2 031 ch et boîte manuelle : cette hypercar que plus aucun constructeur n’osait construire débarque à 12 exemplaires

Toutes les hypercars du monde roulent aujourd’hui à la boîte automatique, pilotée par des palettes au volant. C’est plus rapide, plus efficace, plus rassurant pour transmettre une puissance monstrueuse. Sauf qu’un constructeur texan a décidé de faire l’inverse, et le résultat vient de faire ses débuts publics au Royaume-Uni.
Une hypercar de 2 031 ch qui refuse l’automatique
Le monde des hypercars a pris une direction claire depuis quelques années : hybridation, boîtes automatiques, aides électroniques à la conduite. La Rimac Nevera R et ses 2 107 ch, ou encore la Koenigsegg Gemera, incarnent cette tendance vers toujours plus de technologie embarquée. Comme dans la tech, la course à la puissance semble inséparable de la course à l’automatisation.
Hennessey a pris le chemin inverse avec sa Venom F5-M. Cette hypercar embarque un levier en H et une vraie pédale d’embrayage, un choix presque anachronique face à la concurrence. Le pari est risqué : transmettre plus de 2 000 chevaux par une mécanique 100% manuelle relève d’un exercice d’équilibriste rarement tenté à ce niveau de puissance.
Avant cette version M, la marque avait déjà présenté une Venom F5 dite standard, dotée d’un V8 6,6 litres biturbo baptisé Fury. Cette première mouture développait 1 817 ch pour une vitesse de pointe annoncée à 500 km/h. Contrairement à certains modèles électriques récents confrontés à des soucis logiciels, Hennessey mise sur une mécanique brute et directement pilotable.
Comment Hennessey a poussé le V8 Fury à 2 031 chevaux
Pour cette version F5-M, les ingénieurs ont repris le même bloc V8 Fury et poussé les curseurs encore plus loin. La puissance grimpe désormais à 2 031 ch, sans la moindre once d’hybridation, ce qui place la Venom parmi les hypercars thermiques les plus puissantes au monde. Seules deux rivales font mieux aujourd’hui sur le papier.
Le châssis repose sur une structure monocoque en fibre de carbone, associée à une suspension adaptative inédite chez Hennessey. Un immense aileron dorsal de 139,7 cm vient compléter la silhouette, optimisé pour générer de l’appui aérodynamique au-delà de 322 km/h. Toute cette énergie file exclusivement vers les roues arrière, via une boîte manuelle à six rapports à grille classique.
Hennessey revendique ainsi le titre de voiture à boîte manuelle la plus puissante jamais produite en série, un positionnement qu’aucun constructeur ne conteste vraiment. La démonstration a eu lieu au Goodwood Festival of Speed, rendez-vous britannique incontournable pour les prototypes les plus extrêmes. Comme d’autres projets pharaoniques récents, cette hypercar attire les regards par son ambition démesurée.
Le pilote britannique Alex Brundle a été chargé de dompter la bête sur la célèbre montée de côte du domaine, deux fois par jour pendant quatre jours. Voir une propulsion pure de ce calibre changer de vitesse au levier, sur un tracé aussi étroit et sinueux, promet un spectacle que peu de spectateurs ont déjà eu l’occasion d’observer.

Seulement 12 exemplaires, à 2,4 millions d’euros pièce
Hennessey ne prévoit de construire que 12 exemplaires de cette Venom F5-M, une série confidentielle réservée à une poignée de collectionneurs fortunés. Chacun coûte 2,65 millions de dollars, soit environ 2,4 millions d’euros, contre un peu moins de 2,1 millions de dollars pour le coupé standard sans boîte manuelle.
Le tarif seul suffit à situer la voiture parmi les objets automobiles les plus exclusifs jamais mis en vente. En 2024 déjà, une première version de la Venom F5-M avait été annoncée avec 1 817 ch, pour un tarif tournant autour de 1,9 million d’euros. La montée à 2 031 ch justifie donc en partie ce bond tarifaire supplémentaire.
Le premier exemplaire de série, présenté à Goodwood, appartient à un client britannique passé par la division personnalisation Maverick de Hennessey. Cette configuration unique arbore une fibre de carbone violette et des inserts en or 24 carats, un choix esthétique aussi radical que le reste de la voiture. Des drapeaux sont peints sur l’aileron dorsal, et le nom Sheikh apparaît directement sur la carrosserie.
Cette Venom F5-M n’existe que sous forme de roadster, avec une prise d’air de toit visible qui alimente le moteur central. Un choix qui accentue encore le caractère spectaculaire de l’engin, entre rugissement mécanique et exposition maximale du pilote aux éléments.
Douze voitures, un levier en H, et plus de 2 000 chevaux à dompter à la main : Hennessey vient de prouver qu’il reste de la place pour la folie mécanique brute, même à l’ère du tout-automatique. Reste à voir si d’autres constructeurs oseront suivre ce pari risqué, ou si la Venom F5-M restera un ovni définitif dans l’histoire automobile.