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Après la Sandero et le Jogger, Dacia prépare un grand bond en avant

Publié par Killian Ravon le 27 Fév 2026 à 7:30

Dacia a longtemps été résumée à une promesse simple : l’essentiel, au prix juste. Or, en France, cette promesse est devenue un réflexe d’achat. Au point de placer la Sandero parmi les valeurs sûres du marché. Derrière ce succès, un nouveau chapitre s’ouvre pourtant : changement de patronne, élargissement de la gamme et montée en généralité assumée. La nouvelle stratégie Dacia pourrait peser lourd face à des concurrents de plus en plus agressifs, notamment venus de Chine.

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Nouvelle stratégie Dacia : un convoi de modèles (crossover familial, Sandero Stepway, SUV et citadine électrique) sur une route de montagne.
Au cœur du “grand bond en avant” évoqué pour Dacia, une gamme qui s’élargit vers des silhouettes plus familiales et l’électrification, sans renier l’ADN accessible de la marque.

La marque n’arrive pas à ce tournant par hasard. Le renouvellement de la gamme engagé depuis 2021 a modernisé l’image sans casser l’ADN “malin”. En s’appuyant sur des recettes connues. Plateformes mutualisées, équipements ciblés sur plusieurs modèles, et une communication plus “aventure” que “low-cost”. Reste une question : jusqu’où Dacia peut-elle monter sans perdre ce qui a fait sa force ?

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La Sandero reste le pilier de Dacia en France, et sert de base à l’élargissement de gamme. Crédit : Alexander Migl.
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Dacia, de la “bonne affaire” à la référence grand public

En France, la Sandero n’est plus seulement la voiture qu’on achète “faute de mieux”. Elle est devenue une option rationnelle, parfois même revendiquée. Dans un marché où le prix des modèles neufs grimpe plus vite que la patience des acheteurs. Les chiffres de 2025 illustrent cette place à part. La Dacia Sandero a totalisé 64 400 immatriculations sur l’année, derrière la Renault Clio et la Peugeot 208.

Ce résultat a un autre message. Dacia ne domine pas uniquement un segment “petits budgets”, elle s’installe dans le cœur du marché. Celui où se battent les généralistes à coups de restylages, d’éditions spéciales et de remises. Selon L’Argus, la Sandero reste aussi le modèle numéro 1 chez les particuliers. Un signal fort dans un pays où ce canal d’achat reste stratégique. Il existe d’ailleurs une aide méconnue qui peut vous aider à financer votre voiture.

Si Dacia y arrive, ce n’est pas en promettant la lune. La marque vend une forme de tranquillité. Un prix lisible, une offre compréhensible, et une voiture qui colle à la vie quotidienne. En filigrane, elle profite aussi d’un mouvement plus large. Quand le neuf se tend, beaucoup d’acheteurs hésitent, reportent, comparent, et finissent par chercher “l’achat qui ne fait pas mal”.

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Le Jogger a élargi l’audience de Dacia avec une proposition familiale à prix serré. Crédit : Calreyn88.

Un changement de tête, mais pas un simple passage de relais

À l’intérieur du groupe Renault, la transition est officielle depuis l’automne 2025. Katrin Adt a été nommée à la tête de Dacia. En remplacement de Denis Le Vot, dont le départ a été acté par le groupe. La marque hérite donc d’une situation confortable, mais aussi piégeuse : quand on a beaucoup gagné, il devient difficile de surprendre sans se trahir.

Denis Le Vot avait une mission claire : relancer Dacia, la rendre plus désirable, et élargir la gamme sans faire exploser les coûts. Le résultat est visible, du Duster renouvelé à l’offensive SUV plus ambitieuse. Plusieurs observateurs ont raconté cette “success story” comme un cas d’école : faire monter une marque en valeur perçue, tout en gardant une structure de coûts serrée.

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Avec Katrin Adt, le ton public reste mesuré, mais la séquence industrielle suggère autre chose : un plan produit plus large, plus “généraliste”, et potentiellement plus frontal face aux marques qui arrivent fort sur les segments familiaux. L’Usine Nouvelle résumait déjà l’enjeu fin 2025 : l’électrification et la suite de la montée en gamme seront les dossiers structurants de ce mandat.

Le Duster incarne la modernisation de la marque et la montée en valeur perçue. Crédit : Alexander-93.

La nouvelle stratégie Dacia passe par un modèle qui manquait à la gamme

Dacia a réussi là où beaucoup se cassent les dents : imposer des silhouettes “pratiques” (Sandero, Jogger) dans un marché saturé de SUV. Pourtant, un trou restait visible : la voiture familiale à profil routier, celle qui n’est ni un SUV pur, ni une citadine. C’est précisément ce que la presse auto croit voir arriver.

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Depuis plusieurs semaines, un projet est cité avec insistance : un véhicule connu en interne sous le code C-Neo, annoncé comme un break/berline “crossoverisée”. Plusieurs médias spécialisés avancent qu’il pourrait porter le nom de Dacia Spacer, une appellation que la marque aurait sécurisée, tout en rappelant qu’aucune confirmation officielle n’a encore été donnée.

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Ce choix serait tout sauf anodin. Une berline familiale rehaussée, c’est une réponse à un public qui veut de l’espace sans forcément vouloir “un gros SUV”, et qui surveille l’aérodynamique, le coffre et surtout le moteur qui l’anime. En France, où l’usage mixte ville/périurbain/autoroute reste courant, l’idée peut trouver un terrain favorable si le prix reste dans la logique Dacia.

L’intérêt est aussi industriel. En allant chercher ce segment, Dacia ne “remplace” pas la Sandero ou le Jogger : elle les encadre, elle élargit la porte d’entrée, et elle donne au client une raison de rester dans la marque au moment de grandir, déménager, ou changer de rythme de vie.

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Bigster, SUV coupé, compacte : la gamme se dessine comme un escalier

Le Bigster joue déjà un rôle symbolique. Dans la presse, il est souvent présenté comme le modèle qui fait sauter un plafond psychologique : plus long, plus valorisant, plus équipé, mais encore positionné comme une alternative “abordable” face aux SUV familiaux traditionnels. Le Monde parlait même d’un “changement de territoire” pour Dacia au moment de détailler ce que le Bigster embarque et ce que son tarif raconte.

Autour de ce grand SUV, d’autres silhouettes sont évoquées. L’une d’elles serait un SUV coupé destiné à occuper l’espace laissé par des modèles au style plus “sport” chez Renault, en capitalisant sur une base technique existante. Une autre cible serait une compacte capable d’aller chercher des voitures comme la Citroën C4 ou certaines Skoda, avec l’argument Dacia : une proposition claire, moins d’options, un prix plus serré.

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Ce schéma ressemble à un escalier. Dacia garderait ses best-sellers d’accès, tout en ajoutant des marches au-dessus, pour capter des clients qui, jusque-là, quittaient la marque en montant en gamme. Le pari est simple à formuler, mais délicat à tenir : chaque marche doit sembler “logique” en prix, sinon la confiance se fissure.

Le Bigster symbolise le “pas d’après” : plus grand, plus valorisant, mais encore accessible. Crédit : Alexander Migl.

L’électrique, un passage obligé… mais Dacia veut garder sa règle d’or

Sur l’électrique, Dacia avance avec prudence. La Spring a servi de première porte d’entrée, mais la suite se jouera ailleurs : sur une citadine électrique plus moderne, plus adaptée au marché européen, et mieux alignée sur les contraintes de sécurité et d’usage. Dans ce contexte, l’idée d’une cousine technique d’un petit véhicule électrique comme la future Renault Twingo revient régulièrement.

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Le Monde évoquait déjà, en 2025, la perspective d’une petite électrique autour de 18 000 euros à horizon 2027, signe que le groupe Renault sait que l’entrée de gamme électrique sera un champ de bataille. Cette bataille, les constructeurs chinois la mènent déjà, en tentant de sortir de la course à l’autonomie grâce à de nouvelles technologies.

Dacia peut-elle contrer cela ? La marque a un atout : elle sait faire “assez” plutôt que “toujours plus”. Or, dans l’électrique, l’équation est brutale : batterie chère, marges sous pression, concurrence mondiale. Si Dacia tient un prix bas sans rogner sur l’essentiel (efficience, recharge, sécurité, garantie), elle devient un obstacle sérieux pour les nouveaux entrants.

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Un duel moins visible : la perception de marque

Face aux constructeurs chinois, tout ne se joue pas sur la fiche technique. La confiance, la valeur de revente, le réseau, la disponibilité des pièces et le coût d’entretien comptent autant que l’autonomie. Dacia, en France, bénéficie déjà d’une image de simplicité robuste, ce qui pèse dans la décision d’achat, surtout quand les ménages veulent maîtriser leur budget voiture sur plusieurs années.

Mais cette image peut se retourner si la marque “monte” trop vite. En allant vers des modèles plus familiaux, plus grands, plus chers, Dacia s’expose à une comparaison directe avec des généralistes installés. La question deviendra alors : “Pourquoi Dacia plutôt qu’une Renault, une Peugeot ou une Kia en promo ?” La réponse devra être claire, sinon la marque perd son avantage : la lisibilité.

C’est là que le “grand bond en avant” peut être intelligent. S’il ne consiste pas à singer les autres, mais à appliquer la méthode Dacia à des segments plus ambitieux, la marque garde sa cohérence. Et si elle réussit, elle ne redistribue pas seulement les cartes : elle change les règles de la partie.

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Dacia s’inscrit dans la stratégie globale du groupe Renault, entre rationalisation et électrification. Crédit : Chabe01.

Un évolution bienvenue

Dacia arrive à un moment rare : celui où une marque populaire peut devenir une marque centrale. Le changement de direction, l’arrivée possible d’un modèle familial inédit et la montée en gamme autour du Bigster racontent une stratégie d’élargissement, pas une révolution d’image. Au fond, la marque joue une partie délicate : grandir sans se renier.

Dans les prochains mois, tout se jouera sur la cohérence des prix et la pertinence des choix techniques. Si la promesse “Dacia” reste intacte — du pragmatisme, du volume utile, une facture contenue — alors la marche suivante peut devenir un boulevard. Dans le cas contraire, la concurrence, elle, n’attendra pas.

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