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Île Maurice : ce village au bord du lagon sans taxe foncière devient l’obsession de 11 111 retraités français

Publié par Ambre Détoit le 31 Juil 2026 à 8:55
Lagon turquoise et pêcheurs au petit matin à Maurice

Un lagon transparent, des pêcheurs qui rentrent au port à l’aube, et de plus en plus d’accents français sur les terrasses. Sur la côte nord-ouest de l’île Maurice, un petit village concentre une tendance qui prend de l’ampleur chez les retraités hexagonaux. Mais entre carte postale et vie quotidienne, il y a un chiffre qui change tout le calcul.

Un village de pêcheurs qui séduit de plus en plus de retraités français

Sur la côte nord-ouest de la République de Maurice, les journées commencent doucement. Les bateaux rentrent au port, le lagon reste presque vide, et de plus en plus de retraités français traversent la route pour rejoindre la plage à pied. Le village s’appelle Trou aux Biches, et il devient une destination de choix pour ceux qui rêvent d’une retraite sans voiture, sans stress, et sans les hivers de métropole.

Ici, pas besoin de courir : la vie coûte nettement moins cher qu’en France, et le rythme s’aligne sur celui des pêcheurs et des terrasses de café. Pour l’Economic Development Board mauricien, ces nouveaux arrivants sont loin d’être un poids. Carole Rehaut, interrogée par Le Figaro, l’affirme sans détour : les seniors « contribuent au moteur de la consommation ».

Elle va plus loin : « Ils ont en outre une grande carrière professionnelle qui permet un transfert de compétences quand ils viennent s’installer. Ils nous ouvrent leur réseau et deviennent un peu des ambassadeurs de l’île. » Un discours d’accueil rare, qui tranche avec certaines destinations où les expatriés se sentent tolérés plutôt que désirés.

La langue française partout, et un système de santé qui rassure

Le vrai déclic pour beaucoup de retraités, c’est la langue. La République de Maurice compte 1,3 million d’habitants, et près de 900 000 d’entre eux déclarent maîtriser le français, soit 69 % de la population. Le français domine la presse, la radio et la télévision locales, ce qui rassure immédiatement ceux qui redoutaient de devoir tout gérer en anglais au quotidien.

Sur la question sanitaire, souvent décisive à cet âge, les classements internationaux cités par Lesfrancais.press décrivent un système de bonne qualité, avec de nombreuses cliniques privées bien équipées. Beaucoup de médecins mauriciens ont d’ailleurs été formés en Europe, un détail qui pèse lourd dans la décision de quitter un système français de plus en plus tendu sur le pouvoir d’achat des seniors.

Le coût des soins reste inférieur à celui pratiqué en Europe ou en Amérique du Nord, un argument de poids pour des retraités vivant sur une pension fixe. Et en cas de besoin plus lourd, La Réunion n’est qu’à deux heures d’avion, un filet de sécurité rassurant pour un suivi médical ou administratif complexe. La destination reste lointaine, plus de onze heures de vol depuis la France, mais ce détour semble compensé par tout le reste.

Retraité sirotant un café face au lagon mauricien

Le détail fiscal qui fait vraiment la différence pour les retraités

C’est là que le calcul devient vraiment intéressant. À l’heure où chaque euro d’épargne compte en France, Trou aux Biches et les autres villages mauriciens n’appliquent ni taxe d’habitation, ni taxe foncière. Une différence qui, cumulée sur plusieurs années de retraite, représente une économie considérable comparée à la fiscalité locale française.

Et ce choix n’a rien d’anecdotique à l’échelle du pays. Selon Lesfrancais.press, 12 % des permis de résidence délivrés en 2021 concernaient des retraités, dont 58 % de Français. Le consulat de France sur l’île a recensé pas moins de 11 111 retraités français en 2022, un chiffre qui grimpe d’année en année et confirme que le phénomène dépasse largement le simple effet de mode.

Maurice a visiblement compris l’intérêt de choyer cette population. Entre l’absence de taxe foncière, un système de santé rassurant et une langue partagée, le pays a construit, presque sans le dire, une stratégie d’accueil sur mesure. Reste à savoir combien de temps cette fenêtre fiscalement avantageuse restera ouverte, alors que la demande explose chaque année un peu plus.

Un lagon, zéro taxe foncière, et une langue qu’on n’a pas besoin d’apprendre : difficile de faire un pitch de retraite plus convaincant. Reste une question que peu se posent avant de signer le bail : et si tout le monde a la même idée en même temps ?

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