Dans les comptes de Solène, orthoptiste salariée à Le Mans à 2 210 € nets par mois
Solène, 29 ans, orthoptiste salariée dans un cabinet d’ophtalmologie au Mans, gagne 2 210 € nets par mois. Un métier paramédical encore méconnu, coincé entre l’ophtalmologiste et l’opticien, mais qui recrute massivement face à la pénurie de spécialistes de la vue.
Elle vit seule dans un T2, roule en Clio d’occasion encore sous crédit, et a mis en place une méthode d’épargne presque militaire. Voici le détail, poste par poste.
Un salaire qui grimpe avec l’ancienneté et les actes techniques
Solène perçoit un salaire fixe de 1 980 € nets par mois, versé par le cabinet médical qui l’emploie depuis quatre ans. Diplômée d’un certificat de capacité d’orthoptiste obtenu à Nantes, elle a d’abord travaillé en CDD avant de décrocher un CDI.
« Les gens confondent tout le temps avec les opticiens. Moi je fais les bilans visuels, la rééducation des troubles oculaires, je prépare le terrain avant que le médecin ne pose son diagnostic », explique-t-elle.
À ce fixe s’ajoute une prime mensuelle de 130 € liée aux actes de dépistage réalisés en autonomie, une pratique de plus en plus courante depuis la réforme qui élargit les compétences des orthoptistes. Elle touche aussi 100 € net par mois via une mutuelle d’entreprise avantageuse, réintégrée dans son calcul de reste à vivre.

Le loyer et le crédit auto, les deux poids lourds du budget
Le loyer de son T2 de 42 m² dans le quartier des Sablons s’élève à 570 € charges comprises, un tarif encore raisonnable comparé aux grandes métropoles. L’électricité et le gaz lui coûtent en moyenne 85 € par mois, avec des pics en hiver.
Solène rembourse aussi un crédit auto de 190 € par mois pour sa Clio, achetée d’occasion il y a deux ans. L’assurance de la voiture lui coûte 48 €, et elle prévoit environ 90 € d’essence mensuels pour ses trajets domicile-travail et les visites à sa famille en Sarthe.
« La voiture, c’est le seul crédit que je m’autorise. Je refuse catégoriquement le crédit conso pour le reste », précise-t-elle.
S’ajoutent à cela : 24,99 € de forfait mobile, 32,90 € de box internet, et 45 € de mutuelle santé complémentaire personnelle malgré la prise en charge partielle de l’employeur. Son abonnement Netflix et Spotify lui coûte 16,98 € cumulés. Au total, ses charges fixes atteignent environ 1 102 €.

Courses, sorties et petits plaisirs qui pèsent plus qu’elle ne le pense
Solène budgète 260 € par mois pour ses courses alimentaires, faites essentiellement chez Lidl et sur le marché du samedi. Elle avoue craquer régulièrement pour des produits bio, ce qui gonfle discrètement la note.
Les sorties représentent un poste non négligeable : environ 130 € par mois entre restaurants, bar avec les collègues et cinéma. Le shopping vêtements et accessoires varie mais elle lisse un budget de 90 € mensuels.
Elle a aussi repris le sport récemment, avec un abonnement en salle à 39,90 € par mois. Un budget vacances lissé de 150 € par mois lui permet de partir deux fois par an sans piocher dans son épargne de précaution.
Un poste plus original : Solène consacre 45 € par mois à des formations continues non obligatoires, pour se spécialiser en basse vision, un domaine qui recrute. « Ça, c’est un investissement, pas une dépense », insiste-t-elle. Comme certains professionnels de santé libéraux évoqués dans le budget d’une sage-femme libérale à Brest, elle mise sur la montée en compétences pour sécuriser son avenir professionnel.
Un reste à vivre serré mais une épargne béton
En additionnant charges fixes (1 102 €) et dépenses variables (environ 715 €), Solène dépense en moyenne 1 817 € par mois. Sur ses 2 210 € de revenus, il lui reste théoriquement 393 €.
Mais elle a mis en place un virement automatique de 250 € vers un livret A dès réception de son salaire, avant même de commencer à dépenser. « Si je ne le fais pas au premier jour du mois, l’argent disparaît sans que je sache où », confie-t-elle.
Il lui reste donc une marge de sécurité d’environ 143 € par mois, qu’elle laisse filer vers des imprévus ou des achats plaisir non planifiés. Son épargne totale atteint aujourd’hui 4 200 €, objectif : un apport pour un premier achat immobilier dans trois ans.
Contrairement à d’autres profils comme celui détaillé dans le budget d’une manipulatrice radio à Caen, Solène n’a pas d’enfant à charge, ce qui lui laisse une latitude d’épargne rare pour son niveau de salaire.
Le mot de la fin
« Je ne roule pas sur l’or, mais je dors tranquille. Beaucoup de gens de mon âge n’ont aucune épargne, moi j’ai un matelas et un projet », résume Solène. Avec 2 210 € nets, elle se situe légèrement au-dessus du salaire médian français, qui tourne autour de 2 100 € nets pour un temps plein selon l’Insee — un métier de santé stable, loin des paillettes, mais qui paie sa discipline.