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Portugal, Espagne, Maroc : le classement des destinations où l’euro va le plus loin pour la retraite

Publié par Ambre Détoit le 06 Août 2026 à 8:12

Chaque année, des milliers de retraités français plient bagage direction le sud. Le Portugal fait figure d’évidence depuis des années, mais il n’est plus seul en course. L’Espagne, le Maroc, l’Italie et même l’île Maurice grignotent des parts de marché sur ce petit paradis fiscal devenu presque banal.

Mais quel pays fait vraiment gonfler le pouvoir d’achat une fois sur place ? Pas de réponse évidente : un loyer bas ne veut rien dire si la mutuelle santé coûte une fortune. Voici le comparatif poste par poste, loin des clichés de cartes postales.

Couple de retraités français dans une ville côtière marocaine

Le trio de tête : où votre pension pèse vraiment le plus lourd

Sur le podium du pouvoir d’achat réel, le Maroc s’impose. Avec 1 500 € par mois, certains retraités français vivent confortablement à Agadir ou Essaouira. Un deux-pièces se loue autour de 350 €, le panier de courses hebdomadaire tourne à 40 €, et un repas au restaurant coûte rarement plus de 8 €.

Juste derrière, la Macédoine surprend. Peu connue des Français, la ville de Bitola affiche un coût de vie cinq fois inférieur à la France. Loyer sous 250 €, essence à moins d’un euro le litre, mutuelle locale accessible dès 30 € mensuels.

Le Maroc et la Macédoine partagent un point de vigilance commun : la distance avec la famille. Trois à quatre heures de vol séparent ces destinations de Paris, contre 2h30 pour le Portugal.

Le Portugal, toujours costaud mais plus vraiment imbattable

Le Portugal reste une référence, mais son avantage s’érode. Le coût de la vie y est encore 30 % moins élevé qu’en France, mais les loyers ont grimpé dans les zones prisées comme l’Algarve.

À Lisbonne ou Porto, comptez désormais 700 à 900 € pour un appartement correct, loin des 400 € d’il y a dix ans. 160 000 Français vivent aujourd’hui dans le pays, souvent avec des budgets autour de 1 800 € mensuels.

Le panier de courses reste raisonnable, environ 45 € la semaine, et le restaurant du quotidien tourne à 10-12 € le menu. Mais la fiscalité a changé : le régime des résidents non habituels, qui exonérait longtemps les pensions françaises, s’est durci.

Autre souci qui remonte régulièrement dans les témoignages : l’accès aux soins peut virer au parcours d’obstacles loin des grandes villes. Et si vous cherchez une option moins connue, l’île de Madère séduit aussi avec des loyers sous 1 100 € tout compris.

Retraité examinant un loyer sur une terrasse à Porto

L’Espagne, la valeur sûre qui cache des écarts énormes

L’Espagne divise. Sur la Costa del Sol ou à Barcelone, les prix rivalisent presque avec la France. Mais quelques kilomètres plus loin, tout change radicalement.

Certaines villes espagnoles affichent des loyers cinq fois inférieurs à ceux du littoral touristique. À Mazarrón par exemple, un logement décent se trouve sous 400 € par mois.

Ailleurs sur la côte, plusieurs villes portuaires proposent des loyers sous 500 €, avec une mutuelle privée accessible autour de 60 € mensuels, moins chère qu’en France.

Le panier de courses grimpe légèrement, environ 50 € la semaine, mais un menu au restaurant reste sous les 15 €. Le point de vigilance : la barrière de la langue reste réelle en dehors des zones très francophones du littoral.

Les outsiders qui changent la donne

Certaines destinations moins évidentes tirent leur épingle du jeu sur des critères précis. L’île Maurice, par exemple, attire pour une raison très concrète : l’absence de taxe foncière séduit 11 111 retraités français qui vivent près du lagon.

La Thaïlande a longtemps détrôné le Portugal dans les comparatifs, avec des retraités affirmant vivre confortablement avec 600 € mensuels, avant que certains avantages fiscaux ne se resserrent récemment.

Autre alternative qui monte : les Pouilles, dans le sud de l’Italie. De plus en plus de retraités français s’y installent, séduits par un cadre de vie jugé supérieur pour un budget comparable au Portugal.

Attention toutefois à l’Italie sur un point précis : certaines règles fiscales piègent les retraités mal informés, avec des rappels d’impôts qui peuvent atteindre des sommes conséquentes.

Couple de retraités marchant dans une rue côtière espagnole

Ce qu’on oublie de dire avant de faire ses valises

Tous ces comparatifs chiffrés cachent une réalité : le pouvoir d’achat sur le papier ne garantit rien sur la durée. Certains expatriés racontent que le pouvoir d’achat double effectivement, mais que les vrais problèmes surgissent après deux ans, souvent liés aux soins médicaux ou à la fiscalité mal anticipée.

D’autres finissent carrément par faire marche arrière. Quatre raisons reviennent le plus souvent chez ceux qui rentrent en France : l’éloignement familial, la complexité administrative, la solitude et l’accès aux soins spécialisés.

Avant de signer un bail à l’étranger, mieux vaut aussi comparer avec certaines options françaises méconnues. Quatre villes françaises proposent des loyers sous 450 € par mois, une option à considérer avant l’expatriation.

Reste un dernier détail qui change tout niveau paperasse : pensez à bien suivre le versement de votre pension une fois installé à l’étranger, certains dossiers administratifs prenant du retard lors d’un changement de résidence.

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