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Dans les comptes de Marion, sage-femme à domicile à Chambéry à 2 540 € nets par mois

Publié par Mathieu le 07 Sep 2026 à 19:01

Marion a 34 ans, elle est sage-femme libérale à domicile à Chambéry, spécialisée dans le suivi post-partum et la rééducation périnéale. Chaque mois, elle encaisse en moyenne 2 540 € nets après charges. Voici comment elle répartit chaque euro, entre frais professionnels imprévisibles et vie de famille avec un enfant en bas âge.

Sage-femme libérale devant sa maison à Chambéry

Un revenu qui varie selon les tournées

Le chiffre d’affaires brut de Marion oscille entre 4 200 € et 4 800 € selon les mois. Une fois les charges URSSAF, la CARPIMKO et les frais professionnels déduits, il lui reste en moyenne 2 540 € nets.

« En hiver, avec la route et les visites annulées, mon planning se resserre. En septembre, c’est l’inverse, je refuse des patientes », raconte-t-elle. Elle facture ses actes à la Sécurité sociale, avec un délai de remboursement de 3 à 4 semaines.

Son mari, technicien de maintenance industrielle, gagne 2 100 € nets. Le couple perçoit aussi 32 € d’allocations familiales pour leur fils de 2 ans, plus une aide de la CAF de 145 € au titre du complément mode de garde.

Les dépenses fixes : le poids de l’activité libérale

Le couple rembourse un crédit immobilier de 980 € par mois pour leur maison de 95 m² à Cognin, en périphérie de Chambéry. Il leur reste 18 ans de remboursement.

Les charges de copropriété et taxe foncière lissées représentent 140 € mensuels. L’assurance habitation coûte 32 €, et l’assurance emprunteur 58 €.

Sage-femme organisant son matériel médical à domicile

Marion paie 385 € de cotisations URSSAF et CARPIMKO chaque mois, prélevées automatiquement. Son assurance responsabilité civile professionnelle lui coûte 42 € par mois, obligatoire pour exercer.

Elle loue un local de stockage pour son matériel médical à 65 €, et son véhicule utilitaire, indispensable pour les tournées, lui coûte 289 € en crédit-bail. L’essence pour les visites à domicile grimpe à 180 € certains mois.

« Personne ne pense aux frais professionnels d’un libéral. Mon véhicule, mon matériel, mes assurances, ça représente presque un tiers de mes revenus avant même de voir une patiente », glisse-t-elle.

La mutuelle familiale coûte 95 €, le forfait mobile et internet 48 €, et la crèche de leur fils 210 € après déduction des aides. Ces montants fixes cumulés dépassent 2 400 € par mois pour le foyer.

Les dépenses variables : entre courses et matériel médical

Les courses alimentaires pour la famille de trois personnes atteignent 420 € par mois, un budget qu’elle a appris à cadrer depuis la naissance de son fils. « Je fais mes courses le dimanche avec une liste stricte, sinon je craque sur les produits bio hors de prix », confie-t-elle.

Le matériel à usage unique — gants, compresses, produits d’hygiène pour les soins — lui coûte environ 90 € mensuels, non remboursés par la Sécurité sociale. C’est un poste que beaucoup de patients ignorent totalement.

Le couple consacre 140 € aux sorties et restaurants, souvent en famille le week-end. Les vêtements, pour elle et leur enfant qui grandit vite, représentent 85 € lissés sur l’année.

Les loisirs — piscine, sorties nature autour d’Annecy, abonnement streaming — totalisent 60 €. Le budget vacances, lissé sur douze mois, atteint 210 €, principalement pour un séjour dans les Alpes en été.

Comme chez d’autres professions paramédicales libérales, les revenus fluctuent fortement d’un mois à l’autre, ce qui oblige à une gestion serrée.

Le bilan : une épargne qui dépend du mois

Une fois toutes les dépenses fixes et variables réglées, il reste à Marion entre 150 € et 300 € selon les mois. Elle place systématiquement cette somme sur un livret A dédié aux imprévus professionnels.

« Je sais que je devrais épargner plus pour ma retraite de libérale, mais avec un crédit-bail et une crèche à payer, je préfère garder de la trésorerie », explique-t-elle. Elle cotise aussi 40 € par mois à un contrat Madelin pour sa retraite complémentaire.

Le couple n’a pas d’autre crédit que le prêt immobilier et le crédit-bail du véhicule professionnel. Ils espèrent finaliser d’ici deux ans l’achat d’un logiciel de télétransmission plus performant, un investissement de 800 € qui allégerait sa charge administrative.

Avec 2 540 € nets, Marion se situe légèrement au-dessus du salaire médian net des Français, qui tourne autour de 2 100 € selon l’Insee. « Je ne me plains pas, mais entre les charges d’un libéral et une naissance, la marge de manœuvre reste mince », résume-t-elle.

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