : son revenu dépasse le seuil de l’APL dans sa situation. Total du mois : 1 980 € nets, bien au-dessus de ce que gagnent beaucoup de coiffeuses débutantes. Reste à voir ce qu’il en reste une fois les prélèvements passés.
Ce que le loyer et les factures lui prennent d’office
Le loyer de son T2 de 38 m² s’élève à 575 € charges comprises. À Brest, c’est une valeur raisonnable comparée aux grandes métropoles, mais cela représente déjà 29 % de ses revenus. Elle y ajoute 48 € d’électricité et 29 € d’internet fibre.
Côté assurances, elle paie 14 € pour l’habitation et 62 € pour sa petite Clio d’occasion. La mutuelle d’entreprise lui coûte 38 € par mois, déjà retenus sur sa fiche de paie. Son forfait mobile s’arrête à 9,99 €, un choix assumé.
Viennent ensuite les transports : 30 € d’essence par mois, car elle va surtout au salon à pied. Elle paie aussi 24 € d’abonnements numériques, entre streaming musical et plateforme de séries. Total des dépenses fixes : environ 830 €. Mais ce n’est pas là que son budget bascule.

Le poste qui a surpris Inès quand elle a tout noté
Les courses lui coûtent 240 € par mois. Elle cuisine presque tous les soirs, avec des produits de saison achetés au marché des Capucins le samedi matin. Elle y consacre 60 € et complète en supermarché.
Les sorties et restaurants pèsent 130 €, surtout des soirées avec des collègues et quelques concerts à la Carène. Le shopping vêtements reste modéré, 50 € en moyenne.
Mais le poste inattendu, c’est son matériel : ciseaux japonais, tondeuses, lames. « Je dépense 95 € par mois en outils, parce qu’un bon matériel change tout dans mon travail. Je n’avais jamais additionné. » Elle y ajoute 45 € de soins capillaires et produits de coiffage pour son propre usage, soit 140 € de dépenses liées au métier.
Au total, ses dépenses variables atteignent 560 €. Le décompte final réserve encore une petite surprise.
Ce qui reste en fin de mois : la vraie question
Avec 830 € de charges fixes et 560 € de dépenses variables, soit 1 390 €, il lui reste 590 € chaque mois. Elle en place 300 € sur un Livret A, 100 € sur un PEL ouvert il y a trois ans, et garde 190 € de marge pour les imprévus.
Son objectif : réunir 12 000 € d’apport pour ouvrir un jour son propre salon de barbier. Elle a déjà mis de côté 6 400 €. À ce rythme, il lui faudra encore un peu plus de quatre ans.
Aucun crédit en cours, aucune dette. « Je sais que je vis simplement. Mais je préfère ça plutôt que me stresser pour des fins de mois difficiles », résume-t-elle. Un équilibre rare à ce niveau de revenu.
Face au salaire médian, où se situe-t-elle ?
Le salaire médian net en France tourne autour de 2 190 € par mois. Inès est donc environ 10 % en dessous, mais elle épargne près d’un tiers de son revenu, ce qui la place largement au-dessus de la moyenne des Français, dont le taux d’épargne tourne autour de 17 %.
Sa recette tient en trois choix : un loyer maîtrisé, une voiture ancienne et zéro crédit conso. Le contraste avec d’autres budgets est frappant, comme celui de Sylvain, boulanger-pâtissier à Dieppe, qui gagne un salaire proche mais vit tout autrement. On y découvre des arbitrages que personne n’ose afficher.
Et si vous voulez voir ce que devient un budget quand les horaires explosent, direction les comptes de Frédéric, régisseur de théâtre à Rennes, où chaque soirée de spectacle laisse des traces sur le relevé bancaire.