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Dans les comptes de Sandrine, gérante de salle de sport à Perpignan à 2 090 € nets par mois

Publié par Mathieu le 26 Sep 2026 à 19:02

Sandrine a repris la franchise il y a quatre ans, après avoir été coach sportive salariée pendant huit ans. « J’ai mis toutes mes économies dans le rachat du fonds de commerce, il fallait que ça marche », raconte-t-elle. Aujourd’hui, elle touche un salaire de gérante fixe, complété par une petite part variable liée aux abonnements vendus.

Gérante de salle de sport souriante dans son établissement

À 38 ans, célibataire, elle vit seule dans un T2 du centre-ville de Perpignan. Ses journées commencent à 6h30 pour ouvrir la salle et se terminent souvent après 20h, quand le dernier cours collectif se vide. Un rythme qu’elle a choisi, mais qui pèse sur son budget d’une façon qu’on ne soupçonne pas forcément.

Voici, poste par poste, comment elle répartit chaque euro de ses 2 090 € nets mensuels.

Un salaire de gérante moins simple qu’il n’y paraît

Sandrine perçoit un salaire fixe de 1 950 € nets, versé par la société qu’elle a créée pour exploiter la franchise. Ce montant correspond à sa rémunération de gérante majoritaire, un statut qui change beaucoup de choses par rapport à un salariat classique.

« Je ne suis pas salariée au sens strict, je cotise différemment, et ça se voit sur ma retraite future », précise-t-elle. En période creuse, notamment en été quand les adhésions chutent, elle a parfois dû réduire son propre salaire pour ne pas mettre l’entreprise en difficulté.

S’ajoute à cela une prime trimestrielle d’environ 140 € en moyenne mensualisée, liée aux objectifs d’adhésions atteints. Certains mois elle touche le double, d’autres mois rien du tout — un revenu en dents de scie qui oblige à anticiper.

Total des revenus mensuels : environ 2 090 € nets. Un chiffre stable sur le papier, mais qui cache une réalité bien plus fluctuante que celle d’un salarié classique.

Le crédit professionnel qui grignote le début de mois

Son loyer d’appartement s’élève à 480 € charges comprises, un montant contenu pour Perpignan grâce à un bail signé avant la hausse des loyers du centre-ville. Elle n’a jamais voulu déménager, « c’est à deux pas de la salle, je gagne du temps chaque matin ».

Mais le vrai poids budgétaire, c’est ailleurs. Sandrine rembourse encore 310 € par mois pour le prêt personnel contracté lors du rachat de la franchise, sur une durée de sept ans.

Femme vérifiant ses factures et son budget le soir

Son assurance auto coûte 65 € par mois, indispensable puisqu’elle utilise sa voiture pour aller chercher du matériel ou remplacer un coach absent. L’assurance habitation ajoute 18 € supplémentaires.

Côté téléphone et internet, elle paie 42 € pour un forfait mobile avec beaucoup de data et une box fibre. Sa mutuelle santé, souscrite en indépendante puisqu’elle n’a pas de mutuelle d’entreprise classique, lui coûte 89 € mensuels — un poste qu’elle juge « hors de prix pour ce que ça rembourse vraiment ».

Elle cotise aussi 75 € par mois à une assurance perte d’exploitation, pensée après une fermeture forcée de trois semaines liée à un dégât des eaux. Un choix qu’elle ne regrette pas, mais qui alourdit sérieusement ses charges fixes.

Total des dépenses fixes : environ 1 079 €. Plus de la moitié de son salaire net y passe avant même d’avoir acheté un yaourt.

Ce que révèle son ticket de caisse chaque semaine

Pour l’alimentation, Sandrine compte environ 220 € par mois, un budget serré qu’elle optimise en cuisinant en grande quantité le dimanche. « Je n’ai jamais le temps de cuisiner en semaine, donc je prépare tout à l’avance », explique-t-elle.

L’essence lui coûte environ 95 € mensuels, entre les trajets domicile-travail et les allers-retours pour les fournisseurs de matériel sportif. Un poste qu’elle surveille de près depuis la hausse des prix à la pompe.

Côté loisirs, elle s’autorise un budget resto-sorties de 90 € par mois, principalement des dîners avec des amis le week-end. Le shopping vêtements reste modeste, autour de 40 €, largement pour des tenues de sport qu’elle porte aussi au travail.

Elle met de côté 60 € par mois pour les vacances, avec l’objectif de partir une semaine l’été et un long week-end l’hiver. Un budget qu’elle complète parfois avec sa prime trimestrielle quand celle-ci tombe au bon moment.

Total des dépenses variables : environ 505 €. Et ce n’est pas le poste le plus surprenant de son budget.

Ce qui reste vraiment à la fin du mois

Une fois les dépenses fixes et variables soustraites, il reste à Sandrine environ 506 € en fin de mois. Une marge qui paraît confortable, mais qu’elle ampute systématiquement pour reconstituer la trésorerie de son entreprise en cas de coup dur.

« Je mets environ 200 € de côté pour la salle, et le reste pour moi », détaille-t-elle. Concrètement, son épargne personnelle tourne autour de 250 à 300 € par mois, placés sur un livret A qu’elle alimente sans grande stratégie particulière.

Elle n’a pas de projet immobilier à court terme, préférant sécuriser son activité avant d’envisager un achat. « Je sais que je devrais épargner plus pour ma retraite, mais avec les aléas de l’entreprise, je préfère garder du cash disponible », confie-t-elle.

Un mois particulièrement bon, avec une forte affluence en janvier ou en septembre, peut lui laisser jusqu’à 700 € de marge. À l’inverse, un été calme peut réduire ce reste à moins de 300 €.

Le mot de la fin

« Gérer sa propre affaire, c’est la liberté, mais c’est aussi ne jamais être vraiment tranquille financièrement », résume Sandrine. Avec ses 2 090 € nets mensuels, elle se situe légèrement en dessous du salaire médian français, qui avoisine 2 100 € nets selon les dernières données de l’Insee — mais avec une charge mentale bien plus lourde que celle d’un salarié classique.

D’autres profils aussi jonglent entre revenus variables et charges professionnelles serrées : découvrez comment Élodie, photographe auto-entrepreneuse à Clermont-Ferrand, compose elle aussi avec l’incertitude d’un revenu non salarié chaque mois.

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