Dans les comptes d’Alix, géomètre-topographe à Chambéry à 2 380 € nets par mois
Alix, 34 ans, est géomètre-topographe à Chambéry. Elle gagne 2 380 € nets par mois, avec un détail qui change son quotidien : un tiers de son temps se passe dehors, théodolite sur l’épaule, quel que soit le temps. Voici comment elle répartit chaque euro, du loyer jusqu’à ce qu’il reste en fin de mois.
Un salaire qui dépend de la météo
Alix est salariée d’un cabinet de géomètres-experts, avec un salaire de base de 2 150 € nets. Elle y ajoute environ 230 € de primes de terrain et d’heures supplémentaires, versées surtout au printemps et à l’automne, quand les chantiers s’enchaînent. Son total tourne donc autour de 2 380 € nets.
Elle touche aussi des titres-restaurant, pris en charge à moitié par son employeur. Cela représente 90 € par mois qu’elle ne sort pas de sa poche.
« L’hiver, je perds parfois des journées entières à cause de la neige. Les primes fondent avec », confie-t-elle. Sa fiche de paie varie donc de 100 à 150 € d’un mois à l’autre.

Ce n’est pourtant pas ce qui pèse le plus sur son budget. Ce poste-là arrive dans la section suivante.
Les charges fixes : le poste qui grignote tout
À Chambéry, Alix loue un T2 de 45 m² près du centre. Le loyer s’élève à 740 € charges comprises. C’est 31 % de son salaire, bien au-dessus du tiers que recommandent les banquiers.
Viennent ensuite les autres dépenses obligatoires, qu’elle détaille sans hésiter :
Électricité et chauffage : 75 € en moyenne, plus en hiver. Internet et forfait mobile : 38 €. Assurance habitation : 14 €. Mutuelle : 42 € (son employeur en couvre une partie). Assurance auto : 62 €. Impôt sur le revenu prélevé à la source : déjà déduit de ses 2 380 €.
Le véhicule est indispensable pour son métier. Sa Peugeot 308 de 2017 lui coûte 95 € de carburant par mois, car les chantiers sont dispersés dans toute la Savoie. L’employeur rembourse seulement les déplacements au-delà de 40 km.
Au total, ses dépenses fixes atteignent 1 066 € par mois, soit 45 % de ses revenus. Il lui reste donc 1 314 € pour vivre. Que devient cette somme ?

Ce qu’elle dépense vraiment quand personne ne regarde
Les courses alimentaires lui coûtent 260 € par mois. Elle cuisine presque tous les soirs et prépare ses repas du midi pour la semaine. « Sur un chantier, je ne peux pas me permettre un sandwich à 8 € tous les jours », explique-t-elle.
Ses sorties (restaurants, cinéma, verres avec des amis) représentent 140 € par mois. Elle ne cache pas que c’est le poste qu’elle ajuste selon l’état de ses comptes.
Côté loisirs, Alix pratique le ski de randonnée et l’escalade, deux passions rendues faciles par la proximité des Alpes. Son abonnement à la salle d’escalade coûte 45 € par mois, auxquels s’ajoutent environ 60 € de matériel lissé sur l’année et 30 € de forfaits ou de sorties en montagne.
Elle dépense aussi 70 € en vêtements techniques et d’usage courant, 25 € en abonnements numériques et streaming, et 40 € de petits plaisirs : livres, café, cadeaux. Les vacances, elles, sont lissées à 120 € par mois : une semaine en Corse l’été et quelques week-ends en refuge.
Sa phrase du moment : « Je ne me prive pas, mais je choisis. Une sortie de plus, c’est un week-end de moins. » Alors, combien lui reste-t-il à la fin ?
Épargne : le moment où le compte se resserre
En additionnant les dépenses variables, on arrive à 790 € par mois. Retranchées des 1 314 € disponibles après les charges fixes, elles laissent environ 524 € de marge théorique.
Dans les faits, Alix en met 350 € de côté chaque mois : 200 € sur un Livret A et 150 € sur un plan d’épargne retraite qu’elle a ouvert à 30 ans. Les 174 € restants absorbent les imprévus : une réparation de voiture, un cadeau de mariage, un billet de train.
Elle n’a aucun crédit en cours. Elle économise pour un apport : son rêve est d’acheter un petit appartement à Chambéry d’ici cinq ans. Avec 8 400 € déjà épargnés, elle sait qu’il lui en faudra bien davantage.
« Avec les prix actuels, je sais que je devrai peut-être partir plus loin du centre. Mais je ne veux pas quitter les Alpes », dit-elle. Sa situation reste confortable, sans être luxueuse.
Que dit son budget sur la France d’aujourd’hui ?
Avec 2 380 € nets, Alix gagne environ 15 % de plus que le salaire médian français, qui tourne autour de 2 100 € nets en équivalent temps plein. Elle vit seule, sans enfant, et c’est ce qui lui permet d’épargner autant.
Son budget montre pourtant une réalité familière : le logement et la voiture avalent à eux seuls plus de 40 % de ses revenus. « Je gagne correctement ma vie, mais je ne roule pas sur l’or », résume-t-elle.
Si ce budget vous a fait réfléchir à vos propres comptes, d’autres profils comparables vous attendent. Découvrez par exemple le quotidien d’un contrôleur technique à Roanne, qui jongle lui aussi avec un véhicule indispensable, ou le budget d’un électricien du bâtiment à Saint-Nazaire, dont les primes de chantier varient comme celles d’Alix.