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Adieu la Renault 5 ? Citroën prépare une citadine électrique à moins de 15 000 €, inspirée de la 2CV

Publié par Elsa Lepic le 01 Mai 2026 à 22:25

Pendant que Renault enchaîne les résurrections de modèles mythiques, Citroën gardait le silence. C’est terminé. Le PDG de la marque aux chevrons vient de confirmer un projet qui pourrait rebattre les cartes du marché électrique européen : une citadine à moins de 15 000 euros, directement inspirée de l’esprit de la 2CV. Et derrière cette annonce, il y a un constat brutal sur l’état du marché automobile en Europe.

Le chiffre qui a poussé Citroën à agir

Xavier Chardon, PDG de Citroën, ne mâche pas ses mots. Dans une interview accordée au média britannique Autocar, il pose un diagnostic sans filtre : le marché européen est le seul à ne pas s’être remis de la crise du Covid. Toutes les autres régions du monde ont retrouvé leur dynamisme. Pas l’Europe.

PDG de Citroën présentant le projet de citadine électrique

Et le patron de Citroën met un chiffre sur le problème : il manque trois millions d’acheteurs de voitures neuves chaque année en Europe. Trois millions de personnes qui, avant la pandémie, passaient en concession et qui aujourd’hui gardent leur vieille auto. La raison ? Selon Chardon, 60 % de ce manque à gagner s’explique par une seule chose : il n’y a plus de voitures à moins de 15 000 euros sur le marché.

Quand on regarde les prix des voitures électriques actuelles, on comprend vite le problème. Même les modèles dits « accessibles » dépassent allègrement les 20 000 euros. Et les conséquences se lisent dans une statistique assez déprimante.

12 ans : l’âge moyen qui inquiète toute l’industrie

« C’est assez triste de constater que l’âge moyen des voitures a augmenté de plus de deux ans ces cinq dernières années », confie Xavier Chardon. En Europe, on roule désormais dans des voitures de plus de 12 ans en moyenne. Dit autrement : le parc automobile vieillit à vue d’œil parce que les gens n’ont tout simplement plus les moyens de changer de voiture.

Ce vieillissement du parc a un effet domino redoutable. Sans renouvellement, la transition vers l’électrique ralentit mécaniquement. Les objectifs climatiques s’éloignent. Les constructeurs vendent moins. Et les automobilistes continuent de rouler dans des véhicules de plus en plus anciens, de plus en plus polluants, de plus en plus coûteux à entretenir.

Voitures anciennes garées dans une rue française

Pendant ce temps, Renault mise sur la R5 électrique et prépare sa Twingo E-Tech, tandis que Toyota avance avec ses hybrides. Mais aucun de ces acteurs n’a encore réussi à proposer une électrique véritablement sous les 15 000 euros. C’est exactement le créneau que Citroën veut occuper. Et pour trouver l’inspiration, la marque a regardé très loin dans le rétroviseur.

1948 : la leçon que Citroën n’a pas oubliée

À la fin des années 1940, l’Europe sortait de la guerre. Les gens n’avaient pas d’argent. Les infrastructures étaient en ruines. Et pourtant, des constructeurs ont eu l’audace de proposer des voitures ultra-accessibles. La Fiat 500 en Italie. La Mini en Angleterre. Et en France, la 2CV, qui a littéralement remis le pays sur roues.

Xavier Chardon fait explicitement le parallèle. Aujourd’hui, la crise n’est pas la même, mais le besoin est identique : rendre la mobilité accessible au plus grand nombre. Un modèle du segment A — le plus petit gabarit — affiché sous les 15 000 euros. Pour le PDG de Citroën, un tel véhicule est devenu « absolument essentiel ».

L’ambition est claire : redonner « un pouvoir d’achat aux clients qui aujourd’hui ne sont pas disposés à acheter des voitures neuves ». Ce n’est plus une question de marketing rétro, c’est une question de survie commerciale. Mais attention, ne vous attendez pas à voir débarquer une copie carbone de la Deuche avec un moteur électrique.

Pas une réplique, mais un héritier spirituel

Citroën tient à couper court aux fantasmes : il ne s’agit pas de ressortir la 2CV avec des phares LED et une prise de recharge. « Ce qui importe plus que la 2CV elle-même, c’est de comprendre la fonction de cette voiture à l’époque », précise Chardon. La 2CV version moderne, c’est avant tout une philosophie : simple, robuste, abordable.

Citadine électrique moderne à côté d'une 2CV classique

Concrètement, cette future citadine viendrait remplacer indirectement l’ancienne Citroën C1 thermique, disparue du catalogue. Elle se positionnerait sous la Citroën ë-C3, déjà considérée comme l’une des références accessibles du marché électrique. On parlerait donc d’un tarif encore inférieur à celui de la ë-C3, ce qui placerait cette nouvelle venue parmi les électriques les moins chères du continent.

Un positionnement qui pourrait sérieusement bousculer la concurrence. Car jusqu’ici, le groupe Stellantis — maison mère de Citroën — refusait de céder à la tendance néo-rétro lancée par Renault. L’Ami, ce drôle de quadricycle électrique, avait ouvert la voie de l’ultra-accessible, mais sans vraiment jouer dans la cour des voitures. Cette fois, Citroën passe à l’échelle supérieure.

La vraie bataille se joue sous les 15 000 euros

Ce qui rend cette annonce particulièrement intéressante, c’est le timing. Le marché de la voiture électrique en Europe traverse une phase de doute. Les prix restent élevés. L’autonomie en conditions réelles pose encore des questions, surtout en hiver. Et certains propriétaires de Tesla font même marche arrière pour revenir au thermique.

Dans ce contexte, le segment sous les 15 000 euros est un terrain quasi vierge. Les constructeurs chinois comme BYD y travaillent activement, avec des précommandes record. Mais un constructeur européen capable de proposer une électrique à ce prix-là, fabriquée sur le continent ? C’est un signal fort envoyé à toute l’industrie.

Renault l’a compris aussi, en travaillant sur une future Twingo sous les 14 000 euros. La course au « véhicule du peuple » version électrique est bel et bien lancée. Et Citroën, avec son héritage 2CV, a peut-être la plus belle carte à jouer dans cette bataille.

Ce que ça change pour les automobilistes français

Si Citroën tient ses promesses, les conséquences pourraient être significatives. Une citadine électrique sous les 15 000 euros, éligible au bonus écologique, pourrait descendre bien en dessous des 12 000 euros pour l’acheteur final. De quoi convaincre des millions de Français qui roulent encore dans des voitures thermiques vieillissantes.

La nouvelle taxe au kilomètre pour les véhicules électriques viendra certes grignoter une partie de l’avantage économique à l’usage. Mais le coût d’entrée reste le premier frein à l’achat pour la majorité des ménages. Abaisser cette barrière, c’est potentiellement débloquer le marché.

Xavier Chardon en est convaincu : sans cette offensive tarifaire, l’Europe restera embourbée. La 2CV originale avait motorisé la France de l’après-guerre. Son héritière électrique pourrait bien être la clé pour que la transition énergétique ne reste pas un luxe réservé aux portefeuilles les mieux garnis. Dacia prépare aussi son offensive, mais cette fois, c’est Citroën qui a décidé de frapper le plus fort — et le plus bas en prix.

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