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En 1962, cette DS 19 encaisse 187 balles au Petit-Clamart et repart : voici pourquoi

Publié par Elsa Lepic le 26 Août 2026 à 13:30

Ce jour-là, une berline noire roule tranquillement sur une route de la banlieue sud de Paris. Rien ne laisse présager ce qui va suivre. En quelques secondes, le véhicule va essuyer un déluge de plomb digne d’un film de guerre.

Résultat : 187 impacts de balles sur la carrosserie, les vitres explosées, les pneus arrière transformés en lambeaux de caoutchouc. Et pourtant, la voiture continue de rouler. Elle s’échappe, elle survit. Comment une simple berline a-t-elle pu tenir sous un tel déluge ?

Citroën DS criblée de balles sur une route en 1962

Une route tranquille qui vire au cauchemar

Nous sommes le 22 août 1962, au Petit-Clamart, dans les Hauts-de-Seine. Une Citroën DS 19 file sur la route nationale en fin d’après-midi. À son bord, plusieurs occupants qui ne se doutent de rien.

Soudain, des tirs éclatent de toutes parts. Des hommes postés en embuscade ouvrent le feu sur le véhicule avec des mitraillettes. La scène dure moins d’une minute, mais elle va marquer l’histoire automobile autant que l’histoire tout court.

Les balles pleuvent sur la carrosserie. Les vitres arrière volent en éclats. Les pneus arrière, touchés de plein fouet, se dégonflent en quelques secondes à peine.

Le détail que personne n’avait vu venir

C’est là que l’histoire bascule. Sur une voiture normale, deux pneus crevés à cette vitesse, c’est la sortie de route garantie. Le chauffeur perd le contrôle, la voiture part en tête-à-queue, et l’issue devient tragique.

Sauf que cette DS 19 n’est pas une voiture comme les autres. Elle embarque une technologie révolutionnaire pour l’époque : la suspension hydropneumatique. Un système qui va littéralement sauver des vies ce jour-là.

Pneu arrière crevé de la Citroën DS après la fusillade

Grâce à cette suspension, la voiture reste stable même sur ses jantes, pneus crevés. L’assiette du véhicule ne s’effondre pas d’un côté comme sur un modèle classique. Elle garde une tenue de route suffisante pour continuer d’avancer.

Le réflexe qui change tout

La mécanique seule n’explique pas tout. Le chauffeur, un ancien pilote de rallye au sang-froid impressionnant, garde le contrôle malgré la panique ambiante. Il accélère au lieu de freiner brutalement, une décision contre-intuitive mais salvatrice.

En accélérant, il maintient la trajectoire du véhicule et évite le dérapage incontrôlé. Ce choix, à la seconde près, fait toute la différence entre un fait divers tragique et une anecdote qui traverse les décennies.

La voiture continue sa route sur plusieurs centaines de mètres, roulant littéralement sur les jantes arrière. Un exploit technique que même les ingénieurs de Citroën n’auraient sans doute pas imaginé en conditions réelles.

Une carrosserie criblée mais un châssis intact

Après inspection, le bilan est vertigineux : 187 impacts recensés sur la carrosserie. Pare-brise fracassé, portières trouées, rétroviseurs arrachés. Un véritable gruyère roulant.

Mais l’essentiel a tenu. Aucun impact critique n’a touché le moteur ni les organes vitaux du véhicule. Le châssis, robuste, a encaissé les chocs sans se déformer de façon dangereuse.

Cette résistance n’est pas un hasard. La conception de la Citroën DS, pensée pour l’aérodynamisme et le confort, s’est révélée être aussi une architecture solide face aux agressions extérieures. Un cas d’école devenu légendaire dans l’histoire automobile française.

Pourquoi cette anecdote fascine encore aujourd’hui

Plus de six décennies plus tard, cette histoire continue de circuler. Elle mélange suspense, prouesse technique et sang-froid humain, un cocktail parfait pour les amateurs d’anecdotes insolites.

Elle illustre aussi à quel point l’ingénierie française des années 1960 était en avance sur son temps. La suspension hydropneumatique de la DS, initialement pensée pour le confort des passagers, s’est révélée être un atout de sécurité insoupçonné.

D’autres modèles de la marque aux chevrons ont marqué les esprits par leur audace technique, à l’image de cette collection méconnue de 120 Citroën presque neuves cachées près de Castellane. Un patrimoine automobile qui continue de surprendre les passionnés, entre exploits historiques et curiosités inattendues.

Aujourd’hui encore, cette DS 19 criblée de balles reste un symbole. Celui d’une mécanique pensée avant l’heure, et d’un réflexe humain qui a suffi à écrire une page improbable de l’histoire.

Carrosserie de la DS 19 percée de nombreux impacts de balles

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