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Marques de distributeur : 60 Millions de Consommateurs désigne l’enseigne la moins bien notée en France

Publié par Cassandre le 28 Avr 2026 à 10:36

Elles remplissent nos caddies semaine après semaine, et leur part dans nos achats ne cesse de grimper. Les marques de distributeur — Carrefour, Auchan, Lidl, Intermarché et les autres — séduisent des millions de Français par leurs prix cassés. Mais derrière les étiquettes colorées, la qualité nutritionnelle est loin d’être uniforme. 60 Millions de Consommateurs a passé au crible des milliers de références, et le verdict met une enseigne bien connue dans une position inconfortable.

Pourquoi les MDD ont conquis nos caddies

Le phénomène n’est pas nouveau, mais il a pris une ampleur considérable ces dernières années. Les marques de distributeur, longtemps perçues comme des produits au rabais, représentent aujourd’hui une part croissante des achats alimentaires en France. Le premier moteur reste le prix : à qualité perçue équivalente, ces références coûtent souvent 20 à 40 % de moins que les grandes marques nationales.

Femme examinant l'étiquette d'un produit MDD en supermarché

Les enseignes gardent un contrôle total sur la fabrication. Elles confient la production à des industriels — parfois les mêmes qui fabriquent des marques connues — mais dictent un cahier des charges précis. Le goût, le packaging, le coût unitaire : tout est calibré pour maximiser l’attractivité en rayon. Et pour brouiller les pistes, certaines MDD portent des noms fantaisie qui ne laissent pas deviner leur origine distributeur.

Ce système a ses avantages pour le consommateur, notamment sur le pouvoir d’achat. Mais une question revient sans cesse : quand on paie moins cher, sacrifie-t-on forcément la qualité nutritionnelle ? C’est précisément ce qu’a voulu vérifier le magazine de référence en matière de consommation.

Un classement fondé sur des milliers de produits analysés

Pour établir son palmarès, 60 Millions de Consommateurs s’est appuyé en mars 2025 sur la base de données Open Food Facts, une plateforme collaborative qui recense la composition de centaines de milliers de produits vendus en France. L’analyse a porté sur le Nutri-Score, ce système de notation allant de A (meilleure qualité nutritionnelle) à E (la plus défavorable).

Premier constat, et il n’est pas rassurant : toutes enseignes confondues, la majorité des produits MDD affichent des Nutri-Score plutôt médiocres. Les notes D et E dominent largement les rayons, ce qui signifie que les références trop grasses, trop sucrées ou trop salées restent la norme, même sous l’étiquette « marque de distributeur ». Avant de remplir son chariot, mieux vaut donc vérifier chaque référence individuellement.

Mais au-delà de cette tendance générale, des écarts significatifs existent d’une enseigne à l’autre. Et c’est là que le classement devient intéressant — et que certains noms commencent à se démarquer, dans un sens comme dans l’autre.

Le bon élève du classement n’est pas celui qu’on imagine

Comparaison de deux Nutri-Score sur des produits de distributeur

Parmi les enseignes passées au crible, Auchan tire son épingle du jeu. Le distributeur nordiste affiche une proportion plus élevée de produits notés A ou B au Nutri-Score que ses concurrents directs. Concrètement, un consommateur qui fait ses courses chez Auchan a statistiquement plus de chances de tomber sur des produits à la composition nutritionnelle correcte.

Ce résultat peut surprendre. Dans l’esprit collectif, Auchan n’est pas forcément associé à une image « santé » ou « premium ». Pourtant, les chiffres d’Open Food Facts sont clairs : sur le critère du Nutri-Score, l’enseigne devance ses rivales. Une performance qui ne suffit toutefois pas à en faire un modèle absolu, comme on va le voir.

Car le Nutri-Score n’est qu’un des paramètres étudiés par 60 Millions de Consommateurs. L’enquête a aussi scruté un facteur bien plus discret sur les emballages, et potentiellement plus préoccupant pour la santé à long terme.

Additifs, émulsifiants, nitrates : l’autre face cachée des MDD

Au-delà du Nutri-Score, le magazine s’est penché sur la présence d’additifs dans les produits de marques de distributeur. Émulsifiants, nitrates, phosphates : ces substances, souvent invisibles pour le consommateur pressé, figurent pourtant dans la liste d’ingrédients de nombreuses références. Leur consommation régulière pourrait comporter des risques pour la santé, surtout en cas d’excès.

Le problème, c’est que sur ce terrain, aucune enseigne ne domine clairement. Même Auchan, bien classée sur le Nutri-Score, ne parvient pas à s’imposer sur l’ensemble des critères. La présence d’additifs varie considérablement d’un produit à l’autre, y compris au sein d’une même marque. Un plat cuisiné noté B peut contenir davantage d’émulsifiants qu’un produit noté D dans un rayon voisin.

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Ce constat rappelle une réalité souvent oubliée : le Nutri-Score évalue le profil nutritionnel (gras, sel, sucre, fibres), mais ne dit rien sur la qualité des ingrédients eux-mêmes. Certaines enquêtes récentes ont d’ailleurs montré que des produits bien notés pouvaient contenir des substances controversées. C’est pourquoi croiser les deux grilles de lecture est indispensable.

L’enseigne qui ferme la marche du classement

Et le mauvais élève, alors ? Selon l’analyse de 60 Millions de Consommateurs, c’est Lidl qui se retrouve en queue de peloton. L’enseigne allemande, pourtant plébiscitée pour ses prix ultra-compétitifs et certains de ses produits non-alimentaires, affiche des résultats moins favorables en matière de qualité nutritionnelle de ses MDD.

Entrée d'un magasin Lidl en France au coucher du soleil

Concrètement, les produits Lidl présentent en moyenne des Nutri-Score plus bas, avec une proportion plus importante de références classées D ou E. Pour un consommateur qui remplit son caddie uniquement chez Lidl sans regarder les étiquettes, le risque d’accumuler des produits déséquilibrés est donc statistiquement plus élevé qu’ailleurs.

Ce résultat ne signifie pas que tout ce que propose Lidl est de mauvaise qualité. Certaines références décrochent d’excellentes notes sur Yuka, et des produits cosmétiques de l’enseigne ont même été salués par la presse spécialisée. Mais en moyenne, sur l’ensemble du catalogue alimentaire MDD, l’enseigne est en retrait par rapport à ses concurrentes françaises.

Pourquoi la comparaison reste un casse-tête

L’étude de 60 Millions de Consommateurs met aussi en lumière un obstacle majeur : toutes les enseignes ne jouent pas le jeu de la transparence avec la même rigueur. Certaines marques de distributeur renseignent scrupuleusement leurs produits sur Open Food Facts, d’autres beaucoup moins. Résultat : les bases de comparaison ne sont pas toujours homogènes.

Un distributeur qui référence 90 % de ses produits dans la base sera mécaniquement plus exposé à la critique qu’un concurrent qui n’en déclare que 50 %. Cette asymétrie d’information complique le travail d’analyse et doit inciter à nuancer les classements. Adapter sa méthode de courses peut d’ailleurs aider à contourner ce manque de lisibilité.

Malgré cette réserve, la tendance identifiée par le magazine reste significative : l’écart entre les enseignes les mieux notées et les moins bien classées n’est pas marginal. Savoir que votre supermarché habituel se situe plutôt en haut ou en bas du tableau peut orienter vos choix — ou au moins vous inciter à redoubler de vigilance.

Comment faire les bons choix en rayon

L’enseignement principal de cette enquête tient en une phrase : le prix bas ne garantit pas une qualité nutritionnelle acceptable, mais un prix élevé non plus. Quelle que soit l’enseigne, les habitudes de courses comptent autant que le choix du magasin.

Trois réflexes permettent de limiter les mauvaises surprises. D’abord, vérifier systématiquement le Nutri-Score affiché sur l’emballage — il n’est pas parfait, mais il donne une première indication fiable. Ensuite, scanner la liste d’ingrédients à la recherche d’additifs douteux : une application comme Yuka ou Open Food Facts rend l’opération quasi instantanée. Enfin, ne pas hésiter à comparer les MDD entre elles : deux produits au même prix peuvent avoir des compositions radicalement différentes.

Les marques de distributeur resteront incontournables dans le panier des Français, surtout dans un contexte où les prix alimentaires continuent de grimper. Mais l’enquête de 60 Millions de Consommateurs rappelle qu’entre deux boîtes de conserve posées côte à côte sur le même rayon, la différence ne se joue pas seulement sur l’étiquette de prix. Elle se lit surtout au dos de l’emballage.

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