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« L’additif ne sert à rien » : ce patron de stations low-cost avoue pourquoi il en met quand même dans son carburant

Publié par Elsa Lepic le 05 Nov 2026 à 8:30
Pistolet de pompe à essence tenu en main

Au moment de payer, vous hésitez devant la pompe premium, celle qui promet un moteur plus propre. Quelques centimes de plus par litre, ça ne se refuse pas quand on veut bien faire. Sauf qu’un patron de stations discount affirme que tout ça n’est qu’un discours commercial, et qu’il applique pourtant la recette chez lui. Son aveu est franc. La nuance, elle, est plus subtile.

Premium ou classique : ce que vous payez vraiment en plus à la pompe

Le décor est connu. Dans la plupart des stations, il y a le carburant standard et sa version haut de gamme, vendue avec de belles promesses : un moteur plus propre, de meilleures performances, une consommation réduite.

Ces arguments séduisent. Beaucoup d’automobilistes acceptent de dépenser quelques centimes supplémentaires par litre, convaincus de protéger leur voiture. Reste une question que peu osent poser : ces avantages justifient-ils réellement la différence de prix ?

Un entrepreneur espagnol a décidé de la poser tout haut. Selon l’entretien publié par El País, il juge ces promesses largement surestimées.

Avant de lui donner la parole, un rappel utile : le premier réflexe d’un conducteur doit rester de choisir le bon carburant. Une confusion entre essence et diesel peut causer de gros dégâts mécaniques. Une fois ce point acquis, la facture à la pompe devient l’enjeu principal.

Mais qui est cet homme qui s’attaque au dogme des carburants enrichis ?

José Rodríguez de Arellano, le franc-parler du low-cost espagnol

Il s’appelle José Rodríguez de Arellano. Il est le fondateur de Plenergy, anciennement Plenoil, réseau de stations à bas prix qui compte parmi les acteurs du marché espagnol des carburants discount.

Son style est connu : direct, sans filtre, quitte à bousculer les idées reçues du secteur pétrolier. Dans l’entretien accordé à El País, il tient une ligne claire. Pour lui, l’importance donnée aux additifs relève avant tout d’une stratégie marketing.

Selon lui, les grandes compagnies entretiennent l’idée qu’un carburant plus cher serait forcément meilleur pour le moteur, sans en apporter suffisamment de preuves. Il s’étonne aussi de l’absence, d’après lui, de comparaisons indépendantes vraiment probantes.

Son raisonnement tient en une idée : si les additifs permettaient de rouler plus de kilomètres avec un plein, les fabricants auraient tout intérêt à publier des études indépendantes. Il juge d’ailleurs trompeuse l’idée qu’une grande enseigne protège mieux votre moteur.

Il avance un second argument, sur l’origine du produit. Pour comprendre, il faut regarder comment se fabriquent les marges des distributeurs. En Espagne, explique-t-il, de nombreuses compagnies et enseignes indépendantes s’approvisionnent aux mêmes installations de stockage, notamment celles d’Exolum.

Son verdict : « Le produit de base est exactement le même ». Le prix, lui, tiendrait à des stations pensées pour couper les coûts : moins de personnel, des équipements rationalisés, des marges réduites. Et c’est là qu’arrive son aveu le plus étonnant.

Automobiliste sceptique devant sa voiture en station-service

L’aveu : « L’additif ne sert à rien », mais Plenergy en achète

Voici le détail qui a fait le titre. Après avoir lâché sa phrase choc, « L’additif ne sert à rien », il reconnaît pourtant que son entreprise utilise ces produits.

Plenergy achète des additifs recommandés par l’opérateur logistique Exolum. Selon lui, ils n’apportent aucun bénéfice notable aux automobilistes. S’il en met, c’est pour répondre aux attentes d’une clientèle habituée à entendre qu’ils sont indispensables à la santé du moteur.

Le titre de l’entretien dit tout : on les met parce que les gens pensent que c’est bon. Une confession qui a le mérite de la cohérence commerciale, à défaut de convaincre tout le monde.

Car le raisonnement a ses limites, et la source les pointe elle-même. Deux carburants issus d’un même dépôt n’ont pas forcément la même composition finale. Les distributeurs peuvent incorporer leurs propres formulations d’additifs au chargement des camions-citernes. Une origine commune ne prouve donc pas que tout se vaut à la pompe.

Autre bémol de taille : contrairement à ce que laisse entendre l’entrepreneur, des travaux indépendants existent. Une étude de 2016 de l’association automobile américaine AAA a relevé des écarts importants dans la formation de dépôts moteur selon les formulations testées.

Les additifs détergents peuvent limiter l’encrassement de certains composants. D’autres peuvent améliorer la lubrification, la stabilité du carburant ou la protection contre la corrosion. Alors, qui a raison ?

Ce qu’il faut retenir avant de choisir votre pompe

La réponse est entre les deux. Les additifs ne sont pas inutiles, mais leurs bénéfices sont rarement visibles au quotidien. L’ADAC, l’automobile-club allemand, souligne que les avantages annoncés par les grandes marques sont souvent difficiles à constater en conduite normale.

Côté réglementation, les carburants vendus en France et dans l’Union européenne doivent respecter des normes : EN 228 pour l’essence et EN 590 pour le gazole. Un carburant conforme, même vendu moins cher en station discount, peut donc convenir à votre véhicule.

Autre piège : ne pas confondre additifs et indice d’octane. Une essence à indice plus élevé n’améliorera pas forcément un moteur conçu pour du SP95. Et les écarts de prix à la pompe ne disent pas tout de la qualité.

Le plus sûr reste de suivre la recommandation du constructeur. Si elle ne réclame pas de premium, payer plus ne constitue pas une nécessité systématique. Faire son plein dans une station à bas prix n’expose pas à un risque supplémentaire, dès lors que le carburant respecte les normes.

Le débat n’est pas clos. Les bénéfices éventuels justifient-ils la différence de prix ? Pour alléger la note autrement, d’autres leviers existent.

Au fond, l’additif n’est ni miracle ni arnaque totale : un argument marketing qui repose sur un fond technique réel, mais souvent surestimé. Et si l’on vous a vendu du rêve à la pompe, ce boîtier à 690 euros qui promet de diviser la facture d’essence par deux mérite-t-il le même scepticisme ? Quant à ce plan secret qui limiterait le plein à 30 litres, il pourrait bien changer votre façon de faire le plein.

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