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Dans les comptes de Séverine, secrétaire comptable à Mâcon à 1 870 € nets par mois

Publié par Mathieu le 12 Juin 2026 à 19:01

Séverine a 41 ans, elle est secrétaire comptable dans un cabinet d’expertise à Mâcon, en Saône-et-Loire. Elle touche 1 870 € nets par mois et élève seule sa fille de 9 ans. Voici comment elle répartit chaque euro de son salaire.

Ce qui tombe sur son compte chaque mois

Le salaire net de Séverine s’établit à 1 870 € versés le 28 de chaque mois. Elle occupe ce poste depuis six ans, après un BTS comptabilité-gestion obtenu à 22 ans. Son ancienneté lui vaut une prime annuelle de 600 €, soit 50 € lissés par mois.

Dans les comptes de Séverine, secrétaire comptable à Mâcon à 1 870 € nets par mois

En tant que mère isolée, elle perçoit 184 € d’allocation de soutien familial versée par la CAF. Les allocations familiales ne s’appliquent pas : il faut au moins deux enfants. Elle touche aussi 68 € d’APL, son loyer restant modeste pour la zone.

Au total, Séverine dispose de 2 172 € par mois pour tout payer. « Sur le papier, ça a l’air correct, mais quand tu poses les chiffres un par un, tu comprends vite que chaque euro est fléché », confie-t-elle.

À titre de comparaison, le seuil de pauvreté en France s’établit autour de 1 200 € pour une personne seule. Séverine se situe au-dessus, mais la réalité d’un parent solo change tout l’équilibre du budget.

Les charges fixes qui partent en premier

Le loyer de son T3 de 62 m² dans le quartier des Blanchettes absorbe 560 € par mois, charges comprises. Après déduction de ses 68 € d’APL, le reste à charge tombe à 492 €. Pour la province, c’est un tarif dans la moyenne — les villes aux loyers les moins chers descendent sous 7 € le mètre carré.

Editorial press photograph illustrating: Dans les comptes de Séverine, secrétaire comptable à Mâcon

L’assurance habitation lui coûte 24 € mensuels. Sa mutuelle santé, indispensable avec une enfant, représente 87 € par mois pour les deux. Le cabinet prend en charge 50 % de la complémentaire de Séverine, mais la part de sa fille reste entièrement à sa charge.

Côté transports, elle utilise sa Renault Clio de 2017 pour aller au bureau, situé à 8 km. L’assurance auto revient à 52 € par mois. L’essence lui coûte environ 75 € — un plein et demi, principalement pour le trajet domicile-travail et les courses.

Les abonnements numériques s’accumulent discrètement. Internet fixe : 30 €. Forfait mobile : 15 €. Netflix : 13,50 €. Un abonnement Disney+ à 5,99 € « surtout pour la petite ». Total écrans et connexion : 64,50 € par mois.

La cantine scolaire de sa fille revient à 72 € mensuels au tarif social. L’assurance scolaire ajoute 3 €. Séverine paie aussi 45 € par mois pour le centre de loisirs du mercredi après-midi, puisqu’elle travaille ce jour-là.

Le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu s’élève à 38 € par mois, grâce à la demi-part supplémentaire liée à son statut de parent isolé. En additionnant toutes les charges fixes, on atteint 943,50 €. Presque la moitié de ses ressources totales disparaît avant même d’avoir acheté un litre de lait. Mais c’est dans les dépenses variables que le budget se tend vraiment.

Courses, sorties et tout le reste

Séverine consacre 380 € par mois aux courses alimentaires pour deux. Elle alterne entre Lidl pour les basiques et le marché de Mâcon le samedi matin pour les fruits, légumes et fromages. « Je fais mes menus le dimanche soir. Sans ça, je dépasserais les 450 € facile. »

Les magasins de destockage alimentaire lui permettent parfois de grappiller quelques euros sur les produits laitiers. Chaque semaine, elle vise un caddie à 80 € maximum, courses d’hygiène comprises.

Les repas à l’extérieur restent exceptionnels : un fast-food avec sa fille un samedi sur deux, rarement plus de 25 € la sortie. Budget mensuel resto : 50 €. Pour les sorties loisirs — cinéma, piscine municipale, balade —, Séverine alloue 40 € par mois.

L’habillement pour deux pèse environ 60 € mensuels en moyenne lissée. « Pour moi, c’est Kiabi ou Vinted. Pour ma fille, ça pousse tellement vite que Vinted, c’est devenu un réflexe. » Séverine estime qu’elle dépense deux tiers de ce budget pour sa fille.

Les frais de santé non remboursés — dentiste, optique, médicaments — représentent environ 25 € par mois lissés sur l’année. L’an dernier, une paire de lunettes pour sa fille a coûté 180 € dont 90 € de reste à charge, même avec la mutuelle.

Petit poste souvent oublié : les fournitures scolaires, cadeaux d’anniversaire pour les copines, photos de classe. Séverine estime ce « budget invisible » à 30 € mensuels. Au total, les dépenses variables atteignent 585 €. Reste à savoir si cette mère solo arrive à mettre quoi que ce soit de côté.

Ce qu’il reste quand tout est payé

Ressources totales : 2 172 €. Charges fixes : 943,50 €. Dépenses variables : 585 €. Le solde théorique en fin de mois s’établit à 643,50 €. Sur le papier, ça respire. En réalité, Séverine nuance immédiatement.

D’abord, il y a un crédit auto en cours : 145 € par mois, encore pendant 18 mois, contracté pour remplacer sa précédente voiture tombée en panne. Ensuite, elle provisionne 80 € chaque mois sur un Livret A qui affiche aujourd’hui 4 200 €. « C’est mon matelas de sécurité. Si la machine à laver lâche, je ne veux pas paniquer. »

Pour les vacances, elle met 60 € de côté chaque mois. L’été dernier, ça a financé une semaine en camping dans l’Ardèche à 680 €, transport compris. « Ma fille en parle encore. Pour moi, c’est le poste non négociable. »

Le vrai reste à vivre — après crédit, épargne et provision vacances — tombe à 358,50 €. C’est là que se logent les imprévus : la visite chez le garagiste, le cadeau de Noël un peu plus cher, le contrôle technique. Certains mois, Séverine finit à 50 € près. D’autres, elle pioche 100 € dans son Livret A avant de les remettre le mois suivant.

Aucun investissement en vue pour l’instant. Elle n’a ni assurance-vie ni PEL. « Je sais que je devrais penser à plus tard, mais quand tu gères seule un enfant, « plus tard » c’est le mois prochain. » L’achat immobilier reste un rêve lointain : avec moins de 2 000 € de salaire et un statut monoparental, la capacité d’emprunt plafonne autour de 75 000 €.

Pour comparaison, une professeure des écoles à Quimper à 2 190 € nets dispose de 320 € de plus chaque mois — un écart qui, sur un an, représente presque 4 000 €. À l’inverse, une aide à domicile à 1 520 € jongle avec 350 € de ressources en moins.

Le salaire médian en France tourne autour de 2 100 € nets. Séverine se situe donc 230 € en dessous. Mais dans une ville comme Mâcon, où le coût de la vie reste contenu, elle parvient à maintenir un équilibre fragile.

« Je ne me plains pas. Mais je ne me fais pas plaisir non plus. Mon luxe, c’est que ma fille ne manque de rien. Le reste, j’ai appris à m’en passer. »

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