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Dans les comptes de Delphine, technicienne de maintenance en laiterie à Saint-Lô à 2 140 € nets par mois

Publié par Mathieu le 03 Nov 2026 à 19:01

Delphine, 38 ans, est technicienne de maintenance dans une laiterie de Saint-Lô, dans la Manche. Elle gagne 2 140 € nets par mois et élève seule un garçon de 9 ans, Mathis.

Son quotidien : des machines qui tournent toute la semaine, des alarmes à 5 h du matin et un budget qu’elle suit à l’euro près. Voici comment elle répartit chaque euro, et le poste qui lui coûte le plus cher n’est pas celui que l’on croit.

Un salaire qui dépend des horaires décalés

Delphine touche un salaire de base de 1 870 € nets, après neuf ans d’ancienneté dans l’usine. Elle y ajoute une prime d’astreinte et de travail en horaires décalés qui représente environ 270 € nets par mois, un peu plus l’été, quand la collecte de lait grimpe.

Son total atteint donc 2 140 € nets. La pension alimentaire versée par le père de Mathis ajoute 150 € mensuels, ce qui porte son budget réel à 2 290 €.

Technicienne de maintenance inspectant une machine en laiterie

« Sans la prime, je serais à peine au-dessus du Smic », confie-t-elle. Cette prime, pourtant, la prive parfois de ses week-ends, et c’est un arbitrage qu’elle refait chaque mois.

À cela s’ajoutent les allocations familiales (aucune pour un seul enfant) et une aide de la CAF de 62 € au titre de l’allocation de soutien familial complémentaire. Le compte est vite fait, et il laisse peu de marge. Voyons où part l’argent.

Ces dépenses qui tombent avant même la première course

Premier poste, le loyer : 640 € pour un trois-pièces avec petit jardin dans une résidence de la périphérie de Saint-Lô, charges comprises. Elle touche 118 € d’APL, ce qui ramène le coût réel à 522 €.

L’électricité et le chauffage s’élèvent à 135 € par mois, lissés sur l’année. L’assurance habitation coûte 19 €, l’internet et le forfait mobile 42 € à eux deux.

Vient ensuite la voiture, indispensable quand on commence à 5 h 30 et qu’aucun bus ne passe. Delphine paie 158 € d’assurance auto, 14 € d’entretien lissé et un crédit de 215 € pour une citadine de 2021 qu’elle remboursera encore pendant deux ans.

Femme faisant ses comptes sur une table de cuisine

La mutuelle d’entreprise ne lui coûte que 36 € pour elle et son fils. Les impôts ? Elle est prélevée à la source à hauteur de 48 € par mois, grâce à la demi-part supplémentaire pour parent isolé.

Total des charges fixes : environ 1 285 €, soit plus de la moitié de ses revenus. Et pourtant, ce n’est pas là que son budget souffre le plus.

Le poste qui fait déraper le mois

Les courses alimentaires pèsent 340 € par mois pour deux. Delphine cuisine presque tout, congèle en quantité et fait le plein de produits laitiers avec le prix du personnel de l’usine : un détail qui lui fait économiser près de 30 € mensuels.

Le carburant s’élève à 105 €, avec 28 kilomètres aller-retour par jour. Elle consacre 60 € aux vêtements de Mathis, qui grandit plus vite que son budget, et 25 € à ses propres achats.

Reste le vrai gouffre : les activités et la garde de Mathis. Le centre de loisirs du mercredi et des vacances, ajouté au foot, au périscolaire et à la cantine, atteint 195 € par mois en moyenne.

« Pendant mes astreintes, je dois payer quelqu’un pour garder mon fils, et ça, personne n’y pense », explique-t-elle. La nounou occasionnelle lui coûte à elle seule 70 € mensuels, mais c’est le prix de sa tranquillité.

Elle s’accorde 45 € de sorties et de restaurant, une pizza le vendredi avec Mathis, une sortie cinéma de temps en temps. Les vacances d’été, elles, sont lissées à 90 € par mois : une semaine en gîte en Bretagne, tout au plus.

Ce qui reste à la fin du mois, et pourquoi elle y tient

Additionnons : 1 285 € de charges fixes, 340 € de courses, 105 € de carburant, 85 € d’habillement, 195 € d’activités et de garde, 45 € de sorties, 90 € de vacances. Cela fait 2 145 €.

Avec 2 290 € de revenus, il lui reste environ 145 € chaque mois. Elle en place 100 € sur un Livret A, le reste servant de tampon pour les imprévus : une panne de chaudière, une réparation de voiture.

Son épargne totale atteint 4 300 €, de quoi tenir un peu plus de deux mois en cas de coup dur. Son crédit auto s’achève en 2026, ce qui libérera 215 € qu’elle destine déjà à un apport pour acheter un jour.

« Je sais que je devrais épargner plus, mais avec un enfant, il y a toujours quelque chose. Je ne me plains pas : j’ai un CDI, un toit, et mon fils ne manque de rien. »

Pour situer son cas, le salaire net médian en France tourne autour de 2 100 € par mois. Delphine se situe donc pile dans la moyenne, ce qui rend son équilibre d’autant plus fragile : un seul grain de sable suffit à dérégler la mécanique.

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