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Ce maire de Corrèze a fabriqué deux faux radars pour moins de 1 000 € chacun… et les automobilistes freinent vraiment

Publié par Killian le 24 Mai 2026 à 10:52
Faux radar métallique au bord d'une route de campagne en Corrèze

On connaît les radars qui flashent, ceux qui rapportent des millions à l’État et ceux qu’on maudit sur l’autoroute. Mais à Malemort, près de Brive, le maire a choisi une troisième voie : des radars qui ne flashent pas, qui ne coûtent presque rien… et qui marchent quand même. L’histoire est tellement savoureuse qu’elle a dépassé les frontières de la Corrèze. Voici comment deux grosses boîtes en métal ont suffi à calmer tout un quartier.

Malemort : quand un trajet vers Bordeaux donne une idée à moins de 1 000 €

Tout part d’un réflexe bête. Laurent Darthou, maire divers centre de Malemort, roule vers Bordeaux. Il croise un radar, lève le pied instantanément. Pas le temps de vérifier s’il flashe ou non : le corps a réagi avant le cerveau. Ce jour-là, l’élu a sa petite révélation.

De retour dans sa commune, il convoque ses services techniques. La mission ? Fabriquer deux boîtes métalliques ressemblant à de vrais radars. Pas besoin de technologie embarquée, pas besoin de raccordement électrique. Juste l’apparence. Les agents prennent les cotes d’un appareil officiel et façonnent deux répliques « identiques à 95 % », pour moins de 1 000 euros l’unité. Un budget dérisoire comparé aux dispositifs habituels qui coûtent des dizaines de milliers d’euros. L’élu fait aussi poser des panneaux avertisseurs cent mètres en amont, comme pour un vrai radar. Le décor est planté.

L’effet radar : pourquoi ça fonctionne même sans flash

Les deux leurres sont installés à des endroits stratégiques : une route départementale très fréquentée et les abords d’un Ehpad où des résidents se promènent quotidiennement. Deux zones où les riverains se plaignaient depuis longtemps de vitesses excessives lors de réunions de quartier. Le résultat est immédiat.

Dès la mise en place, les automobilistes ralentissent. Le simple fait de voir la silhouette grise au bord de la chaussée suffit à déclencher le fameux réflexe du frein. Pendant plus d’un mois, personne ne soupçonne la supercherie. Puis La Montagne, le journal local, révèle qu’il s’agit de faux. On aurait pu croire que la magie s’arrêterait là. Mais non. Même après la révélation, les conducteurs continuent de lever le pied. Laurent Darthou l’explique simplement : un automobiliste qui freine en entraîne d’autres derrière lui. L’effet de groupe fait le reste. Et puis, qui veut vraiment prendre le risque de se tromper entre un vrai et un faux ?

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La préfecture applaudit, les riverains respirent : le bilan surprise de Malemort

L’initiative à petit budget aurait pu agacer les autorités. C’est tout le contraire. La préfecture de Corrèze a félicité le maire pour son approche préventive. Laurent Darthou dispose, en tant qu’élu, de l’autorité de police sur son territoire. Rien d’illégal, donc. Et surtout, aucun PV, aucune amende, aucune « pompe à fric » comme il le résume avec malice.

Les premiers satisfaits sont les riverains proches de l’Ehpad, ceux qui n’osaient plus traverser. Les seconds ? Les automobilistes eux-mêmes, ravis de ne pas recevoir de contravention. Le maire garde un dernier atout : les boîtes sont facilement déplaçables. Il peut les changer d’endroit quand il veut, entretenir le doute, relancer le réflexe. Pour moins de 2 000 euros au total, Malemort a obtenu ce que des dizaines de communes n’arrivent pas à faire avec de vrais dispositifs.

Deux boîtes en métal, zéro flash, zéro amende, et pourtant le pied se lève de l’accélérateur. La preuve que parfois, la meilleure sécurité routière ne coûte pas des millions — elle coûte une bonne idée. Si ton maire cherche l’inspiration, dis-lui de regarder du côté de la Corrèze.

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