Dans les comptes de Gaël, contrôleur technique à Roanne à 2 120 € nets par mois
Gaël, 38 ans, passe ses journées le nez sous les voitures des autres. Contrôleur technique à Roanne, il vérifie freins, pneus et émissions pour 2 120 € nets par mois. Marié, père d’une fillette de six ans, il fait tourner le foyer avec un seul vrai salaire. Voici comment il répartit chaque euro, et le poste qui lui coûte le plus cher, qui n’est pas celui que l’on croit.
2 120 € nets, et pas un centime de plus ?
Gaël est salarié d’un centre de contrôle technique, avec un salaire de base de 1 940 € nets. S’y ajoutent une prime de rendement variable, autour de 130 € en moyenne, et un chèque-repas de 50 € mensuels.
Sa compagne, Audrey, travaille à temps partiel comme assistante dentaire et rapporte 980 € nets. Le foyer dispose donc de 3 100 € par mois, mais les chiffres de cet article portent sur le budget propre de Gaël, soit sa part des dépenses communes : 2 120 € contre 2 120 € de charges.
« Tant que le centre tourne bien, la prime tombe. En janvier, quand personne ne passe son contrôle, c’est plus maigre », confie-t-il. Ce détail pèse plus lourd qu’il n’y paraît dans la suite.

Allocations familiales : zéro euro. Avec deux revenus cumulés, le couple dépasse de peu le plafond. Et pourtant, c’est une autre ligne du budget qui va surprendre.
Ce que le loyer ne dit pas sur sa fin de mois
Le couple rembourse un crédit immobilier de 780 € par mois pour une maison de 90 m² achetée en 2019, à Riorges, en périphérie de Roanne. Gaël en assume 520 € sur son salaire, Audrey le reste.
Viennent ensuite les charges incompressibles. Électricité et chauffage au gaz : 135 € lissés sur l’année. Eau : 38 €. Taxe foncière mensualisée : 96 €. Assurance habitation : 29 €.
Côté transports, la maison est à 12 km du centre de contrôle. Deux voitures, donc deux assurances : 74 € pour la sienne, une vieille Peugeot 308. L’essence ? 160 € par mois, entretien et pneus compris dans une enveloppe annuelle de 480 €, soit 40 € lissés.
« Le plus ironique, c’est que je contrôle des voitures toute la journée et que la mienne passe de justesse à chaque fois », sourit-il.

Mutuelle famille via l’employeur : 62 €. Téléphone et internet : 49 €. Abonnements streaming : 18 €. Total des charges fixes de Gaël : environ 1 220 €. Reste à voir ce qu’il mange, et surtout ce qu’il dépense sans y penser.
Le poste qui grignote tout sans qu’on s’en aperçoive
Les courses alimentaires de la famille s’élèvent à 620 € par mois, dont 350 € à la charge de Gaël. Il fait ses achats le samedi matin dans un hard-discount, avec deux passages par mois au marché pour la viande.
La cantine de sa fille coûte 54 € par mois, répartis entre les deux parents. Les vêtements, les chaussures de croissance et les fournitures scolaires ? Gaël compte 70 € par mois, un chiffre qui grimpe nettement en septembre.
Reste le fameux poste : les petites dépenses. Café du matin, sandwich du midi quand le chèque-repas est épuisé, un abonnement de foot pour la petite à 22 € par mois. « Je ne les vois pas passer, puis le 20 du mois, je regarde mon compte et je me demande où c’est parti », avoue-t-il.
En additionnant les restaurants (une sortie par mois, 45 €), le cinéma, un week-end ponctuel chez les beaux-parents à Lyon, il atteint 210 € de dépenses variables hors alimentaire. Vous ne devinerez peut-être pas ce qu’il met de côté malgré tout.
Ce qui reste le 31 du mois, et la phrase qui le résume
Total des dépenses de Gaël : 1 220 € de fixes, 350 € de courses, 54 € de cantine, 70 € d’habillement et 210 € de variables. On arrive à 1 904 €, ce qui laisse 216 € en fin de mois.
Ces 216 € sont le fruit d’un choix : 100 € filent chaque mois sur un livret A, 60 € sur une assurance-vie ouverte pour sa fille, et le reste alimente un coussin pour les imprévus de la maison. Le piège ? Une chaudière en panne ou un pneu éclaté, et tout s’évapore.
« On ne vit pas mal, mais on ne peut pas se permettre un vrai coup dur. L’an dernier, la machine à laver et la chaudière ont lâché en deux mois, et j’ai tout vidé. »
Pour situer : le salaire médian en France tourne autour de 2 100 € nets par mois. Gaël est donc pile dans la moyenne. Un salarié au milieu du peloton, qui tient son budget à l’euro près.
Et si vous voulez comparer avec un autre métier du quotidien, découvrez comment Yoann, électricien du bâtiment s’en sort avec à peine plus, ou jetez un œil aux comptes de Théo, opticien à Metz pour voir ce que 300 € de plus changent vraiment.