Dans les comptes de Marion, sage-femme à domicile à Chambéry à 2 540 € nets par mois
Marion a 34 ans, elle est sage-femme libérale à domicile à Chambéry, spécialisée dans le suivi post-partum et la rééducation périnéale. Chaque mois, elle encaisse en moyenne 2 540 € nets après charges. Voici comment elle répartit chaque euro, entre frais professionnels imprévisibles et vie de famille avec un enfant en bas âge.

Un revenu qui varie selon les tournées
Le chiffre d’affaires brut de Marion oscille entre 4 200 € et 4 800 € selon les mois. Une fois les charges URSSAF, la CARPIMKO et les frais professionnels déduits, il lui reste en moyenne 2 540 € nets.
« En hiver, avec la route et les visites annulées, mon planning se resserre. En septembre, c’est l’inverse, je refuse des patientes », raconte-t-elle. Elle facture ses actes à la Sécurité sociale, avec un délai de remboursement de 3 à 4 semaines.
Son mari, technicien de maintenance industrielle, gagne 2 100 € nets. Le couple perçoit aussi 32 € d’allocations familiales pour leur fils de 2 ans, plus une aide de la CAF de 145 € au titre du complément mode de garde.
Les dépenses fixes : le poids de l’activité libérale
Le couple rembourse un crédit immobilier de 980 € par mois pour leur maison de 95 m² à Cognin, en périphérie de Chambéry. Il leur reste 18 ans de remboursement.
Les charges de copropriété et taxe foncière lissées représentent 140 € mensuels. L’assurance habitation coûte 32 €, et l’assurance emprunteur 58 €.

Marion paie 385 € de cotisations URSSAF et CARPIMKO chaque mois, prélevées automatiquement. Son assurance responsabilité civile professionnelle lui coûte 42 € par mois, obligatoire pour exercer.
Elle loue un local de stockage pour son matériel médical à 65 €, et son véhicule utilitaire, indispensable pour les tournées, lui coûte 289 € en crédit-bail. L’essence pour les visites à domicile grimpe à 180 € certains mois.
« Personne ne pense aux frais professionnels d’un libéral. Mon véhicule, mon matériel, mes assurances, ça représente presque un tiers de mes revenus avant même de voir une patiente », glisse-t-elle.
La mutuelle familiale coûte 95 €, le forfait mobile et internet 48 €, et la crèche de leur fils 210 € après déduction des aides. Ces montants fixes cumulés dépassent 2 400 € par mois pour le foyer.
Les dépenses variables : entre courses et matériel médical
Les courses alimentaires pour la famille de trois personnes atteignent 420 € par mois, un budget qu’elle a appris à cadrer depuis la naissance de son fils. « Je fais mes courses le dimanche avec une liste stricte, sinon je craque sur les produits bio hors de prix », confie-t-elle.
Le matériel à usage unique — gants, compresses, produits d’hygiène pour les soins — lui coûte environ 90 € mensuels, non remboursés par la Sécurité sociale. C’est un poste que beaucoup de patients ignorent totalement.
Le couple consacre 140 € aux sorties et restaurants, souvent en famille le week-end. Les vêtements, pour elle et leur enfant qui grandit vite, représentent 85 € lissés sur l’année.
Les loisirs — piscine, sorties nature autour d’Annecy, abonnement streaming — totalisent 60 €. Le budget vacances, lissé sur douze mois, atteint 210 €, principalement pour un séjour dans les Alpes en été.
Comme chez d’autres professions paramédicales libérales, les revenus fluctuent fortement d’un mois à l’autre, ce qui oblige à une gestion serrée.
Le bilan : une épargne qui dépend du mois
Une fois toutes les dépenses fixes et variables réglées, il reste à Marion entre 150 € et 300 € selon les mois. Elle place systématiquement cette somme sur un livret A dédié aux imprévus professionnels.
« Je sais que je devrais épargner plus pour ma retraite de libérale, mais avec un crédit-bail et une crèche à payer, je préfère garder de la trésorerie », explique-t-elle. Elle cotise aussi 40 € par mois à un contrat Madelin pour sa retraite complémentaire.
Le couple n’a pas d’autre crédit que le prêt immobilier et le crédit-bail du véhicule professionnel. Ils espèrent finaliser d’ici deux ans l’achat d’un logiciel de télétransmission plus performant, un investissement de 800 € qui allégerait sa charge administrative.
Avec 2 540 € nets, Marion se situe légèrement au-dessus du salaire médian net des Français, qui tourne autour de 2 100 € selon l’Insee. « Je ne me plains pas, mais entre les charges d’un libéral et une naissance, la marge de manœuvre reste mince », résume-t-elle.