Dans les comptes de Théo, opticien à Metz à 2 410 € nets par mois
Théo a 29 ans et travaille comme opticien salarié dans une enseigne de centre-ville à Metz depuis quatre ans. Chaque mois, 2 410 € nets tombent sur son compte, primes comprises. Voici, poste par poste, où part exactement cet argent.
« Les gens pensent qu’on vend juste des lunettes, mais il y a tout un savoir-faire derrière », glisse-t-il en riant. Un métier technique, plutôt bien payé, mais pas sans contraintes budgétaires.

Un salaire dopé par les commissions sur les montures
Le salaire de base de Théo s’élève à 2 050 € nets par mois, selon la grille de sa convention collective de l’optique-lunetterie. Avec cinq ans d’ancienneté en ligne de mire, il touchera bientôt un échelon supérieur.
À cela s’ajoute une commission sur les ventes de montures haut de gamme et de verres progressifs, variable selon les mois. En moyenne, elle lui rapporte 280 € nets supplémentaires, davantage en période de rentrée scolaire ou après les fêtes.
Certains mois, comme janvier ou septembre, il dépasse les 2 700 € grâce aux renouvellements de lunettes. D’autres mois plus calmes, comme août, la commission tombe à 150 €. Le calcul lissé sur l’année donne ces 2 410 € mensuels moyens qui structurent son budget.
« Je ne compte jamais sur le meilleur mois pour construire mes finances, sinon je me plante à tous les coups », prévient Théo. Une prudence qui explique pourquoi ses dépenses fixes restent volontairement raisonnables.
Le crédit auto qui pèse plus lourd que prévu
Théo loue un T2 de 45 m² dans le quartier de Devant-les-Ponts, à 15 minutes à pied de son magasin. Le loyer charges comprises s’élève à 590 €, un montant cohérent avec les loyers pratiqués en région Grand Est.
Son assurance habitation coûte 12 € par mois, et l’électricité-gaz lui revient à 75 € en moyenne sur l’année, chauffage compris en hiver. L’eau, incluse dans les charges locatives, n’apparaît pas séparément sur son budget.
Le poste qui surprend le plus : son crédit auto. Théo rembourse une Clio d’occasion achetée 11 000 € il y a deux ans, pour une mensualité de 210 € sur 48 mois. « Je ne pouvais pas me passer de voiture pour aller travailler tôt le matin », justifie-t-il.
Son forfait mobile lui coûte 15 €, l’abonnement internet fibre 32 €, et il s’est abonné à Netflix et Spotify pour un total de 20 €. Sa mutuelle santé, en tant que salarié, lui coûte 45 € net après participation employeur.
L’assurance auto ajoute 68 € mensuels, un montant classique pour un jeune conducteur en zone urbaine. Au total, ses charges fixes atteignent 1 067 €, soit 44% de ses revenus. Reste à voir ce qu’il consacre au quotidien, un poste où les surprises ne manquent pas non plus.

Les repas entre collègues qui grignotent le budget
Pour ses courses alimentaires, Théo dépense environ 260 € par mois, entre supermarché de quartier et marché du samedi. Il cuisine presque tous les soirs, sauf le vendredi, jour dédié au resto avec des amis.
Justement, les sorties représentent un poste conséquent : 180 € mensuels entre restaurants, bars et sorties ciné. « Avec l’équipe du magasin, on se fait souvent un déjeuner le midi, ça grignote plus vite qu’on ne croit », reconnaît-il.
L’essence pour sa Clio lui coûte 90 € par mois, principalement pour les trajets du week-end vers sa famille à Thionville. Le shopping vêtements et petits achats plaisir tourne autour de 100 € mensuels.
Enfin, Théo met de côté un budget vacances lissé de 130 € par mois, pour financer un voyage annuel et quelques week-ends. Cette année, direction le Portugal, une destination qui séduit aussi de nombreux Français en quête de dépaysement abordable.
Total des dépenses variables : 760 €. Un montant qui laisse imaginer une marge confortable, mais qu’en est-il vraiment une fois tout additionné ?
Ce qu’il reste vraiment à la fin du mois
En additionnant charges fixes (1 067 €) et dépenses variables (760 €), Théo dépense 1 827 € par mois. Sur ses 2 410 € de revenus, il lui reste donc 583 € d’épargne potentielle.
Dans les faits, il en met systématiquement 300 € de côté sur un Livret A, et garde le reste comme marge de sécurité ou pour des dépenses imprévues. « Je sais que je pourrais épargner plus, mais je préfère garder un vrai matelas de confort chaque mois », explique-t-il.
Son épargne accumulée sert un objectif précis : l’apport pour un achat immobilier dans les trois prochaines années. Il vise un petit appartement à Metz ou dans une commune limitrophe, où les prix restent nettement inférieurs à ceux des grandes métropoles.
Pas de crédit à la consommation autre que la voiture, pas de découvert récurrent. Un mois « serré » reste rare chez Théo, sauf en cas d’imprévu comme une réparation automobile ou un cadeau d’anniversaire multiple.
« Je m’en sors bien, mais je reste vigilant, l’optique c’est un secteur qui bouge vite avec la concurrence en ligne », résume-t-il. Avec un salaire net supérieur de plus de 400 € au salaire médian français, Théo fait partie de ceux qui bouclent leurs fins de mois sans trop d’angoisse, tout en gardant un œil sur l’avenir.