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Dans les comptes de Sandrine, gérante de camping à Royan à 2 260 € nets par mois

Publié par Mathieu le 17 Août 2026 à 19:01

Sandrine, 41 ans, gère un camping familial de 90 emplacements à quelques kilomètres de Royan. Elle touche 2 260 € nets par mois, avec de fortes variations selon la saison. Voici comment elle organise chaque euro qui rentre, entre haute saison et mois creux.

« En août, je ne compte plus mes heures. En janvier, je me demande parfois pourquoi j’ai choisi ce métier », résume-t-elle avec un sourire fatigué. Son budget doit absorber ces montagnes russes.

Un salaire qui dépend de la saison

Sandrine est salariée du camping qu’elle dirige, propriété d’un groupe familial basé à Bayonne. Son salaire de base est de 2 260 € nets par mois, versé toute l’année sur un contrat lissé.

Ce lissage lui évite les creux trop violents. « Sans ça, je toucherais 3 800 € en juillet-août et presque rien en hiver. Le contrat annualisé, c’est ma sécurité », explique-t-elle.

Elle perçoit aussi une prime de fin de saison équivalente à 800 € nets, versée en octobre selon les résultats de fréquentation. En 2025, elle l’a touchée intégralement.

Son mari, technicien de maintenance dans l’agroalimentaire, gagne 2 100 € nets. Le couple mutualise une partie des charges, mais Sandrine tient ses comptes personnels séparément.

Gérante de camping en Charente-Maritime à son bureau

Le loyer, seul poste qui ne bouge jamais

Le couple loue une maison de 95 m² à 15 minutes du camping, à 780 € par mois charges comprises. Un montant stable dans une zone où les prix ont grimpé avec l’attractivité de la côte.

L’assurance habitation coûte 22 € mensuels, l’électricité 95 € en moyenne annualisée malgré des pics l’hiver. L’eau est incluse dans les charges du bailleur.

Deux voitures sont indispensables : le camping est isolé, et son mari travaille à 25 km. Les deux crédits auto cumulés représentent 310 € par mois, plus 140 € d’assurance pour les deux véhicules.

L’essence pèse lourd avec les trajets quotidiens : 160 € par mois en moyenne. « Vivre près de la mer, ça a un prix qu’on ne voit pas sur les photos de vacances », glisse Sandrine.

Le forfait mobile et internet reviennent à 45 € pour les deux lignes et la box. Netflix et Disney+ sont partagés avec sa sœur, coût réel : 6 € par mois.

La mutuelle santé familiale coûte 78 €, une dépense qu’elle juge non négociable avec deux enfants de 9 et 13 ans. S’ajoutent 60 € de cotisation à une association sportive pour les enfants.

Maison familiale louée par le couple près de Royan

Les courses et les extras qui grimpent en été

Le budget alimentation tourne autour de 480 € par mois pour la famille de quatre personnes, avec des courses faites principalement en grande surface à Saujon.

En haute saison, Sandrine mange souvent sur le pouce au camping, ce qui gonfle discrètement le budget snacking à environ 60 € supplémentaires en juillet-août.

Les sorties restent modestes : un restaurant en famille une fois par mois, budget 70 €. « L’été, je n’ai clairement pas le temps de sortir, alors ça s’équilibre sur l’année », note-t-elle.

Le shopping vêtements est limité à 50 € par mois en moyenne, concentré sur les soldes. Les loisirs des enfants, entre piscine et activités nautiques locales, représentent 90 € mensuels.

Les vacances, ironie du métier, sont prises hors saison touristique : une semaine dans les Pyrénées en octobre, budget lissé sur l’année à 85 € par mois.

Un équilibre fragile mais tenu

Une fois tous les postes payés, Sandrine parvient à mettre de côté environ 140 € par mois, versés sur un livret A commun avec son mari qui alimente les projets familiaux.

« Je sais que je devrais épargner plus, mais entre les crédits auto et les deux enfants qui grandissent, chaque mois efface le mois précédent », reconnaît-elle sans détour.

Le couple a un projet d’achat immobilier à moyen terme, mais l’apport reste insuffisant. Ils visent 2028, quand le crédit auto de Sandrine sera remboursé.

Un imprévu, comme une réparation de voiture à 400 €, suffit à annuler l’épargne du mois. Sandrine gère avec un tableau Excel qu’elle met à jour chaque dimanche soir.

« On vit bien, on ne se prive pas vraiment, mais le matelas de sécurité est fin », résume-t-elle. Avec 2 260 € nets, elle se situe légèrement au-dessus du salaire médian français, autour de 2 100 € nets selon l’Insee, mais dans une région où le coût du logement grimpe chaque année avec le tourisme.

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