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Gazole à 0,798 € : ce bug à la pompe Carrefour va-t-il forcer les clients à rembourser ?

Publié par Elsa Lepic le 07 Juil 2026 à 9:20
Pompe à essence de nuit avec affichage prix lumineux

Un panneau qui affiche presque 2 euros dehors, mais une pompe qui facture trois fois moins cher. C’est le genre de scène qui n’arrive normalement qu’en rêve pour un automobiliste. Sauf qu’à Thiberville, dans l’Eure, ça s’est vraiment produit. Reste une question qui plane depuis : les clients chanceux vont-ils devoir remettre la main au portefeuille ?

Un soir ordinaire dans l’Eure, un prix qui n’a aucun sens

Tout commence comme une soirée banale dans une station Carrefour de Thiberville. Le magasin vient de fermer, la cuve de gazole a été fraîchement remplie. Rien ne laisse présager l’anomalie qui va suivre.

Sur le panneau extérieur, le prix reste stable, aux alentours de 2 euros le litre, un tarif classique en 2026. Mais au moment de payer, la pompe affiche un tout autre montant : 0,798 € le litre. Soit le tarif habituellement réservé à l’E85, un carburant nettement moins taxé.

La nouvelle se propage vite. Les automobilistes affluent, certains font demi-tour en pleine route en apprenant l’aubaine. En quelques heures, plusieurs centaines de litres partent à prix cassé, sans que personne à la station ne s’en aperçoive immédiatement.

Ce genre d’incident technique rappelle d’autres bugs informatiques retentissants, comme cet algorithme d’un concessionnaire BMW qui avait proposé une offre délirante à un client. Sauf qu’ici, ce n’est pas une intelligence artificielle qui est en cause, mais une défaillance bien plus terre à terre.

6 000 euros de préjudice et une origine encore floue

Alertée par l’affluence inhabituelle en pleine soirée, la direction du magasin finit par réagir. Les tarifs normaux sont rétablis, mais le mal est fait : le préjudice est estimé à environ 6 000 euros pour l’enseigne, selon les sources locales.

Reste à comprendre d’où vient cette erreur. Problème technique sur les pompes, mauvaise manipulation après une maintenance récente, défaillance logicielle : toutes les hypothèses sont sur la table, sans certitude officielle pour l’instant.

Le timing intrigue particulièrement les observateurs. L’anomalie survient après la fermeture du magasin, sur une cuve tout juste remplie, un scénario qui laisse penser à un couac technique plutôt qu’à une fraude organisée. Ce genre d’imprévu numérique n’est pas isolé : d’autres commerces ont déjà connu des dysfonctionnements techniques inattendus qui bouleversent temporairement leur activité.

Pour les automobilistes présents ce soir-là, l’aubaine a des allures de jackpot. Mais dans l’ombre, une bataille juridique bien plus complexe se dessine déjà.

Automobiliste surpris au volant devant une station-service

La notion d' »erreur manifeste » qui change tout

C’est ici que la situation devient réellement intéressante. Le Code de la consommation protège en théorie les clients face à un écart entre le prix affiché et le montant réellement payé, en leur permettant de bénéficier du tarif le plus avantageux.

Mais cette règle a une limite bien connue des juristes : la notion d' »erreur manifeste ». Si un prix est tellement aberrant qu’aucun client raisonnable ne pourrait croire à sa véracité, l’enseigne peut refuser de l’appliquer. L’exemple classique, c’est un carburant affiché à 0,01 € le litre.

Or ici, le cas de Thiberville est bien plus nuancé. Le prix de 0,798 € n’a rien d’extraterrestre : il correspond exactement au tarif de l’E85 pratiqué dans cette même station. Ce n’est donc pas une aberration totale, comme un couple de retraités l’a récemment vécu avec une erreur d’abonnement à 9 000 euros, mais un chiffre qui existe déjà ailleurs dans la station.

Résultat, la qualification d’erreur manifeste devient discutable. Un client aurait très bien pu croire, de bonne foi, à une promotion exceptionnelle sur le gazole plutôt qu’à un bug informatique. Cette zone grise juridique complique considérablement la position de Carrefour si l’enseigne souhaitait réclamer un remboursement.

Pour l’instant, rien n’indique que les automobilistes concernés devront rembourser quoi que ce soit. Mais l’enseigne pourrait, en théorie, tenter une démarche si elle estime que le tarif était clairement anormal aux yeux de la loi.

Un bug, une pompe, et 6 000 euros envolés en une soirée : voilà comment une simple défaillance technique peut transformer un plein d’essence en petite loterie inattendue. Reste à savoir si Carrefour tentera vraiment de récupérer son dû, ou si cette anomalie restera gravée comme la meilleure soirée de l’année pour quelques automobilistes chanceux de l’Eure.

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