Ce concessionnaire de Gironde reçoit des dizaines d’amendes… sans jamais avoir pris le volant

Imaginez ouvrir votre boîte aux lettres chaque matin et y trouver une nouvelle contravention. Sauf que vous n’étiez pas au volant. Pas une seule fois. C’est exactement le cauchemar administratif que vit un concessionnaire automobile de Gironde depuis l’installation d’un radar de chantier à deux pas de son garage. Et le pire, c’est la raison pour laquelle les PV s’accumulent.
Un radar de chantier entre Pessac et Cestas qui fait des ravages
Depuis plusieurs mois, le dirigeant de MVB Automobile voit les avis de contravention pleuvoir sur son bureau. La cause : un radar de chantier installé sur la route reliant Pessac à Cestas, en Gironde. Sur cette portion en travaux, la vitesse maximale autorisée est passée de 80 à 50 km/h. Un changement brutal que beaucoup d’automobilistes ne voient pas venir.
Le hic, c’est que cette route passe juste à côté du garage. Et les clients qui viennent essayer un véhicule avant achat empruntent forcément ce tronçon. Résultat : les flashs se multiplient, jour après jour. Les voitures d’essai étant immatriculées au nom de la concession, c’est le professionnel qui reçoit chaque amende directement. Lui qui n’a jamais dépassé la limite sur cette route se retrouve pourtant noyé sous la paperasse.
Des clients flashés sans même s’en rendre compte
Le mécanisme est aussi simple qu’absurde. Un client pousse la porte du garage, repère un modèle, demande un essai. Direction la route. Et là, sur un axe habituellement limité à 80 km/h, la zone de chantier impose soudain 50. La plupart des conducteurs roulent au feeling, sans repérer le panneau temporaire. Le flash part. Et l’amende arrive quelques jours plus tard… chez le concessionnaire.
À chaque infraction, le garagiste doit éplucher le dossier, identifier quel client conduisait ce jour-là et transférer la contravention au véritable responsable. Une procédure qui, répétée des dizaines de fois, devient un véritable gouffre de temps. Selon lui, les clients reconnaissent généralement les faits et paient. Beaucoup avouent avoir été surpris par cette limitation sur une route jugée très roulante. Mais la bonne volonté ne supprime pas la charge administrative.
À lire aussi

Une situation kafkaïenne sans vraie solution en vue
Ce genre de mésaventure illustre un angle mort du système. Dans le secteur automobile, les essais sont parfaitement encadrés : assurance, accompagnement, itinéraire balisé. Mais aucun texte ne protège le concessionnaire contre l’avalanche de PV quand un radar temporaire s’installe à proximité. Le professionnel ne peut ni déplacer son garage, ni supprimer les essais routiers, ni forcer chaque client à rouler à 50 km/h pile.
La seule parade serait de briefer systématiquement les clients avant chaque essai. Ce que fait désormais MVB Automobile, selon le Midi Libre. Mais entre ceux qui oublient et ceux qui n’y croient pas, les flashs continuent. Et chaque contravention représente 135 euros et un retrait de point — pour quelqu’un d’autre. Le concessionnaire, lui, passe ses soirées à faire de l’administratif au lieu de vendre des voitures.
Morale de l’histoire : en Gironde, acheter une voiture peut coûter plus cher que prévu — et pas forcément à l’acheteur. Si vous passez un jour devant un radar de chantier en plein essai, gardez un œil sur le compteur. Votre garagiste vous en sera éternellement reconnaissant.