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Dans les comptes de Fabrice, plombier-chauffagiste à Brive-la-Gaillarde à 2 320 € nets par mois

Publié par Mathieu le 24 Août 2026 à 19:01

Fabrice, 38 ans, plombier-chauffagiste salarié dans une PME de Brive-la-Gaillarde, touche 2 320 € nets par mois. Marié, deux enfants de 6 et 9 ans, propriétaire d’un pavillon en périphérie, il jongle entre crédit immobilier, factures qui grimpent et devis clients. Voici comment il répartit chaque euro qui tombe sur son compte.

« On me demande souvent si je gagne bien ma vie parce que je suis artisan. Je réponds toujours la même chose : je suis salarié, pas patron », prévient-il d’emblée.

Un salaire de plombier qui dépend surtout de l’ancienneté

Fabrice touche un salaire de base de 2 150 € nets, fixé par la grille du bâtiment après douze ans dans l’entreprise. À cela s’ajoute une prime de déplacement de 90 € pour les chantiers éloignés du dépôt.

Sa femme, aide-soignante à temps partiel, complète les revenus du foyer, mais on ne parle ici que du budget personnel de Fabrice. Il perçoit aussi une prime annuelle d’intéressement, lissée sur l’année, qui représente environ 80 € mensuels supplémentaires.

Plombier chauffagiste devant sa camionnette au lever du jour

« L’hiver, avec les pannes de chaudière, je fais parfois des heures sup payées en plus. Ça peut ajouter 150 à 200 € certains mois, mais je ne compte jamais dessus », précise-t-il. Son total mensuel stable tourne donc autour de 2 320 € nets.

Le crédit immobilier, poste numéro un du budget

Fabrice et sa femme ont acheté leur pavillon il y a sept ans. La mensualité de crédit s’élève à 780 €, sur un prêt de 25 ans à taux fixe.

Les charges fixes ne s’arrêtent pas là. L’assurance habitation coûte 38 €, la taxe foncière lissée sur douze mois représente 95 €, et l’électricité-chauffage grimpe à 145 € en moyenne annuelle avec les pics hivernaux.

« La chaudière, ironie du métier, c’est moi qui l’entretiens gratuitement. Ça compense un peu », sourit-il. Son forfait mobile lui coûte 22 €, internet fibre 33 €, et l’assurance auto pour son véhicule personnel 54 € par mois.

Artisan plombier réparant une chaudière dans un sous-sol

Sa mutuelle familiale, indispensable avec deux enfants, pèse 62 € prélevés directement sur son salaire. Total des charges fixes : environ 1 229 € par mois, soit plus de la moitié de ses revenus.

Essence, cantine et loisirs : ce qui reste pour vivre

Il reste donc environ 1 091 € pour les dépenses variables. Les courses alimentaires pour une famille de quatre absorbent 480 € par mois, faites principalement en produits de marque distributeur pour tenir le budget.

La cantine scolaire des deux enfants représente 110 € mensuels, et les activités extrascolaires (foot et judo) ajoutent 55 €. L’essence pour ses trajets professionnels, non remboursés en intégralité par l’entreprise, lui coûte 130 € net de sa poche.

« Le prix du gasoil, je le regarde tous les jours en partant au chantier. Ça a doublé mon budget carburant en cinq ans », soupire-t-il, un constat que confirme d’ailleurs l’évolution du prix de l’essence en France depuis les années 1970.

Les sorties et loisirs familiaux (cinéma, resto occasionnel, anniversaires) totalisent environ 90 € par mois. Le shopping vêtements pour toute la famille, lissé, représente 75 €.

Vacances et imprévus : la variable d’ajustement

Fabrice met de côté 60 € par mois toute l’année pour financer les vacances d’été, généralement un camping dans les Landes ou en Charente-Maritime. « On ne part jamais loin, mais on part toujours », insiste-t-il.

Un budget imprévus de 50 € est aussi prévu, souvent absorbé par une réparation de voiture ou un équipement scolaire de dernière minute. Ce poste disparaît régulièrement avant la fin du mois.

Ce qu’il reste réellement à la fin du mois

En additionnant charges fixes (1 229 €) et dépenses variables (1 050 € environ), Fabrice arrive à un total de dépenses proche de 2 279 €. Il lui reste donc à peine 41 € de marge sur ses 2 320 € nets.

« Certains mois je finis à zéro, d’autres je pioche 50 € dans l’épargne de secours. Ce n’est jamais confortable », admet-il franchement.

Le foyer possède tout de même une épargne de précaution de 2 400 €, constituée principalement grâce au salaire de sa femme et aux primes annuelles. Aucun projet d’investissement n’est prévu à court terme : la priorité reste de finir de rembourser le crédit immobilier, encore dix-huit ans à courir.

Avec 2 320 € nets, Fabrice se situe légèrement au-dessus du salaire médian français, qui avoisine 2 100 € nets par mois selon les dernières données. Mais entre le crédit, les enfants et l’essence, l’écart se ressent surtout en fin de mois. « Je ne me plains pas, j’ai un métier qui a du sens et qui ne chômera jamais. Mais épargner sereinement, ça reste un luxe qu’on n’a pas encore », conclut-il.

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