Les 8 métiers où les Français partent le plus tard à la retraite : le n°1 dépasse 67 ans
L’âge moyen de départ à la retraite en France tourne autour de 63 ans. Mais dans certaines professions, cette moyenne explose complètement. Certains actifs travaillent 5, parfois 7 ans de plus que le reste des Français, souvent sans l’avoir choisi.
On a fouillé les données de la DREES et de la CNAV pour établir ce classement. Spoiler : le métier en tête de liste n’a rien d’un poste de bureau tranquille, et sa moyenne d’âge de départ dépasse allègrement les 67 ans.

Les positions 8 à 6 : quand le statut retarde tout
À la 8e place, on trouve les professions libérales de santé : médecins généralistes et spécialistes en cabinet. Leur âge moyen de départ atteint 65,3 ans selon la CARMF, la caisse de retraite des médecins.
La raison est simple : beaucoup n’ont pas de remplaçant et craignent de laisser leurs patients sans suivi. D’autres continuent tout simplement parce que leur activité reste rentable et qu’ils aiment leur métier.
En 7e position, les architectes affichent une moyenne de 65,6 ans. Le statut d’indépendant joue un rôle clé : sans employeur pour fixer une date couperet, beaucoup repoussent l’échéance année après année.
La 6e place revient aux avocats, avec un départ moyen à 65,9 ans selon la Caisse nationale des barreaux français. Certains cabinets fonctionnent encore sur un système où l’associé senior transmet progressivement sa clientèle, ce qui l’incite à rester en poste plus longtemps.
Ces trois métiers partagent un point commun : l’indépendance professionnelle. Mais la suite du classement va révéler des profils bien plus surprenants.
Les positions 5 à 3 : des métiers auxquels on ne pense jamais
À la 5e place, on retrouve les exploitants agricoles, avec un âge moyen de départ de 66,1 ans selon la Mutualité sociale agricole (MSA). Beaucoup transmettent leur exploitation très progressivement à un enfant ou un repreneur.

Certains agriculteurs continuent même après leur départ officiel, en gardant un rôle de conseil ou en exploitant une petite parcelle. La notion de retraite complète n’existe presque pas dans ce secteur.
La 4e place surprend davantage : les pharmaciens titulaires d’officine partent en moyenne à 66,4 ans. Posséder son officine change la donne : vendre son fonds de commerce prend du temps, parfois plusieurs années de négociation.
En 3e position, les notaires affichent 66,8 ans de moyenne selon les données du Conseil supérieur du notariat. La cession d’une étude notariale est un processus long et encadré, qui pousse mécaniquement à retarder le départ effectif.
On approche du sommet du classement, et les deux dernières positions vont clairement à contre-courant de ce qu’on imagine.
La 2e place : ni médecin, ni avocat
À la 2e place du classement, on trouve les exploitants de commerces de proximité : boulangers, bouchers, petits commerçants indépendants. Leur âge moyen de départ atteint 67,2 ans selon les chiffres de la Sécurité sociale des indépendants.
La raison tient en un mot : la transmission. Trouver un repreneur pour une boulangerie ou une boucherie de village devient de plus en plus difficile, faute de candidats.
Résultat, beaucoup de commerçants restent derrière leur comptoir bien après l’âge légal, faute d’alternative. Certains le font par choix, d’autres par nécessité économique pure.
Et le numéro 1 du classement ? Il ne s’agit ni d’un médecin, ni d’un chef d’entreprise, mais d’une profession que presque personne ne coche spontanément.
Le n°1 : un métier auquel personne ne pense
En tête du classement, on retrouve les prêtres et ministres du culte, avec un âge moyen de départ en activité de 67,8 ans. Ce chiffre, documenté par plusieurs études sur les carrières ecclésiastiques, dépasse tous les autres métiers du classement.
La raison est structurelle : dans de nombreux diocèses catholiques, la pénurie de vocations oblige les prêtres en poste à rester actifs bien au-delà de 65 ans, faute de relève suffisante.
Certains continuent d’exercer une partie de leur ministère jusqu’à 75 ou 80 ans, sans jamais connaître de vraie cessation d’activité au sens administratif du terme. La notion même de « retraite » n’existe pas vraiment dans ce cadre.
Ce résultat illustre un phénomène plus large : quand une profession souffre d’un manque de remplaçants, l’âge de départ grimpe mécaniquement, quel que soit le secteur concerné.
Une tendance qui dépasse largement ces 8 métiers
Ce classement révèle un point commun frappant : la majorité des métiers concernés sont des professions indépendantes ou libérales. Sans employeur pour fixer une date de départ, la transition devient progressive, parfois interminable.
La question des revenus à la retraite pèse aussi dans la balance pour beaucoup de ces professionnels, qui préfèrent lisser leur transition financière plutôt que de basculer brutalement.
À l’inverse, d’autres choix de vie après la carrière montrent que certains retraités préfèrent tout changer une fois l’activité terminée, plutôt que de la prolonger indéfiniment.
Alors, tu avais deviné que les prêtres arriveraient en tête de ce classement ? La réponse a de quoi surprendre, et elle rappelle surtout une réalité simple : derrière chaque âge de départ se cache une histoire de transmission, réussie ou non.