Dans les comptes de Corentin, sage-femme hospitalier à Poitiers à 2 490 € nets par mois
Corentin, 29 ans, sage-femme hospitalier à Poitiers, gagne 2 490 € nets par mois. Un métier encore rare chez les hommes, exercé de nuit comme de jour, entre salles de naissance et gardes de 12 heures. Voici comment il répartit chaque euro de son salaire.
Diplômé depuis cinq ans, Corentin travaille au CHU de Poitiers en maternité de niveau 3, celle qui accueille les grossesses à risque. « On me demande souvent si je suis infirmier ou médecin, jamais sage-femme directement », raconte-t-il en souriant. Le métier, pourtant, est un vrai diplôme d’État à part entière, avec des responsabilités que peu de gens soupçonnent.
Un salaire qui grimpe avec les nuits et les gardes
Son salaire de base, en tant que sage-femme de classe normale à l’hôpital public, tourne autour de 2 180 € nets mensuels. Mais ce chiffre ne raconte pas tout : les primes de nuit, de dimanche et de jours fériés viennent gonfler la fiche de paie de façon significative.
Chaque mois, Corentin touche en moyenne 220 € de primes liées aux horaires décalés, auxquelles s’ajoutent 90 € de prime Ségur, revalorisation issue des accords post-Covid pour les personnels hospitaliers. Le total net atteint donc 2 490 €, un montant qui peut varier de 150 à 200 € selon le nombre de gardes de nuit effectuées dans le mois.
« Je fais en moyenne quatre gardes de 12 heures par mois, souvent le week-end », précise-t-il. Ce rythme, exigeant physiquement, explique en partie pourquoi la profession peine à recruter alors que certains métiers du soin connaissent des revalorisations inédites ces dernières années.

Le loyer et les charges qui rongent le début de mois
Corentin loue un T2 de 48 m² dans le quartier de Blossac, à dix minutes à pied du CHU. Le loyer s’élève à 590 € charges comprises, un montant raisonnable comparé aux grandes métropoles.
Son assurance habitation coûte 14 € par mois, et l’électricité, avec le chauffage électrique de l’appartement, grimpe à 75 € en moyenne annualisée. L’eau, incluse dans les charges de copropriété, ne fait pas l’objet d’une facture séparée.
Côté transport, Corentin possède une petite citadine essence pour rejoindre l’hôpital lors des gardes de nuit, quand les bus ne circulent plus. Le crédit auto, contracté il y a deux ans, lui coûte 145 € mensuels, assurance comprise à 38 €.
Son forfait mobile revient à 12,99 €, l’abonnement internet fibre à 25,90 €. Corentin a gardé un abonnement Netflix à 13,49 € et une mutuelle complémentaire obligatoire pour les hospitaliers, prélevée directement à 42 € par mois. Au total, ses charges fixes atteignent environ 955 €, soit 38 % de son salaire.

Ce que les gardes de nuit changent à son budget alimentaire
Travailler en horaires décalés bouleverse les habitudes alimentaires, et donc les dépenses. Corentin dépense environ 260 € par mois en courses, un budget légèrement supérieur à la moyenne car il ne peut pas toujours cuisiner ses repas à l’avance.
« Après une garde de nuit, je n’ai clairement pas envie de cuisiner, donc je craque souvent sur des plats préparés », admet-il. Il ajoute environ 70 € mensuels de restauration rapide ou de plateaux-repas achetés à la cafétéria de l’hôpital.
Les sorties et loisirs représentent un budget de 130 € : cinéma, verres avec des collègues, quelques concerts à Poitiers ou Angoulême. Corentin pratique aussi l’escalade en salle, un abonnement à 35 € par mois qui l’aide à décompresser après les gardes les plus intenses.
L’essence pour les trajets personnels et les visites familiales dans le Limousin lui coûte environ 90 € par mois. Un budget shopping vêtements et équipement sportif, lissé sur l’année, s’élève à 60 €. Les vacances, deux semaines l’été et quelques jours l’hiver, représentent une enveloppe mensuelle épargnée de 100 €.
Un reste à vivre confortable malgré un métier exigeant
Une fois toutes les dépenses fixes et variables déduites, Corentin parvient à mettre de côté environ 325 € chaque mois. Il place cette somme sur un Livret A et un PEL ouvert l’année de son diplôme.
« Je sais que je pourrais épargner davantage, mais les gardes de nuit méritent bien quelques plaisirs pour tenir le rythme », confie-t-il. Son objectif : réunir un apport pour un achat immobilier d’ici trois ou quatre ans, probablement dans l’agglomération de Poitiers.
Il n’a aucun crédit à la consommation en cours, hormis le prêt auto qui se termine dans dix-huit mois. Une fois ce crédit soldé, sa capacité d’épargne mensuelle devrait grimper à près de 470 €.
Le salaire médian net en France se situe autour de 2 100 € par mois selon l’Insee. Avec ses 2 490 € et un rythme de vie maîtrisé malgré des horaires atypiques, Corentin s’en sort clairement mieux que la moyenne, tout en reconnaissant que ce confort se paie en nuits blanches et week-ends sacrifiés.