Carburant trop cher : cette circulaire du gouvernement demande à des millions de fonctionnaires de télétravailler plus

Le plein d’essence brûle le budget des ménages français depuis le début de la guerre d’Iran. Face à cette flambée, le gouvernement vient de dégainer une mesure aussi concrète qu’inattendue : pousser massivement les agents de la fonction publique vers le télétravail. Une circulaire signée par le ministre David Amiel détaille les nouvelles consignes, et certaines vont bien au-delà d’une simple recommandation.
Pourquoi le gouvernement relance le télétravail en pleine crise du carburant
Depuis que le conflit au Moyen-Orient a propulsé le baril à des sommets, les prix à la pompe dépassent régulièrement les 2 € le litre en France. Les trajets domicile-bureau pèsent de plus en plus lourd, surtout pour les agents qui utilisent leur véhicule personnel. C’est dans ce contexte que le ministre de l’Action et des Comptes publics a envoyé début mai une circulaire aux administrations. Le message est limpide : « réduire immédiatement les déplacements professionnels évitables ».
Concrètement, toutes les réunions pouvant se tenir à distance doivent l’être. Les déplacements physiques sont désormais réservés aux seules missions qui « conditionnent directement la continuité de l’action de l’État ». L’idée n’est pas nouvelle — on se souvient tous du basculement brutal de mars 2020 — mais cette fois, le levier est économique, pas sanitaire. Le gouvernement cherche à limiter le coût de la crise pour chaque foyer sans creuser davantage les finances publiques.
Jusqu’à 3 jours par semaine : ce que la circulaire autorise vraiment
Le document ne se contente pas de vœux pieux. Il demande explicitement aux administrations d’étudier des « possibilités d’augmentation individualisées du recours au télétravail ». Traduction : chaque chef de service doit examiner, agent par agent, qui peut travailler davantage depuis chez soi. La cible prioritaire ? Les fonctionnaires qui parcourent chaque jour des dizaines de kilomètres en voiture pour rejoindre leur poste.
Une limite existe toutefois. Le plafond est fixé à 3 jours de télétravail par semaine pour les agents à temps plein. Au-delà, la présence physique reste jugée indispensable au fonctionnement des services. Ce cadre évite un désert administratif tout en offrant une soupape réelle face au prix du carburant. Pour les agents concernés, l’économie peut représenter plusieurs dizaines d’euros par mois — un montant loin d’être négligeable quand l’aide carburant de 50 € ne couvre qu’une fraction du surcoût. Reste à savoir si le secteur privé suivra le mouvement.
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Le privé résiste : 89 % des entreprises n’ont rien changé au télétravail
Du côté des salariés du privé, la tendance est déjà claire. Selon une étude de l’Apec menée auprès de 1 000 entreprises et publiée en mars, seules 5 % d’entre elles ont fait marche arrière sur le travail à distance. Parmi celles employant des cadres, 89 % n’ont rien modifié et 2 % ont même renforcé le dispositif.
Plus révélateur encore : 74 % des cadres interrogés se disent très mécontents à l’idée de perdre ce droit, contre 69 % en 2024. Et 29 % iraient jusqu’à quitter leur entreprise si le télétravail disparaissait. Ce chiffre explique la prudence des directions, qui préfèrent conserver un outil de fidélisation plutôt que risquer une vague de départs. La circulaire gouvernementale tombe donc sur un terrain fertile : le télétravail n’est plus un expédient de crise, c’est un acquis que personne ne veut lâcher.
Trois jours à la maison, deux jours au bureau, zéro plein de trop : la formule séduit autant les comptes publics que les agents. Mais si le baril continue de grimper, cette rustine suffira-t-elle à contenir la colère des automobilistes qui, eux, n’ont pas le luxe de rester chez eux ?