Ce SUV électrique à 23 400 € pourrait bien faire trembler Peugeot et Citroën

Un nouveau SUV électrique vient de débarquer sur le marché français, et son prix a de quoi faire tousser certains constructeurs. À moins de 24 000 euros, il se glisse pile dans la case des SUV urbains les plus recherchés du moment. Sauf que ses concurrents directs appartiennent à un groupe qui n’est autre que son propre partenaire stratégique. Explication d’une situation aussi improbable que savoureuse.
Un cinquième modèle pour Leapmotor, et pas des moindres
Il y a encore un an, Leapmotor ne proposait qu’un seul véhicule en France, la petite citadine T03. Le constructeur chinois a depuis multiplié les lancements, et son catalogue compte désormais cinq modèles. Le petit dernier s’appelle B03X, un SUV urbain de 4,27 mètres de long, déjà vendu en Chine sous le nom d’A10 depuis plusieurs mois.
Ce nouveau venu s’inscrit dans une progression rapide, entre citadines et SUV plus imposants comme le virage électrique pris par de nombreux constructeurs traditionnels. Deux versions sont proposées, toutes deux 100% électriques. Un choix qui tranche avec les hybridations partielles encore fréquentes chez les rivaux européens, et qui séduit un public de plus en plus sensible aux questions de coût d’usage au quotidien.
Des chiffres honnêtes, mais un prix qui change tout
Sur la fiche technique, rien de transcendant. La version Pro embarque une batterie LFP de 39,8 kWh couplée à un moteur de 130 kW, soit 177 chevaux, pour une autonomie WLTP de 292 kilomètres. La version ProMax grimpe à 145 kW (197 chevaux) et 53 kWh de batterie, portant le rayon d’action à 382 kilomètres. La recharge de 30 à 80% s’effectue en 16 minutes en courant continu, un détail non négligeable pour les trajets du quotidien.
Face à une Renault 4 E-Tech capable d’atteindre 408 kilomètres, ou un Kia EV2 dépassant les 450 kilomètres, le B03X ne bouscule rien sur le papier. Mais son véritable argument se trouve ailleurs : son tarif de lancement de 23 400 euros.
Un chiffre qui écrase littéralement la concurrence, sur un marché où chaque euro compte de plus en plus pour les acheteurs, à l’image des tensions actuelles autour du pouvoir d’achat des Français. La R4 E-Tech démarre elle à 29 990 euros, bonus écologique inclus, sans parvenir à rattraper cet écart.

Stellantis, le partenaire qui pourrait devenir un rival gênant
C’est là que l’affaire devient croustillante. Parmi les concurrents directs de ce SUV urbain figurent la Peugeot E-2008 et la Citroën Ë-C3 Aircross, affichées respectivement à 34 150 et 38 500 euros avant déduction du bonus. Deux modèles produits par Stellantis, groupe qui n’est autre que le partenaire stratégique historique de Leapmotor en Europe. Sans cet accord, la marque chinoise n’aurait probablement jamais atteint une telle implantation sur le Vieux Continent.
L’écart de prix reste pour l’instant justifié par de meilleures prestations, notamment en efficience, et par une réputation bien plus solide auprès des acheteurs français. Peugeot et Citroën bénéficient d’une image de marque construite sur des décennies, un atout que Leapmotor ne possède pas encore.
Reste que ce facteur pourrait s’éroder avec le temps, à mesure que les SUV chinois gagnent en crédibilité, un peu comme d’autres secteurs voient leurs repères bousculés, à l’image de ce qui se joue autour de certains véhicules bientôt interdits en France.
L’intérieur du B03X, avec ses deux écrans et sa dotation honnête, ne fait que renforcer cette impression de bon rapport qualité-prix.
Un partenaire qui devient concurrent sur son propre terrain, voilà une situation qui ne manque pas de piquant chez Stellantis. Le prix cassé du B03X suffira-t-il à convaincre les acheteurs français de tourner le dos à des marques qu’ils connaissent depuis toujours ?