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Dans les comptes de Fabienne, standardiste dans une clinique de Poitiers à 1 890 € nets par mois

Publié par Mathieu le 17 Sep 2026 à 19:01

Fabienne, 44 ans, travaille depuis huit ans comme standardiste dans une clinique privée de Poitiers. Elle gère les appels entrants, oriente les patients et jongle avec les plannings des chirurgiens. Divorcée, elle élève seule sa fille de 13 ans et touche 1 890 € nets chaque mois.

« Les gens pensent que je réponds juste au téléphone, mais je gère des urgences, des familles paniquées, des chirurgiens à cheval sur les horaires », raconte-t-elle. Voici comment elle répartit chaque euro qui tombe sur son compte.

Un salaire stable, mais sans grandes surprises

Fabienne perçoit 1 780 € nets de salaire de base, versés par la clinique où elle est en CDI depuis 2018. S’y ajoute une prime d’ancienneté de 60 € mensuels, actée dans la convention collective de l’établissement.

Elle touche aussi la prestation compensatoire pour sa fille : 50 € par mois, versés par son ex-conjoint via un accord amiable homologué. Le total atteint donc 1 890 € nets mensuels, un montant fixe qu’elle connaît à l’euro près depuis des années.

« Ce qui me rassure, c’est la régularité. Je sais exactement ce qui tombe chaque mois, pas de mauvaise surprise », confie-t-elle. Un confort psychologique qui ne suffit pourtant pas à effacer la tension sur certains postes du budget.

Standardiste médicale souriante avec casque au bureau

Le loyer et les charges fixes qui plombent le compte dès le 3 du mois

Fabienne loue un T3 de 62 m² dans le quartier de Bellejouanne à Poitiers, pour 620 € charges comprises. Un montant qu’elle juge « correct pour la ville, mais qui pèse lourd sur un seul salaire ».

L’électricité et le gaz lui coûtent 95 € par mois en moyenne, lissés sur l’année via un prélèvement mensuel EDF. Son assurance habitation s’élève à 14 €, et sa mutuelle santé, indispensable avec un enfant, grimpe à 58 €.

Côté téléphonie et internet, elle a regroupé ses abonnements chez le même opérateur pour 34 € mensuels. L’abonnement de bus TAN, qu’elle utilise pour aller travailler, lui coûte 30 € par mois grâce au tarif réduit lié à ses revenus modestes.

Elle rembourse également un petit crédit conso de 1 800 € contracté pour remplacer son lave-linge et financer la rentrée scolaire de sa fille : 75 € par mois pendant encore dix-huit mois. « Ce crédit, je le sens passer. Il me plombe un peu chaque fin de mois », admet-elle.

Au total, les charges fixes de Fabienne atteignent 926 € par mois, soit près de 49% de son revenu net. Un chiffre qui laisse peu de marge pour le reste, justement là où les dépenses variables entrent en jeu.

Femme comptant ses factures et son budget à table

Les courses, les activités de sa fille et les petits plaisirs comptés

Pour l’alimentation, Fabienne dépense environ 320 € par mois pour elle et sa fille, en faisant ses courses principalement chez Lidl et au marché des Couronneries le samedi matin. « Je fais attention, mais je refuse de me priver sur la qualité de ce qu’on mange », précise-t-elle.

Sa fille pratique la danse deux fois par semaine, ce qui représente 35 € mensuels de cotisation associative. S’ajoutent les fournitures scolaires et les vêtements qui grandissent vite, lissés à 60 € par mois sur l’année.

Fabienne s’autorise un budget essence de 55 € pour sa vieille Clio, utilisée le week-end pour les trajets que le bus ne couvre pas. Elle consacre aussi 40 € aux sorties, souvent un cinéma mère-fille ou un resto rapide en centre-ville.

Le shopping personnel reste minimal : 30 € par mois pour des vêtements ou des produits de beauté, achetés en soldes la plupart du temps. « Je ne me fais quasiment jamais plaisir pour moi, c’est toujours pour elle en premier », lâche-t-elle.

Les vacances, elle les lisse à 45 € par mois sur un compte dédié, pour financer une semaine chez sa sœur en Vendée l’été. Le budget variable total grimpe ainsi à 585 € mensuels, un montant serré mais tenable avec de la rigueur.

Un équilibre fragile mais assumé

Une fois les 926 € de charges fixes et les 585 € de dépenses variables déduits, il reste à Fabienne environ 379 € en fin de mois. Une somme qu’elle tente de mettre de côté, sans toujours y parvenir.

« Je sais que je devrais épargner plus, mais avec une ado qui grandit, il y a toujours une dépense imprévue », reconnaît-elle. Elle vise 100 € d’épargne automatique chaque mois sur un Livret A, le reste servant de matelas de sécurité.

Son projet à moyen terme : changer de voiture d’ici deux ans, une fois le crédit conso soldé. Elle espère aussi, à terme, viser un poste de coordinatrice administrative dans la clinique, avec une revalorisation salariale à la clé.

Le salaire médian en France tourne autour de 2 100 € nets mensuels selon l’Insee. Fabienne se situe donc légèrement en dessous, dans une zone où chaque euro compte mais où la vie reste tenable avec de l’organisation.

« On ne roule pas sur l’or, mais on ne manque de rien d’essentiel. C’est déjà beaucoup », résume-t-elle avec un sourire fatigué mais serein. Un budget à comparer avec celui de Brenda, auxiliaire de vie à Limoges, ou encore celui de Solange, factrice à Auxerre, pour mesurer les écarts entre métiers aux revenus proches.

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