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Ce SUV chinois à moins de 27 000 € cache deux hélices secrètes qui le transforment en bateau

Publié par Elsa Lepic le 04 Oct 2026 à 14:55
SUV hybride flottant sur l'eau avec hélices arrière

En Chine, l’automobile n’a plus de limites. Suspensions qui dansent, karaoké embarqué, IA qui parle à tout bout de champ : les constructeurs locaux rivalisent d’audace pour se démarquer. Mais un nouveau SUV vient de franchir un cap que personne n’attendait vraiment.

Un SUV qui ressemble à s’y méprendre à un tout-terrain classique

Le Geely Battleship 700 a tout du gros SUV hybride rechargeable inspiré du Land Rover Defender. Carrure carrée, garde au sol généreuse, allure de baroudeur assumée. Rien, à première vue, ne laisse deviner ce qu’il dissimule à l’arrière du véhicule.

Car ce que ce marché chinois adore, c’est brouiller les frontières entre les catégories. On l’a déjà vu avec certaines marques historiques bousculées par cette concurrence effrénée, où l’innovation devient l’unique moyen de survivre face à des rivaux toujours plus créatifs.

Sous ce qui ressemble à de simples sorties d’échappement, Geely a glissé un mécanisme que personne n’associerait spontanément à une voiture. Deux hélices. Deux vraies hélices, capables de propulser ce SUV de plus de deux tonnes directement sur l’eau.

Ce que ces hélices permettent réellement de faire

Chaque hélice développe une puissance unitaire de 8,5 kW, soit environ 11,5 chevaux. Ensemble, elles propulsent le Battleship 700 à un peu plus de 6,5 km/h sur l’eau. Ce n’est pas la vitesse d’un hors-bord, mais suffisant pour s’extraire d’une situation dangereuse.

Le véhicule embarque aussi un système sonar, chargé de détecter les obstacles immergés pour éviter toute collision sous la surface. Un détail qui en dit long sur l’ambition réelle du dispositif : ce n’est pas un gadget pour impressionner sur les réseaux sociaux.

À l’heure où l’électrification pousse les constructeurs à revoir toute leur mécanique, certains innovent aussi sur l’autonomie pure, comme le montre cette batterie capable de tenir 1 500 km sans recharge. Mais chez Geely, la priorité est ailleurs : la survie en milieu hostile.

Le constructeur qualifie officiellement cette fonctionnalité de « mode de flottaison et d’évacuation d’urgence ». Le SUV peut naviguer activement pendant 40 minutes, ou flotter passivement jusqu’à 2 heures si le moteur s’arrête. De quoi largement patienter le temps que les secours arrivent, en cas de crue ou d’inondation soudaine.

Détail des hélices intégrées au pare-chocs arrière

Pourquoi Geely fait mieux que son rival le plus direct

Le marché des SUV électrifiés à très haute autonomie regorge déjà de promesses spectaculaires, mais celle-ci se joue sur un terrain totalement différent : l’eau plutôt que la route.

Le Geely Battleship 700 n’est d’ailleurs pas le premier SUV chinois à revendiquer une capacité aquatique. Le BYD Yangwang U8 proposait déjà un mode flottaison d’urgence, actif pendant 30 minutes, en utilisant les roues avant comme gouvernail et les moteurs électriques pour une propulsion minimale.

Le résultat était fonctionnel, mais limité : des roues taillées pour l’asphalte ne font pas des merveilles dans l’eau. La vitesse plafonnait autour de 3 km/h, soit à peine la moitié de ce que propose le Battleship 700 grâce à ses hélices dédiées.

Voilà tout l’enjeu de cette technologie : en misant sur des hélices spécifiques plutôt que sur ses roues, Geely double quasiment la vitesse de déplacement sur l’eau tout en offrant une autonomie de navigation bien supérieure. La comparaison entre les deux marques s’arrête là, mais elle illustre bien la dynamique de surenchère technologique qui anime le marché chinois : dès qu’un constructeur innove, un concurrent réplique aussitôt avec quelque chose de plus abouti.

Ce que ce SUV promet une fois hors de l’eau

En dehors des situations extrêmes, le Battleship 700 reste avant tout un tout-terrain taillé pour l’exigeant. Son architecture mécanique est particulièrement généreuse, digne des véhicules d’expédition professionnels bien plus onéreux.

Un détail retient particulièrement l’attention : Geely a équipé son SUV d’un système de fourniture d’oxygène embarqué, utilisable via un masque ou directement dans l’habitacle lors de déplacements en haute altitude. Ce genre d’équipement, habituellement réservé aux véhicules militaires, positionne clairement le Battleship 700 comme un outil de survie autant que de locomotion, à l’image des évolutions observées chez les constructeurs qui repoussent les limites de l’autonomie.

Côté tarifs, le SUV est déjà commercialisé en Chine à partir de moins de 27 000 €, les versions les mieux équipées grimpant jusqu’à environ 53 000 €. À titre de comparaison, un Defender bien équipé dépasse facilement les 80 000 € en Europe, une différence qui rappelle les stratégies observées chez d’autres constructeurs cherchant à concilier fiabilité et prix contenu.

Geely, qui possède aussi Volvo, Polestar et Lotus, prévoit déjà d’exporter ce modèle vers l’Australie. Aucune date n’a été annoncée pour l’Europe, mais la trajectoire internationale du groupe laisse penser que le vieux continent pourrait, à moyen terme, devoir se pencher sur l’homologation d’un véhicule capable de naviguer — un cas de figure que les réglementations actuelles n’ont clairement pas anticipé.

Un SUV, un bateau de secours, un outil de survie en haute altitude : le Geely Battleship 700 résume à lui seul l’état d’esprit du marché automobile chinois en 2026. Pendant que certains repoussent les frontières du possible, d’autres continuent de débattre du bouton rotatif face à l’écran tactile.

Et si l’autonomie extrême vous fascine autant que les hélices cachées, cette voiture capable de se recharger en 13 minutes qui débarque en Europe pourrait bien redistribuer les cartes avant même l’arrivée du SUV amphibie.

Reste une question qui divise déjà les spécialistes : ces innovations spectaculaires sont-elles vraiment aussi vertueuses qu’elles en ont l’air, quand une étude récente remet en question l’impact réel des voitures électriques ?

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