Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Voyage

Adieu le Portugal : ces retraités français filent dans les Pouilles, où l’on vit mieux qu’en France

Publié par Ambre Détoit le 31 Juil 2026 à 21:16
Adieu le Portugal : ces retraités français filent dans les Pouilles, où l'on vit mieux qu'en France

Pendant des années, le Portugal a fait figure d’eldorado absolu pour les retraités français en quête de soleil et de pouvoir d’achat. Fiscalité douce, immobilier abordable, communautés francophones bien installées : la formule semblait imbattable. Mais un rapport 2024 vient de rebattre les cartes, et une autre région d’Europe du Sud s’impose désormais comme la nouvelle référence pour vivre mieux qu’en France, avec la même pension.

Le mirage portugais s’effrite doucement

Le constat vient de deux sources sérieuses : le rapport 2024 de Knight Frank et les données d’Eurostat. Le verdict est sans appel : le Portugal a perdu son statut de paradis fiscal pour retraités étrangers.

La fin du statut RNH, le fameux Résident Non Habituel, change tout pour les nouveaux arrivants. Ce dispositif offrait pendant dix ans une exonération quasi totale d’impôts sur les pensions de retraite venues de l’étranger. Sans lui, l’avantage qui justifiait le grand saut s’évapore.

Et ce n’est pas le seul problème. En Algarve, région la plus prisée par les expatriés, le mètre carré pour une maison avec vue mer dépasse désormais 5 500 euros. Un tarif qui se rapproche dangereusement de certaines côtes françaises, rendant l’exil beaucoup moins rentable qu’il y a dix ans.

Comme pour le pouvoir d’achat des Français qui s’érode année après année, l’équation portugaise ne tient plus pour beaucoup de futurs retraités, qui regardent désormais ailleurs pour préserver leur budget, un peu comme ceux qui envisagent une expatriation au Maroc pour doubler leur pouvoir d’achat.

La vallée d’Itria, le nouveau chic sudiste discret

Les mêmes travaux pointent un basculement inattendu vers l’Italie, et plus précisément vers la vallée d’Itria, dans les Pouilles, tout au sud de la botte italienne. Là-bas, le mètre carré pour une bâtisse historique tourne autour de 2 100 euros, soit presque trois fois moins que sur la côte portugaise.

Le coût de la vie y est environ 32% inférieur à la moyenne française. Concrètement, un couple de retraités peut y financer des sorties au restaurant régulières, une aide à domicile et même une petite oliveraie avec un budget mensuel net d’environ 2 800 euros. Un montant qui, en France, permettrait à peine de couvrir un loyer et les charges courantes.

L’urbaniste Jean Viard résume ce virage sociologique avec une formule qui frappe juste : les retraités exigeants fuient désormais les ghettos d’expatriés au profit de territoires ayant conservé leur tissu agricole et social. On assiste, selon lui, à une bascule de la quête de statut vers la quête d’authenticité.

Une tendance qu’on retrouve d’ailleurs dans d’autres arbitrages financiers des seniors, comme le choix récent de miser sur l’argent liquide plutôt que le tout-numérique, ou encore les inquiétudes autour de la retraite complémentaire Agirc-Arrco qui poussent à optimiser chaque euro dépensé à l’étranger.

Adieu le Portugal : ces retraités français filent dans les Pouilles, où l'on vit mieux qu'en France

Le détail qui peut faire capoter l’achat

Sur place, l’architecture compte presque autant que le climat. Les masserias, ces fermes fortifiées typiques des Pouilles, et les célèbres trulli aux toits coniques ont des murs d’environ 80 centimètres d’épaisseur. Cette inertie thermique naturelle limite drastiquement le recours à la climatisation en plein été, un argument de poids face aux canicules qui frappent désormais aussi le sud de la France.

L’exemple le plus commenté reste celui de l’actrice oscarisée Helen Mirren, qui a acheté une masseria du XVIe siècle en ruine à Tiggiano. Elle y cultive aujourd’hui ses propres grenades, une image devenue emblématique du quiet luxury version rurale, loin des villas tape-à-l’œil.

Mais attention avant de signer : il existe un piège administratif que peu d’acheteurs étrangers anticipent. Il faut impérativement exiger le certificato di agibilità pour toute maison ancienne.

De nombreux trulli ou extensions ont été construits sans autorisation en règle, et 90% des acheteurs étrangers découvrent parfois trop tard qu’un bien sans ce document devient tout simplement invendable, voire inassurable.

Un détail qui rappelle que, comme pour les mécanismes fiscaux méconnus des retraités, il vaut mieux se renseigner en profondeur avant de tout miser sur un rêve d’expatriation, surtout quand l’âge de départ et le montant des pensions restent incertains en France.

Le Portugal n’a rien perdu de son charme, mais il a perdu son avantage financier. Les Pouilles, elles, offrent aujourd’hui ce que beaucoup cherchaient sans le savoir : moins cher, plus authentique, et un climat tout aussi généreux. Et vous, seriez-vous prêt à échanger votre pension contre une oliveraie et des murs de 80 centimètres ?

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *