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Dans les comptes d’Aurélien, mécanicien auto à Châteauroux à 1 960 € nets par mois

Publié par Mathieu le 30 Juin 2026 à 19:01

Aurélien a 34 ans, il est mécanicien automobile dans un garage multimarque à Châteauroux. Il touche 1 960 € nets par mois et vit en couple avec sa compagne, aide-soignante. Voici comment il répartit chaque euro de son salaire.

Ce qui tombe chaque mois sur son compte

Le salaire fixe d’Aurélien s’élève à 1 960 € nets. C’est le fruit de douze ans de métier, dont huit dans le même garage indépendant qui emploie cinq personnes. Son patron lui verse aussi une prime de productivité trimestrielle, environ 300 € bruts, soit à peu près 75 € nets lissés par mois.

Aurélien mécanicien dans son garage à Châteauroux

Sa compagne, Élodie, gagne de son côté 1 720 € nets comme aide-soignante dans un Ehpad voisin. Ensemble, le foyer dispose donc de 3 755 € mensuels. « On n’est pas riches, mais à Châteauroux, on respire quand même mieux qu’à Lyon ou Bordeaux », résume Aurélien.

Le couple ne perçoit ni APL ni prime d’activité. Leurs revenus combinés dépassent les plafonds. Seul complément ponctuel : quelques réparations « au noir » le samedi matin pour des voisins, qu’Aurélien estime à 80 € par mois en moyenne. Un appoint qu’il ne déclare pas, et qu’il préfère ne pas compter dans son budget officiel.

Les dépenses qui tombent sans négociation possible

Le loyer est le premier poste. Le couple habite un T3 de 72 m² dans un quartier calme de Châteauroux, loué 520 € charges comprises. Un tarif rendu possible par le marché locatif du Berry, où les prix restent parmi les plus bas de France. Ils se partagent le loyer à parts égales : 260 € chacun.

Appartement T3 modeste dans une ville du Berry

L’assurance habitation leur coûte 28 € par mois. L’électricité tourne autour de 95 € mensuels, un poste qu’Aurélien surveille de près depuis la hausse des tarifs. Côté télécom, le forfait internet fixe est à 25 € et son forfait mobile à 12 €. Élodie paie le sien séparément.

La mutuelle complémentaire d’Aurélien, obligatoire via son employeur, lui revient à 42 € par mois après participation du patron. L’assurance auto de sa Peugeot 308 de 2017 pèse 68 € mensuels, un tarif un peu élevé qu’il attribue à un accrochage il y a deux ans.

Le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu représente 52 € par mois sur sa fiche de paie. Les deux abonnements streaming du foyer — Netflix et Spotify — totalisent 24 €, partagés à deux. Aurélien paie sa part de 12 €.

Au total, ses dépenses fixes personnelles atteignent 569 € par mois. C’est un ratio de 29 % de son salaire net, ce qui reste contenu. Mais ce chiffre masque un poste variable qui pèse bien plus lourd qu’on ne l’imagine.

Le carburant, ce gouffre que personne ne voit

Aurélien habite à 14 kilomètres de son garage. Trajet court, mais effectué en voiture, faute de transport en commun adapté à ses horaires. Le plein de diesel revient environ deux fois par mois. Coût mensuel : 140 €. « Le prix du carburant, c’est mon loyer invisible », lâche-t-il.

Les courses alimentaires du couple oscillent entre 420 et 460 € mensuels, soit 220 € à la charge d’Aurélien. Ils alternent entre un Leclerc à la périphérie de Châteauroux et le marché du samedi matin pour les fruits et légumes. « On cuisine beaucoup, on ne commande presque jamais », précise-t-il.

Côté sorties, le budget reste modeste. Un restaurant tous les quinze jours, rarement au-dessus de 40 € pour deux, soit 40 € par mois pour sa part. Deux ou trois apéros chez des amis, une bière au bar du coin le vendredi soir : environ 35 € supplémentaires. Le cinéma, c’est une à deux fois par mois grâce à une carte à 5,50 € la séance.

L’habillement représente un poste faible : 40 € par mois en moyenne. Aurélien porte un bleu de travail au garage et use ses vêtements civils jusqu’au bout. « Je suis pas le genre à acheter des fringues tous les mois. » Le shopping en ligne, ce sont surtout des pièces auto pour sa propre voiture, qu’il répare lui-même. Budget : environ 30 € mensuels lissés.

Les vacances, enfin. Le couple part une semaine en camping l’été, généralement sur la côte atlantique. Budget annuel estimé : 900 €, soit 75 € mensuels lissés pour le foyer. Aurélien en prend 38 € à sa charge. Avec un budget vacances aussi serré, ils compensent par des week-ends chez la famille dans le Limousin.

Ce qu’il reste une fois les compteurs à zéro

Faisons le calcul. Les revenus nets d’Aurélien atteignent 1 960 € par mois, auxquels s’ajoutent les 75 € de prime lissée. Soit 2 035 € disponibles. Ses dépenses fixes pèsent 569 €. Ses dépenses variables totalisent environ 543 €. Reste en fin de mois : 923 €.

Un chiffre trompeur. Ce surplus est en réalité celui du couple, pas de lui seul. Élodie assume sa part de loyer, de courses et de charges. Quand on isole uniquement les postes d’Aurélien, il lui reste environ 310 € de marge réelle après toutes ses dépenses individuelles. C’est ce montant qu’il peut épargner.

En pratique, il vire 200 € par mois sur un Livret A qui affiche 4 800 € de solde. Le reste — une centaine d’euros — sert de matelas sur le compte courant. Aucun crédit à la consommation en cours. La 308 a été achetée d’occasion à un client du garage, payée comptant 8 500 € il y a trois ans.

Le projet du couple : acheter un petit pavillon dans les environs de Châteauroux. Avec des prix au mètre carré parmi les plus bas de l’Hexagone — autour de 1 100 € en moyenne — un bien à 120 000 € est envisageable. Mais la banque demande un apport de 15 000 €. « On y est presque. Encore un an d’épargne et on lance le dossier », espère Aurélien.

Pour contexte, le salaire médian en France tourne autour de 2 100 € nets mensuels selon les dernières données de l’INSEE. Aurélien se situe donc légèrement en dessous. Mais le coût de la vie à Châteauroux, avec un loyer à 520 € pour un T3, lui offre un pouvoir d’achat que beaucoup de salariés à 2 500 € en métropole lui envieraient.

« Je gagne pas des mille et des cents, mais je vis correctement, je mets de côté et je fais un métier que j’aime. Demandez à un mécanicien parisien s’il peut en dire autant. »

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