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Climatiseurs Lidl à 179 € : ils sont déjà revendus une fortune en ligne

Publié par Mathieu le 03 Juil 2026 à 13:15
Foule se pressant devant des cartons de climatiseurs en magasin

Ce jeudi 2 juillet, Lidl a mis en rayon 200 000 ventilateurs et climatiseurs, dont le fameux modèle mobile Tronic « 3 en 1 » vendu 179 euros. La ruée a viré au chaos dans plusieurs magasins de l’Hexagone, entre bousculades et disputes filmées par des clients excédés. Quelques heures plus tard à peine, ces mêmes appareils réapparaissaient déjà en ligne, revendus jusqu’à quatre fois leur prix d’origine.

Une ruée chaotique dans les magasins Lidl

Climatiseur mobile encore emballé dans son carton d'origine

Les images ont circulé toute la journée sur les réseaux sociaux : longues files d’attente dès l’aube, clients qui se bousculent, parfois se battent, pour repartir avec un climatiseur Tronic. À Bayonne, Raphaël, 19 ans, faisait partie des trois clients chanceux de son magasin. Arrivé à 7 heures, il a assisté à des scènes tendues. « Des gens voulaient se battre, d’autres pleuraient… On a dû aider à les séparer », raconte-t-il.

Cette panique s’explique par un contexte météo particulier : la France sort tout juste d’un épisode caniculaire historique, et une nouvelle vague de chaleur est déjà annoncée. Lidl a justifié la pénurie par son cycle de commande : les produits sont achetés un an à l’avance, avec un arrivage fixe chaque jeudi, à prix constant. Un système rigide qui ne colle pas avec l’urgence climatique du moment, comme le montre aussi la rupture de stock généralisée des ventilateurs partout en France.

Des climatiseurs à 179 euros revendus jusqu’à 700 euros

Sur Le Bon Coin et Facebook Marketplace, les annonces ont fleuri dans l’heure. Le climatiseur Tronic, encore emballé dans son carton d’origine, se négocie désormais entre 349 et 700 euros selon les vendeurs. Raphaël, lui, a mis le sien en vente à 460 euros. « Je n’achetais pas pour la revendre, mais quand j’ai vu que ça pouvait se revendre, j’ai voulu le faire », explique-t-il, disant avoir reçu une centaine de messages depuis la publication de son annonce.

À Rennes, un autre vendeur affiche 590 euros et assume sans détour : « J’en ai besoin. Donc si quelqu’un met le prix tant mieux pour lui, sinon je le garde. On est tous dans la même galère. » À Toulouse, la demande est décrite comme « plus qu’élevée », l’appareil s’y écoule à 620 euros. Ce phénomène de spéculation rappelle celui déjà observé autour des précédentes ruptures de stock chez Lidl, où le patron de l’enseigne avait lui-même reconnu que le stock pourrait ne jamais revenir à temps.

Une marge assumée sans complexe par les revendeurs

Interrogé sur sa belle plus-value, un vendeur moins gourmand, qui propose son appareil à 349 euros négociables jusqu’à 330 euros, tranche sans détour : « Tout commerçant est libre d’appliquer sa marge. Quand j’achète un article je ne m’occupe pas de la marge du vendeur mais de mon confort à moi. » Un raisonnement partagé par un autre vendeur contacté par Le Parisien, qui a réussi à obtenir deux modèles ce jeudi matin et en a déjà revendu un pour 380 euros.

Face à la polémique, Lidl France a réagi en disant « déplorer les incidents intervenus dans ses magasins », précisant que ses salariés « ont eu à gérer des tensions, dans un climat parfois difficile ». L’enseigne n’a en revanche pas commenté la revente spéculative de ses produits, un phénomène qui rappelle d’autres tensions récentes autour des équipements anti-chaleur, comme ce climatiseur mobile à moins de 160 euros qui avait déjà fait le buzz avant la première canicule de juillet. Reste que l’efficacité de ces appareils mobiles divise, entre pollution générée et air chaud rejeté à l’extérieur.

Un climatiseur acheté 179 euros à l’aube, revendu 700 euros avant midi : la canicule aura au moins révélé un marché parallèle bien rodé. Reste à savoir combien de temps ce trafic tiendra une fois la prochaine vague de chaleur passée.

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