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Flashé à 145 km/h sur l’A10 : ces gendarmes lui évitent l’amende contre 20 minutes d’un atelier inédit

Publié par Elsa Lepic le 06 Juil 2026 à 18:20
Gendarme échangeant avec un automobiliste sur une aire d'autoroute

Un excès de vitesse constaté sur l’autoroute se termine presque toujours de la même façon : amende salée et points en moins sur le permis. Mais sur l’A10, en Charente-Maritime, des automobilistes contrôlés à des vitesses largement excessives ont eu droit à un tout autre traitement. Un dispositif rare, monté avec l’aval de la justice, remplace la sanction classique par vingt minutes qui changent tout.

Une opération de contrôle pas comme les autres sur l’A10

Aire d'autoroute avec véhicule de gendarmerie et contrôle routier

Alors que les grands départs en vacances font grimper le trafic sur les grands axes, les forces de l’ordre intensifient logiquement leurs contrôles. Habituellement, cela se traduit par des zones de contrôle classiques où chaque excès de vitesse débouche sur une contravention immédiate. Sur l’aire de Saint-Léger Ouest, dans le sud-ouest de la France, les gendarmes de Charente-Maritime ont pourtant choisi une voie différente.

Baptisée « alternative à la sanction », cette opération est menée une à deux fois par an, avec l’autorisation expresse du procureur de Saintes. Le principe est simple sur le papier : proposer à certains conducteurs contrôlés en infraction de participer à un atelier de sensibilisation plutôt que de subir la procédure habituelle. Une démarche qui tranche avec la logique répressive appliquée à la majorité des grands excès de vitesse constatés sur les autoroutes françaises. Le dispositif reste exceptionnel et encadré, mais il interroge sur l’efficacité comparée de la pédagogie face à la simple verbalisation.

145 km/h, puis un choix inattendu proposé par les gendarmes

Parmi les automobilistes interceptés ce jour-là figure Hamza, contrôlé à 145 km/h. Une vitesse qui, dans des circonstances normales, se serait soldée par une amende conséquente et un retrait de points sur son permis. Face à la proposition d’un mini-stage d’une vingtaine de minutes en échange de l’abandon des poursuites, sa réponse ne s’est pas fait attendre.

« Ça sauve », résume-t-il simplement au micro d’ICI. Le jeune conducteur enchaîne alors plusieurs ateliers animés conjointement par les pompiers, les patrouilleurs autoroutiers et les gendarmes. Loin d’une leçon de morale, l’exercice ressemble davantage à un échange direct avec des professionnels confrontés quotidiennement aux conséquences des accidents de la route, un peu comme peuvent l’être les contrôles nocturnes menés sur l’A9.

Un thème en particulier retient l’attention des participants cette année : la consommation de protoxyde d’azote au volant. « Ça, ce sont des bonbonnes de protoxyde d’azote. C’est devenu un gaz récréatif et, aujourd’hui, il y a un jeune sur dix qui en consomme au volant. C’est un vrai fléau », alerte un patrouilleur. Un chiffre qui rappelle que les comportements à risque évoluent aussi vite que les modes de consommation, bien au-delà du seul volet de l’alcool au volant.

Sur une trentaine de conducteurs, seuls trois ont refusé

Les excès de vitesse les plus spectaculaires font régulièrement l’actualité, mais cette opération montre qu’une autre approche peut aussi porter ses fruits. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : sur une trentaine d’automobilistes interceptés lors de cette journée, seuls trois ont préféré conserver la procédure classique, amende et points en moins compris. Tous les autres ont fait le choix de l’atelier de sensibilisation.

Hamza estime que cette expérience vaut largement mieux qu’une simple contravention. « Ce genre d’opération, ça aide un peu à se responsabiliser. Je trouve que la démarche est bonne, plutôt que de verbaliser, verbaliser, verbaliser… », confie-t-il. Un avis partagé par Jacques, également intercepté ce jour-là, qui reconnaît après un jeu de questions-réponses avec les militaires : « On ne se rend pas compte à quel point ça peut être intéressant et surtout utile. C’est un bon rappel sur des choses qu’on a tendance à oublier avec le temps. »

Cette initiative ne remplace évidemment pas le Code de la route et reste exceptionnelle, puisqu’elle nécessite l’accord du procureur à chaque édition. Mais elle démontre qu’expliquer les risques, face à des professionnels qui les vivent au quotidien, peut parfois marquer davantage les esprits qu’une simple amende. Pour les gendarmes de Charente-Maritime, l’objectif reste inchangé : que chaque conducteur arrive à destination, et que les vacances ne commencent jamais par un drame sur l’asphalte.

Vingt minutes d’échange plutôt qu’un timbre-amende : la formule interroge sur ce qui, vraiment, fait changer un comportement au volant. Reste à savoir si d’autres brigades, ailleurs en France, oseront tenter l’expérience sur leurs propres tronçons d’autoroute.

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