Retraites : cette proposition choc veut plafonner les pensions à 5 000 € par mois

Report de l’âge légal, allongement de la durée de cotisation, retraite par capitalisation : les candidats à la présidentielle multiplient les propositions pour combler le déficit des retraites. Mais si la solution ne venait pas d’en haut ? Un lecteur du Nord avance une idée radicalement différente, qui inverse totalement la logique habituelle. Elle pourrait changer la donne pour des milliers de pensions élevées.
Un débat présidentiel verrouillé sur les mêmes solutions
Depuis plusieurs semaines, la campagne présidentielle tourne autour d’un même axe : faire travailler plus longtemps ou cotiser davantage. Édouard Philippe et Bruno Retailleau évoquent un âge de départ repoussé à 66,5 ans, tandis que Gabriel Attal propose carrément sa suppression. François Hollande, lui, mise sur l’allongement de la durée de cotisation.
D’autres pistes circulent, comme la désindexation des pensions sur l’inflation portée par Sébastien Lecornu, ou l’introduction d’une dose de capitalisation défendue notamment par Philippe Brun. Ces propositions ont en commun de reproduire une logique libérale classique face à la décroissance démographique, sans jamais interroger les écarts de pensions entre retraités.
C’est précisément ce point que conteste Laurent Opsomer, lecteur d’Ouest-France, dans le Courrier des lectrices et des lecteurs. Pour lui, la retraite doit avant tout garantir la cohésion sociale, pas prolonger fidèlement les inégalités de salaires accumulées pendant la carrière.
La proposition : un « maximum retraite » calqué sur le minimum existant
L’idée est simple sur le papier : il existe déjà un minimum contributif (Mico), fixé à 903,93 € bruts par mois en 2026, en dessous duquel une pension ne peut légalement descendre. Pourquoi ne pas créer symétriquement un plafond ?
Le lecteur avance plusieurs seuils possibles. Un plafonnement à 5 000 € bruts mensuels serait qualifié d’acceptable, tandis qu’un seuil symbolique à 9 000 € correspondrait exactement à dix fois le montant minimum retraite actuellement en vigueur.
Ce plafond ne viserait que les pensions obligatoires cumulées, c’est-à-dire la retraite de base additionnée aux complémentaires comme l’Agirc-Arrco. L’épargne privée, elle, resterait totalement épargnée par cette mesure. Une nuance essentielle qui distingue cette proposition d’une simple confiscation des hauts revenus.

Le volet fiscal qui change vraiment la donne
Au-delà du plafond lui-même, c’est le second volet de la proposition qui frappe le plus. Le lecteur suggère de coupler ce « maximum retraite » à une réforme fiscale ciblant tous les pensionnés, pas seulement les plus aisés.
Concrètement, il propose de remplacer l’abattement fiscal de 10 % dont bénéficient actuellement tous les retraités par un forfait bloqué à 2 000 €. Ce mécanisme changerait mécaniquement la donne : les petites pensions y gagneraient proportionnellement plus, les plus élevées perdraient un avantage jusqu’ici calculé en pourcentage sans plafond.
C’est là que réside le vrai twist de cette proposition citoyenne : elle ne se contente pas de plafonner les montants les plus élevés, elle rééquilibre aussi la fiscalité de l’ensemble des retraités. Un mécanisme qui pourrait faire perdre certains avantages aux pensions les plus confortables, tout en préservant les petites retraites qui profitent aujourd’hui peu de l’abattement actuel.
Aucun candidat n’a pour l’instant repris cette idée à son compte. Elle reste, pour l’heure, une proposition citoyenne parmi d’autres soumises au débat public.
Plafonner les pensions plutôt que reculer l’âge de départ : l’idée dérange autant qu’elle interroge sur ce que doit vraiment garantir une retraite. Et vous, accepteriez-vous un maximum retraite si cela protégeait les petites pensions ?