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Un ex-policier et un psychiatre inventent un objet pour voiture électrique, médaillés au concours Lépine 2026

Publié par Elsa Lepic le 30 Août 2026 à 13:00
Un ex-policier et un psychiatre inventent un objet pour voiture électrique, médaillés au concours Lépine 2026

Vous avez déjà galéré avec ce câble de recharge trop long qui traîne par terre et finit couvert de terre ou de sel. C’est un problème que Steve Trecul, ancien marin-pompier puis policier à Nice, connaissait bien lui aussi. Avec son ami médecin, il a transformé cette frustration quotidienne en invention primée, et le résultat intéresse déjà un grand constructeur automobile français.

Le casse-tête du câble qui traîne, un problème que tout le monde bricolait

À 37 ans, Steve Trecul a connu deux vies professionnelles avant de se lancer dans l’entrepreneuriat. Marin-pompier à Marseille, puis policier haut gradé à Nice, il n’avait rien d’un ingénieur ni d’un designer produit. C’est une conversation banale avec une collègue de travail, il y a deux ans, qui a tout déclenché.

« Elle m’a demandé comment je faisais pour que le câble ne traîne pas par terre quand je rechargeais ma voiture, si j’avais trouvé une astuce », raconte-t-il. En creusant un peu, il réalise que le problème est universel chez les propriétaires de véhicules électriques : « Tout le monde bricolait comme il pouvait. »

Le souci est simple à comprendre. Un câble de recharge mesure plusieurs mètres, et une fois branché, l’excédent traîne au sol, s’abîme, ou finit noué n’importe comment dans le coffre. Steve se dit qu’il existe forcément une solution plus élégante, et il décide de la fabriquer lui-même. Un choix qui, plus tard, séduira le jury du concours Lépine.

De la maquette en carton à la médaille d’argent du concours Lépine

Steve commence modestement, avec les moyens du bord. « Au début, j’ai fabriqué l’accessoire en carton », confie-t-il. Convaincu de tenir quelque chose, il va voir son ami Alexandru Stroescu, médecin psychiatre, et lui propose de le suivre dans l’aventure. La réponse est immédiate.

Les deux hommes enchaînent les prototypes. Une société réalise une impression 3D, ils testent plusieurs versions, ajustent les dimensions, jusqu’à obtenir un objet en plastique capable de se coller sur n’importe quelle carrosserie sans l’abîmer. Coffre, porte, capot : peu importe l’emplacement du point de charge, l’accessoire s’adapte, un peu comme certains équipements automobiles ingénieux pensés pour s’adapter à tous les usages.

Le fonctionnement tient en une phrase : on colle le support, on bloque le câble, on déroule uniquement la longueur nécessaire. Le reste reste enroulé proprement, sans traîner ni rayer la carrosserie. Encouragés par leurs essais, Steve et Alexandru tentent leur chance au concours Lépine 2026. Leur dossier est retenu, et tout s’accélère : Steve quitte son emploi pour se consacrer entièrement au projet, et l’entreprise Cabloo voit officiellement le jour.

Un ex-policier et un psychiatre inventent un objet pour voiture électrique, médaillés au concours Lépine 2026

Une médaille, une usine en Bourgogne, et Renault qui teste le produit

Le jury professionnel du concours tranche : Steve et Alexandru remportent la médaille d’argent dans la catégorie Transport et Industrie. Une reconnaissance qui vient couronner une année de travail intense, et qui les propulse au rang officiel d’inventeurs. « C’est une fierté, ça nous permet aussi de crédibiliser l’entreprise », résume Steve.

Détail qui compte pour les deux associés : le produit n’est pas fabriqué à l’autre bout du monde. « On a trouvé une usine en Bourgogne à Chalon-sur-Saône, on est fiers de dire que notre produit est fabriqué en France », insiste l’ancien policier. Un choix qui tranche avec la logique low-cost de certains produits importés, à l’image des débats récents autour des petits colis venus de l’étranger.

Depuis la médaille, les commandes ont explosé. L’accessoire Cabloo est désormais vendu sur Amazon au prix de 39,90 euros. Et la nouvelle qui change tout pour les deux Niçois vient de tomber : « Renault teste actuellement notre produit », se réjouit Steve, encore incrédule devant l’ampleur prise par son idée de départ.

D’un carton découpé à une usine bourguignonne, en passant par une médaille au concours Lépine, l’histoire de Steve et Alexandru rappelle qu’une bonne invention naît souvent d’un détail agaçant du quotidien. Reste à savoir si Cabloo deviendra un jour un équipement aussi banal que le pare-brise ou les essuie-glaces sur nos voitures électriques.

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