Il achète une voiture électrique à 32 000 €… et se retrouve sans pouvoir rouler
À Bressuire, dans les Deux-Sèvres, Vincent pensait avoir fait une bonne affaire en s’offrant une MG4 électrique. Prix catalogue, 38 000 €. Avec le bonus écologique, la facture descend à 32 000 € chez un professionnel de La Rochelle.
La promesse était simple : un modèle compact, moderne, bien équipé, capable de couvrir sereinement le quotidien. Sauf qu’à peine livrée, l’enthousiasme retombe. Son assureur lui recommande de ne plus rouler avec le véhicule, jugé trop dangereux. Depuis, la voiture dort. Et l’affaire s’enlise.
Des défauts qui retirent toute confiance au volant
Dès les premiers kilomètres, Vincent remarque des anomalies pénibles au quotidien et inquiétantes sur la route. Le volant n’est pas droit, il tremble de manière persistante, et l’assistant de maintien dans la voie donne des coups brusques vers la gauche. Dans la circulation, d’autres symptômes s’ajoutent : les phares ne se comportent pas correctement lorsqu’un véhicule arrive en face. Sur une voiture neuve, ces problèmes ne sont pas seulement irritants. Ils entament la confiance et posent une question de sécurité évidente.
Un retour immédiat au garage… sans solution durable
Premier réflexe : retourner chez le vendeur pour une remise en état. Le professionnel procède à des réglages, puis restitue le véhicule. Mais au volant, les mêmes défaillances réapparaissent. Vincent, lassé, demande l’annulation de la vente par lettre recommandée. Réponse : aucune. Et le délai légal de quinze jours étant dépassé, la requête reste sans suite. Difficile de revendre la voiture, par ailleurs : en bénéficiant du bonus, l’acheteur s’est engagé à ne pas céder le véhicule pendant un an, sous peine de le rembourser. Le piège se referme : impossible de rouler, impossible de vendre.
Sept ans de garantie, mais des semaines d’attente
La garantie constructeur de sept ans est un argument fort des modèles MG. Le garage reprend donc la voiture et tente de corriger ce qui peut l’être. Le point milieu est finalement réglé : le volant paraît droit. Sauf qu’un autre problème persiste : l’équilibrage des roues reste impossible à obtenir correctement. Pour trancher, une expertise est demandée. Le verdict tombe : les anomalies relèveraient d’un problème logiciel qui désorganise des fonctions essentielles d’assistance et de tenue de route.
Quand la paperasse rattrape la mécanique
Entre les allers-retours au garage, les échanges avec l’assurance et la mise en demeure, des mois se perdent. Des frais s’accumulent : déplacements, immobilisation, démarches. Et Vincent n’avance pas. Pour faire bouger les lignes, son conseil obtient la programmation d’une audience en référé contre l’importateur, afin de trouver une issue rapide. Sauf que ce type de procédure, même en référé, peut prendre du temps. Et pendant ce temps, la MG4 ne roule pas.
Le casse-tête d’un propriétaire qui ne peut ni rouler ni revendre
Une voiture de 32 000 € qui ne sort pas du garage, c’est l’équation la plus frustrante qui soit. Le quotidien s’organise sans le véhicule principal : covoiturage, véhicule de prêt ponctuel, plan B pour les déplacements. La valeur de la voiture, elle, stagne. Quant à l’option de la reprise par le professionnel, elle ne peut être étudiée qu’à l’issue de la procédure. Le propriétaire se retrouve coincé, avec un actif immobilisé qui continue de coûter.
À lire aussi
Un modèle populaire… mais pas exempt de déboires
La MG4 s’est fait une place sur le marché européen grâce à son rapport prix/équipements. Son style, ses aides à la conduite et ses autonomies annoncées séduisent. Mais la multiplication des logiciels embarqués signifie aussi que le cœur du problème peut parfois se situer loin des pièces mécaniques. Lorsqu’une mise à jour critique manque à l’appel, tout l’équilibre de l’auto peut en pâtir. Dans le cas de Vincent, c’est précisément ce nœud logiciel qui semble bloquer l’issue.
Pourquoi tout cela prend-il autant de temps ?
Parce que la chaîne décisionnelle est longue. Le vendeur intervient sur la préparation et les premiers réglages. Le réseau remonte les problèmes. L’importateur arbitre les demandes techniques et commerciales. Et le constructeur publie, quand c’est prêt, des correctifs logiciels capables de résoudre des bugs complexes. Entre-temps, l’assurance impose la prudence : si l’expert estime qu’il y a risque, la recommandation est claire : ne pas rouler. Résultat : le client attend. Et l’inactivité nourrit la colère.
Ce que Vincent a déjà tenté, et ce qui reste possible
Il a tenté l’annulation de la vente, sans succès. Il a actionné la garantie. Ainsi, il a obtenu une expertise. L’étape suivante est bien engagée : l’audience en référé pour accélérer la réponse de l’importateur. En parallèle, si une mise à jour logicielle arrive entre-temps, elle pourrait débloquer la situation. C’est précisément le scénario espéré par le propriétaire, qui rappelle qu’il ne cherche pas le conflit : il veut simplement récupérer une voiture sûre, conforme à ce pour quoi il a payé.
Ce que cette histoire dit des voitures d’aujourd’hui
Les voitures modernes sont des produits numériques sur roues. La tenue de cap, la gestion des feux, l’alerte de franchissement de ligne, le freinage d’urgence, tout est orchestré par du code. Cette sophistication améliore la sécurité quand tout fonctionne. Mais le moindre bug peut créer des effets en chaîne : volant qui tremble, assistants qui forcent, phares qui déconcentrent. On ne change plus une pièce seulement : on attend aussi un correctif, parfois unique à une version de logiciel, parfois lié à une série spécifique.
Ce que peut faire un consommateur dans ce cas
Sans promettre de miracle, quelques réflexes restent utiles : consigner chaque symptôme et chaque intervention ; faire établir un constat par un expert ; solliciter la prise en charge via la garantie ; documenter les dépenses liées à l’immobilisation ; demander, si nécessaire, une audience en référé pour contraindre une réponse rapide. Dans un cas comme celui de Vincent, la traçabilité du dossier est un atout : elle prouve la bonne foi de l’acheteur et l’ampleur des troubles.
L’attente, la colère… et l’espoir d’une solution
Des milliers d’euros ont déjà été engloutis dans cette affaire depuis l’achat. L’immobilisation d’un véhicule neuf est une épreuve absurde pour n’importe quel conducteur. Pourtant, une porte peut s’ouvrir : une mise à jour logicielle ciblée, validée par l’importateur et appliquée par le réseau, pourrait rétablir un fonctionnement normal. C’est d’ailleurs la piste que Vincent surveille de près. Et c’est ici que se joue la révélation de cette histoire : au terme de l’expertise, les anomalies de sécurité seraient bien d’origine logicielle, et une audience en référé doit être programmée contre l’importateur pour obtenir, enfin, la mise à jour qui permettra de rouler.
- 07/10/2025 à 22:19Le garage-concessionaire de la marque qui a pris la commission de la vente de ce véhicule est le premier responsable de cette transaction. Si ce garage est sérieux, il aurait proposé une solution en attendant la reprogrammation du logiciel, le prêt d’un véhicule de dépannage etc. Si non à quoi sert le concessionnaire de la marque ? Par exemple mon garage me prête un véhiculé pour la journée pour un simple vidange à chaque fois. C’est à Vincent donc de négocier cette possibilité de prêt, il faut qu’il le fasse.
1 commentaire