« Je vis comme un roi avec 600 euros par mois » : ce pays détrône le Portugal chez les retraités français

Pendant quinze ans, le Portugal a incarné le rêve absolu du retraité français : soleil, ruelles blanches et surtout, une fiscalité si généreuse qu’elle transformait n’importe quelle petite pension en confortable niveau de vie. Mais ce conte de fées touche à sa fin. Entre durcissement fiscal et flambée des prix, Lisbonne n’a plus grand-chose à offrir. Alors où filent désormais ceux qui rêvent d’une retraite pas cher au soleil ? La réponse se trouve à 9 000 kilomètres de chez nous.
Le Portugal, eldorado fiscal devenu chapitre du passé

Tout avait pourtant si bien commencé. En 2009, en pleine crise de la dette, le Portugal lance un régime taillé sur mesure pour attirer les retraités étrangers. Le principe : une exonération totale d’impôt sur les revenus perçus à l’étranger, pendant dix ans, couplée à un statut de résident non habituel qui évitait toute double imposition avec la France.
Pendant près de quinze ans, ce cadeau fiscal a fait des ravages, dans le bon sens du terme, chez les seniors français en quête d’une vie confortable pour un budget modeste. Climat doux, sécurité, coût de la vie inférieur à l’Hexagone : tout concordait. Mais Lisbonne a commencé à reculer dès 2020, remplaçant l’exonération totale par une flat tax de 10 %.
Depuis le 1er janvier 2024, c’est terminé : plus aucun cadeau fiscal pour les nouveaux retraités étrangers. Et comme si cela ne suffisait pas, les prix de l’immobilier ont grimpé en flèche ces dernières années, rendant l’installation bien plus coûteuse qu’à l’époque où l’on pouvait encore viser une île paradisiaque bon marché sans se ruiner.
La Thaïlande, nouvelle terre promise des retraités français
Au moment précis où le Portugal referme la porte, un autre pays l’ouvre grand : la Thaïlande. Plages, climat tropical, douceur de vivre et surtout un coût de la vie qui reste très inférieur à celui de la France. De quoi séduire des milliers de seniors prêts à s’installer à l’autre bout de la planète pour préserver leur pouvoir d’achat.
Un reportage de France Télévisions raconte le quotidien de Didier Plouhinec, Breton installé à Phuket depuis plus de deux ans avec un visa retraité. Avec 2 000 euros de pension mensuelle, il vit confortablement, même si les soins de santé et l’assurance privée pèsent lourd dans son budget, un point de vigilance que l’on retrouve aussi chez ceux qui choisissent le Maroc pour vivre comme des rois.
D’autres retraités optent pour des logements plus luxueux, comme Bernard et son compagnon, venus avant tout pour le soleil et une vie plus apaisée. Beaucoup s’appuient sur des associations francophones pour maintenir une vie sociale active loin de leurs proches, une problématique qui concerne aussi les Français installés dans certaines destinations africaines prisées des seniors. Selon les estimations, 45 000 Français vivent aujourd’hui en Thaïlande, un chiffre en hausse constante depuis dix ans.
Vivre avec moins de 1 000 euros par mois : le vrai calcul
Derrière la petite phrase « le Portugal, c’est fini », une même question obsède les futurs expatriés : comment dénicher le meilleur pays pour une retraite nettement moins chère qu’en France sans se planter ? Les classements spécialisés reviennent toujours sur les mêmes critères : logement, alimentation, santé, communauté francophone.
Dans ces comparatifs, la Thaïlande truste régulièrement les premières places. Les repas au restaurant peuvent y coûter à peine quelques euros, et selon certains classements relayés par la presse senior, un couple peut y vivre avec moins de 1 000 euros par mois. Un budget qui, associé à une pension modeste, permet enfin de vivre sans compter chaque centime, à l’image de ceux qui optent pour les villes françaises les moins chères mais sans renoncer au soleil.
Le pays offre aussi un climat ensoleillé toute l’année et une communauté française bien implantée, particulièrement à Phuket. Reste un revers de médaille non négligeable : la nécessité d’un visa retraité, une assurance santé privée coûteuse, et un éloignement géographique qu’il faut être prêt à assumer sur la durée.
Le Portugal a fermé sa parenthèse dorée, la Thaïlande a ouvert la sienne, mais la vraie leçon tient en une phrase : aucun eldorado fiscal n’est éternel, et il vaut mieux vérifier chaque année où souffle réellement le meilleur vent pour sa pension. La prochaine destination à la mode sera-t-elle déjà en train de changer de visage sans que personne ne s’en aperçoive ?