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Adieu la liste de courses classique : cette méthode « à l’envers » permet d’économiser 700 € par an

Publié par Ambre Détoit le 26 Avr 2026 à 6:51

Et si la meilleure façon de remplir votre frigo, c’était… de commencer par le vider ? Venue tout droit du Royaume-Uni, une méthode baptisée « backwards shopping » bouscule nos habitudes de consommation. Le principe est d’une simplicité déconcertante, mais les résultats parlent d’eux-mêmes : moins de gaspillage, un budget allégé et des repas tout aussi savoureux. On vous détaille tout.

Le problème avec vos courses actuelles

Omelette courgette-fromage préparée avec les restes du frigo

Soyons honnêtes deux secondes. Comment se passent vos courses, en général ? Vous réfléchissez à ce que vous avez envie de manger dans la semaine. Vous griffonnez une liste plus ou moins complète. Et vous partez au supermarché avec les meilleures intentions du monde.

Personne perplexe devant un frigo rempli de doublons alimentaires

Sauf que sur place, c’est une autre histoire. Un paquet de gruyère râpé alors qu’il en reste déjà un au frigo. Un pot de tzatzíki « au cas où ». Des courgettes qui finissent par moisir dans le bac à légumes parce que vous aviez oublié celles déjà achetées la semaine d’avant. Si vous voulez mieux conserver vos courgettes, encore faut-il savoir qu’elles sont là.

Le résultat est brutal. Selon l’Ademe, chaque Français jette en moyenne 61 kg de déchets alimentaires par an. Ce n’est pas juste un problème écologique — quand on sait que le gaspillage alimentaire mondial représente 1 000 milliards de dollars —, c’est aussi un trou béant dans votre budget. Et si le problème ne venait pas de ce que vous achetez, mais de l’ordre dans lequel vous le faites ?

Le concept venu d’outre-Manche qui change la donne

C’est une blogueuse britannique, Lauren Thorpe, qui a popularisé le « backwards shopping » — littéralement, les courses à l’envers. Le principe tient en une phrase : au lieu de partir de vos envies pour construire votre liste, vous partez de ce que vous avez déjà chez vous.

Inventaire des placards de cuisine sur un carnet avant les courses

Ça paraît évident dit comme ça. Mais dans les faits, quasiment personne ne le fait. On planifie nos repas dans le vide, comme si nos placards étaient des pages blanches chaque lundi matin. Lauren Thorpe a inversé la logique, et les chiffres qu’elle avance ont de quoi faire réfléchir : jusqu’à 700 euros d’économies par an.

700 euros. C’est un voyage, un nouvel électroménager, ou simplement un mois de courses offert. Dans un contexte où l’inflation pèse sur les grandes marques, ce genre de levier devient précieux. Mais concrètement, comment ça marche ? La méthode repose sur trois étapes d’une simplicité presque vexante.

Trois étapes pour retourner vos habitudes

Première étape : l’inventaire. Avant même de penser à un repas, ouvrez vos placards, votre réfrigérateur et votre congélateur. Listez tout ce que vous avez. Vérifiez les dates de péremption. Cette boîte de pois chiches planquée derrière les conserves depuis trois mois ? Elle existe. Ces restes de fromage râpé ? Ils comptent.

Deuxième étape : la construction des repas. C’est uniquement à partir de cet inventaire que vous imaginez vos menus de la semaine. Pas à partir d’une envie de pad thaï vu sur Instagram. Si vous manquez d’inspiration, Lauren Thorpe recommande de piocher dans des livres de recettes — ou même de soumettre votre liste d’ingrédients à une intelligence artificielle, qui vous proposera des combinaisons auxquelles vous n’auriez jamais pensé.

Troisième étape : la liste de courses minimale. Vous n’achetez que ce qui manque vraiment pour compléter vos recettes. Pas d’achats compulsifs, pas de doublons, pas de « tiens, et si je prenais ça aussi ». Si vous cherchez d’autres méthodes pour réduire votre note, celle-ci est probablement la plus intuitive. Mais est-ce que ça fonctionne vraiment au quotidien ?

Le test concret qui met les chiffres sur la table

Pour mesurer l’impact réel du backwards shopping, prenons un exemple très concret. Vous avez envie de pâtes au saumon. Recette classique, agréable, pas trop compliquée. En faisant vos courses de manière traditionnelle, le ticket de caisse pour ce repas s’élève à 6,85 euros.

Maintenant, appliquez la méthode. Vous ouvrez votre frigo et vous trouvez 2 œufs, un fond de courgettes surgelées et la moitié d’un paquet de fromage râpé. Vous soumettez ces ingrédients à un assistant IA. Réponse : une omelette courgette-fromage. Appétissant, équilibré, et surtout — zéro euro dépensé.

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L’écart est net : 6,85 euros économisés sur un seul repas. Multipliez ça par le nombre de fois où vous rachetez des ingrédients inutiles chaque semaine, et vous comprenez comment on arrive aux 700 euros annuels avancés par Lauren Thorpe. D’autant que certains gestes au supermarché alourdissent votre ticket sans que vous le remarquiez.

Pourquoi votre cerveau vous pousse à mal acheter

Le backwards shopping ne repose pas sur de la privation. Il exploite un biais cognitif que les supermarchés, eux, connaissent très bien. Quand vous entrez dans un magasin avec une vague idée de repas en tête, vous êtes vulnérable aux stimuli visuels : promotions, têtes de gondole, produits placés à hauteur des yeux.

Votre cerveau fonctionne en mode « acquisition » : il veut remplir, accumuler, prévoir. Le problème, c’est qu’il ne prend pas en compte ce que vous possédez déjà. C’est pour ça que vous vous retrouvez avec trois paquets de pâtes et zéro sauce. La méthode inversée court-circuite ce réflexe en vous obligeant à visualiser vos stocks avant de mettre un pied dehors.

Et si en plus vous choisissez les bons créneaux pour faire vos courses, l’effet est démultiplié. Moins de monde, plus de promos de fin de journée, et un esprit déjà structuré par votre inventaire. Mais le backwards shopping a un autre avantage que peu de gens mentionnent.

L’arme anti-gaspi la plus simple jamais inventée

Au-delà du porte-monnaie, cette méthode s’attaque frontalement au gaspillage alimentaire. En utilisant systématiquement ce que vous avez avant d’acheter du neuf, vous videz vos placards au lieu de les laisser se remplir de produits oubliés. Les 61 kg de déchets alimentaires par Français et par an ? Une bonne partie vient justement de ces achats en doublon, de ces produits poussés au fond du frigo.

Le jour du dépassement arrive chaque année plus tôt en France. À l’échelle individuelle, le backwards shopping est probablement le geste le plus accessible pour réduire son empreinte. Pas besoin de composter, de devenir végétarien ou de s’abonner à une AMAP. Juste ouvrir son frigo avant de prendre ses clés de voiture.

Pour aller plus loin, certains combinent cette approche avec un appareil de mise sous vide pour prolonger la durée de vie des aliments repérés lors de l’inventaire. D’autres utilisent la technique pour optimiser la conservation au frigo. La logique reste la même : utiliser l’existant au maximum.

Comment s’y mettre dès ce week-end

Pas besoin d’application payante ni de méthode compliquée. Ce samedi, avant de partir faire vos courses, prenez 10 minutes. Ouvrez chaque placard, chaque tiroir du frigo, chaque recoin du congélateur. Prenez des photos si vous êtes du genre à oublier. Notez tout sur votre téléphone.

Ensuite, demandez-vous : qu’est-ce que je peux préparer avec ça ? Si l’inspiration manque, tapez vos ingrédients dans ChatGPT ou un site de recettes par ingrédient. Vous serez surpris du nombre de plats possibles avec ce que vous considériez comme « pas grand-chose ». Si vous avez un stock de pommes de terre et d’oignons qui traîne, c’est déjà la base de dizaines de recettes.

Votre liste de courses finale ne devrait contenir que 5 à 10 articles, contre 20 à 30 en moyenne habituellement. Moins d’articles, moins de temps en magasin, moins de tentations. Et si vous voulez maximiser les économies, choisir le bon jour pour faire vos courses peut encore alléger la facture.

Au final, le backwards shopping n’a rien de révolutionnaire sur le papier. C’est du bon sens remis au goût du jour. Mais parfois, les idées les plus simples sont celles qui nous échappent depuis des années — planquées derrière un paquet de gruyère râpé périmé.

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