Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Automobile

Fin du diesel et de l’essence en Europe : cette date butoir que des millions d’automobilistes refusent encore de croire

Publié par Elsa Lepic le 09 Juin 2026 à 6:47
Showroom automobile partagé entre voitures thermiques et électriques

Diesel, essence, hybride… D’ici moins de dix ans, ces motorisations disparaîtront des concessions européennes. Du moins sur le papier. Car un récent revirement de Bruxelles vient de redistribuer les cartes, et la réalité est plus nuancée qu’un simple couperet à date fixe. Voici ce que cette fameuse échéance de 2035 signifie concrètement pour votre prochain achat auto — et la faille inattendue qui pourrait sauver certains moteurs à combustion.

2035 : pourquoi l’Europe a fixé cette date et ce qu’elle implique vraiment

Le principe est limpide. À partir de 2035, plus aucun véhicule neuf diesel, essence ou hybride non rechargeable ne pourra être vendu sur le territoire de l’Union européenne. La Commission européenne a gravé cet objectif dans le marbre du « Green Deal », son plan climat.

Concrètement, cela veut dire que les concessions devront retirer de leurs catalogues toutes les motorisations thermiques classiques. Les constructeurs le savent et adaptent déjà leurs gammes. Des dizaines de milliards d’euros ont été injectés dans l’électrification ces dernières années.

En France, les signaux vont dans le même sens. Les Zones à faibles émissions (ZFE) se multiplient dans les grandes métropoles, restreignant la circulation des véhicules les plus polluants. Le bonus écologique et la prime à la conversion poussent les acheteurs vers l’électrique.

Pour autant, la transition ne se fera pas en un claquement de doigts. Le parc automobile français compte encore une écrasante majorité de véhicules thermiques. Et les habitudes ont la vie dure, surtout dans les zones rurales où les bornes de recharge restent rares. L’échéance de 2035 paraît à la fois proche et lointaine, selon les changements réglementaires qui s’enchaînent.

Mais voilà : Bruxelles a récemment lâché du lest. Et ce détail change beaucoup plus de choses qu’on ne le croit.

L’assouplissement de Bruxelles qui change la donne : 90 % au lieu de 100 %

Le virage est subtil mais décisif. La Commission européenne a revu sa copie : au lieu d’exiger 100 % de réduction des émissions de CO₂, le nouveau barème impose « seulement » 90 % de baisse par rapport aux niveaux de 2021. Ces 10 % d’émissions résiduelles autorisées ouvrent une brèche.

Cette brèche, certains constructeurs comptent bien s’y engouffrer. Les hybrides rechargeables pourraient survivre à condition de respecter des seuils drastiquement réduits. Mieux encore, une catégorie émergente de véhicules fait son apparition : les électriques à autonomie étendue.

Le principe est malin. Ces voitures roulent principalement en mode électrique. Le petit moteur thermique embarqué n’entraîne jamais les roues : il sert uniquement de générateur pour recharger la batterie sur les longs trajets. Alimenté par des carburants synthétiques ou des biocarburants, il respecterait les exigences environnementales européennes.

Pour les constructeurs, cet assouplissement est une bouffée d’oxygène. Mais il crée aussi de l’incertitude. Ceux qui ont misé des fortunes sur le tout-électrique redoutent de nouveaux ajustements réglementaires. Cette instabilité législative complique la planification industrielle à long terme.

Reste la question qui brûle les lèvres de millions d’automobilistes : combien ça va coûter, et vers quoi se tourner concrètement ?

Automobiliste inquiet devant une pompe à essence

Concessions de 2035 : à quoi ressemblera votre prochain achat auto

D’ici à l’échéance, les prix vont bouger dans les deux sens. Les rares modèles thermiques encore commercialisés coûteront mécaniquement plus cher. Les constructeurs répercuteront les investissements en technologies de compensation carbone sur les tarifs. Résultat : l’électrique deviendra plus compétitif par simple effet de comparaison.

Renault prépare d’ailleurs sa Twingo électrique pour 2026, annoncée sous la barre des 20 000 €. Cette démocratisation vise à rendre la transition accessible au plus grand nombre, pas seulement aux CSP+ des centres-villes. D’autres constructeurs suivront avec des modèles d’entrée de gamme à prix contenu.

Le paysage des concessions en 2035 sera radicalement différent. L’électrique dominera tous les segments, du citadin au SUV familial. Les modèles thermiques traditionnels auront déjà disparu des catalogues bien avant la date fatidique, remplacés par ces hybrides nouvelle génération pour les irréductibles des longs trajets.

L’erreur fréquente serait de croire que 2035 est une ligne d’arrivée. C’est plutôt un point de non-retour. Les restrictions de circulation en ZFE, la raréfaction des stations-service, la hausse des taxes sur les carburants fossiles : tout convergera pour rendre le thermique de moins en moins viable au quotidien, bien avant l’interdiction officielle.

2035, c’est demain à l’échelle d’un crédit auto. Si vous roulez en diesel ou en essence, votre prochaine voiture sera probablement la dernière à sentir le sans-plomb. La vraie question n’est plus « si » mais « quand » vous franchirez le pas — et surtout, si votre portefeuille sera prêt le jour J.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *