« Jusqu’à 30 € pièce » : ces verres à moutarde oubliés dans vos placards intéressent des collectionneurs

Ils dorment au fond d’un placard depuis des années, entre la vaisselle du quotidien et les souvenirs d’enfance. Les verres à moutarde Amora, décorés de Goldorak, de Bibifoc ou des Fables de La Fontaine, refont surface un peu partout sur les réseaux et les sites de petites annonces. Certains y voient un petit filon caché dans leur cuisine. Mais avant de vider vos étagères en rêvant de billets, il y a une vérité qui mérite d’être connue.
Pourquoi ces verres à moutarde font soudain parler d’eux
Sur des objets qu’on croyait sans valeur, la nostalgie fait souvent des miracles côté prix. Les verres Amora en sont un exemple frappant : nés dans les années 1950 sous l’impulsion du fondateur Raymond Sachot, ils devaient à l’origine simplement remplacer les pots de moutarde jetables.
Son slogan est resté culte : « Il n’est pas de bonnes moutardes dans de vilains pots ». Résultat, des générations entières de Français ont grandi avec ces verres décorés sur leur table, sans jamais imaginer qu’ils feraient un jour l’objet d’un petit marché de collection.
Aujourd’hui, sur eBay comme sur Leboncoin, les annonces se multiplient. Les modèles décorés de licences comme Goldorak, Peter Pan ou Star Wars reviennent sans cesse dans les recherches. Assez pour que beaucoup se demandent, en ouvrant leur buffet, si un trésor ne les attend pas juste là.
Le vrai prix des verres Amora : ce que révèlent les annonces
Le Figaro a mené l’enquête en épluchant les annonces réellement en ligne. Le constat est plus nuancé que les rumeurs de « 30 euros pièce » : la majorité des vendeurs restent raisonnables, avec des prix qui oscillent entre 3 et 10 euros l’unité pour un verre courant.
Certains modèles rares grimpent un peu plus haut. On trouve des verres Goldorak ou Peter Pan affichés à 12 ou 18 euros, et un exemplaire Mightor a même été repéré proche des 30 euros. Mais ces montants restent surtout des prix d’affichage : passé 15 euros, beaucoup d’annonces finissent baissées, faute d’acheteur prêt à suivre.
Olivia, blogueuse et créatrice du site « Our Little Family », relativise franchement la situation : elle achète ses propres verres entre 40 centimes et 1 euro en brocante ou chez Emmaüs. Face aux prix parfois affichés en ligne, elle avoue être « un peu sous le choc » et conseille de ne jamais mettre 15 euros dans un verre isolé, quitte à patienter pour trouver la pièce recherchée. Une logique de patience qui s’applique aussi à ce genre de petites collections du quotidien.

Le détail qui change tout : miser sur le lot plutôt que la pièce
C’est là que se joue vraiment la valeur de vos verres à moutarde. Un exemplaire isolé, aussi joli soit-il, n’intéresse qu’un acheteur occasionnel. Un lot cohérent, en revanche, séduit les vrais collectionneurs qui cherchent à compléter une série entière, comme les douze Fables de La Fontaine ou un ensemble Tintin.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : un lot de six verres s’est vendu à 5 euros l’unité, soit une trentaine d’euros au total, tandis qu’un autre lot de cinq exemplaires a été affiché à 45 euros sur un site de petites annonces. La différence avec la vente à l’unité est nette, et c’est précisément ce que confirment les observateurs du marché de la revente en France.
Avant de vendre, un tri s’impose. Un verre des années 1970 ou 1980, avec une licence culte comme Goldorak ou les Fables de La Fontaine, un décor intact et zéro ébréchure, peut justifier un prix au-dessus de la moyenne. Pour tout le reste, mieux vaut oublier l’idée du jackpot facile : Le Figaro est clair, il n’y a « aucun espoir » d’obtenir plusieurs dizaines d’euros pièce en brocante ou vide-grenier.
Ces verres gardent malgré tout une vraie valeur, juste pas celle qu’on imaginait. Sentimentale, décorative, et toujours parfaite pour un apéro entre amis. Alors avant de brader vos souvenirs d’enfance sur un coup de tête, jetez un œil à ce qui traîne encore chez vos grands-parents.