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« Je mets jusqu’à 500 euros d’essence par mois » : dans le Lot, ces habitants au bord du gouffre

Publié par Mathieu le 17 Sep 2026 à 14:04
Automobiliste inquiet devant une pompe à essence

À Cahors, dans le Lot, les compteurs des pompes à essence tournent de plus en plus vite depuis la rentrée. Les prix du carburant frôlent les 2,30 € le litre, et pour beaucoup d’habitants, la voiture reste indispensable faute d’alternative. Entre stations mal approvisionnées et budgets qui craquent, certains racontent une angoisse grandissante face à la facture.

Un département où la voiture n’est pas un choix

Dans le Lot, impossible d’échapper au trajet en voiture. Les transports en commun sont rares, souvent en retard, et les distances entre domicile et travail s’allongent vite. À Cahors, ce lundi 14 septembre, les automobilistes regardaient les prix grimper avec une lassitude teintée d’exaspération. Cette flambée s’inscrit dans un contexte national où la hausse du carburant touche déjà 18,5% des stations françaises.

Martine Chupario, quadragénaire de Boissières, a fini par renoncer à sa voiture pour rejoindre son bureau dans le centre-ville de Cahors. 40% de son salaire partait dans l’essence, en plus du loyer et des assurances. Elle a choisi les transports en commun, malgré les contraintes d’horaires. D’autres n’ont pas cette possibilité, à l’image de Léonore, infirmière libérale de 29 ans à Souillac, obligée de multiplier les trajets chez ses patients. Certains automobilistes cherchent déjà des réflexes pour faire baisser la facture avant l’hiver.

Des familles qui craquent sous la pression du budget

Pour Laura Renbalard, 33 ans, mère célibataire à Saint-Céré, la reprise du travail après l’été a été un choc. Elle dépense environ 90 € chaque semaine en essence depuis un mois. « J’ai l’impression que je ne travaille plus pour vivre, mais pour survivre », confie-t-elle, expliquant être à découvert tous les mois depuis cette rentrée.

Bruno Gédert, père de famille de 47 ans à Gramat, parcourt 114 kilomètres par jour pour emmener ses fils au lycée et se rendre au travail. Sa famille a dû restreindre ses vacances d’été à la mer cette année. Il envisage désormais de changer de véhicule pour une voiture électrique, faute de solution avec les transports, jugés trop chers ou trop peu fiables. Certains automobilistes se tournent aussi vers des outils comme cette option cachée de Google Maps censée réduire la consommation, tandis que d’autres surveillent chaque jour les prix les moins chers près de chez eux.

Compteur de pompe à carburant en zone rurale

« Je ne sais pas comment je vais m’en sortir »

Le témoignage le plus marquant vient de Jean-Claude, retraité de Cabrerets, qui rend visite chaque jour à son père de 93 ans hospitalisé à Cahors. « Je mets jusqu’à 500 euros d’essence par mois, et si ça continue d’augmenter, je ne sais comment je vais m’en sortir », confie-t-il, une inquiétude partagée par de nombreux retraités aux pensions modestes.

Son fils Dorian, 28 ans, qui l’accompagnait à la station-service, a lui-même quitté son emploi dans une usine au Montat. Il explique avoir réalisé qu’il perdait de l’argent plutôt que d’en gagner, une fois le carburant déduit de son salaire. « Il faut vraiment que le gouvernement se penche sur cette question », lâche-t-il, résumant le sentiment général des habitants du Lot face à cette situation qui s’éternise.

Ces témoignages illustrent une réalité vécue par des milliers de foyers ruraux, où la voiture reste le seul moyen d’accéder au travail, aux soins ou à l’école. Certains commentateurs pointent aussi le choix de vivre loin des centres-villes pour éviter certaines taxes, un arbitrage qui se paie aujourd’hui plein pot à la pompe.

Entre pensions modestes, salaires rognés et distances imposées par la géographie du Lot, la hausse du carburant agit comme un révélateur brutal des fragilités du quotidien. Reste une question qui hante désormais chaque plein d’essence : jusqu’où ces familles pourront-elles encore tenir ?

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