Une Lamborghini Countach sans aucune courbe, à plus de 100 000 $ : l’étrange Lo Res Car part aux enchères à Las Vegas

On dirait un vieux jeu vidéo qui aurait craché une voiture dans le monde réel. Silhouette de supercar italienne, mais pas une seule courbe : que des facettes, des angles, des grands pans plats. Cet engin va passer sous le marteau le soir d’Halloween, à Las Vegas, et sa cote donne le vertige. Reste à savoir ce que cache vraiment cette étrange Lamborghini Countach « low-poly ».
Une Countach « pixelisée » qui débarque à Las Vegas le 31 octobre
Imaginez un coupé italien passé à la moulinette d’un jeu des années 90. C’est exactement l’effet que produit la Lo Res Car, un concept électrique créé en 2016 pour la marque de chaussures United Nude par son fondateur, Rem D. Koolhaas.
L’exemplaire mis en vente est le châssis numéro 3, considéré comme le dernier. La vente est organisée par la maison américaine Broad Arrow, le 31 octobre, soir d’Halloween. Un décor parfait pour un objet aussi bizarre.
Produite en toute petite série, la Lo Res n’a jamais été pensée comme une voiture de monsieur Tout-le-monde. Elle est présentée comme une interprétation radicale de la Countach, « privée de ses courbes ».
Le principe tient en une phrase : partir d’une icône et baisser sa « résolution » géométrique. Comment transforme-t-on un mythe aux lignes sensuelles en monolithe en coin ? La réponse se cache dans la fabrication, et elle est plus ingénieuse qu’on ne le croit.
Comment on réduit une Lamborghini à quelques grands pans plats
Les designers sont partis de la première Lamborghini Countach, celle dessinée par Marcello Gandini. Ils l’ont numérisée en 3D, puis ont diminué drastiquement son nombre de polygones.
Ne reste alors qu’un volume en forme de wedge, très pointu, composé de grands pans plats. La carrosserie devient une sorte de coquillage géométrique en polycarbonate translucide, presque sans ornements.
Le nom, lui, joue sur deux tableaux : « bassa resistenza », la basse résolution en italien, et l’esthétique low-poly très tranchée. Même les lignes droites rappellent les avions furtifs, et certains observateurs la rapprochent du camion électrique de Tesla dans son goût des angles.
Côté Tesla, selon l’agence ANSA, les designers revendiquent plutôt d’autres influences : la Lotus Esprit S1, la Citroën Karin et le film Blade Runner de Ridley Scott.
La coque se compose de panneaux vissés sur un châssis tubulaire en acier, et bascule d’un bloc pour libérer l’habitacle. À l’intérieur, deux places en tandem, un volant polygonal et un mobilier minimal. Il y a un vaste volume, rendu possible par un compact moteur électrique.
Et ce moteur, justement, réserve une surprise de taille : sous cette allure de vaisseau, la puissance n’a rien d’une Countach.
7 chevaux, 50 km/h : une œuvre d’art, pas une supercar

Voici le verdict. Le moteur développe environ 5 kW, soit un peu moins de 7 ch, pour une vitesse maximale proche de 50 km/h. De quoi réserver clairement l’engin à un usage d’exposition.
Autre limite : comme les autres Lo Res, cet exemplaire est strictement non homologué pour la route, faute d’équipements de sécurité et de validations réglementaires. Impossible de l’immatriculer, donc.
Ce n’est pas un problème pour ce type d’objet. Cette voiture-sculpture a servi de pièce maîtresse sur des podiums de mode, dans des musées et lors de grands événements dédiés au design. Sa silhouette de monolithe posé très bas au sol attire l’œil partout.
Construit en 2016 pour des opérations de promotion et d’image, le numéro 3 appartient désormais au petit cercle des grandes collections d’art automobile. La production se limitant à une poignée de châssis, chaque exemplaire compte.
Reste la vraie question, celle qui intéresse les collectionneurs : combien peut valoir un tel ovni ?
Ce que les enchères pourraient donner sous les néons
Broad Arrow ne communique aucune estimation officielle pour la vacation d’Halloween. Mais les précédents donnent des repères : un autre exemplaire serait déjà passé de main pour 110 000 dollars, soit environ 105 000 €.
Des ventes spécialisées mentionnent aussi une adjudication à 111 111 dollars, environ 106 000 €, pour une Lo Res en 2021. Sur cette base, les enchères pourraient démarrer autour de 150 000 dollars, près de 143 000 € selon les projections.
Ce chiffre reste une projection, pas une annonce. Mais il montre qu’un objet à moteur de voiturette peut se négocier au prix d’une vraie supercar, quand il a le statut d’objet de galerie.
Ce n’est pas la seule machine à faire parler d’elle par son audace : la Jeeporghini mêlant Countach et Jeep Wrangler a elle aussi laissé tout le monde sans voix.
L’acheteur idéal ? Un collectionneur, un musée ou une marque en quête d’icône visuelle. Dans un autre registre, la Ferrari Luce prouve que l’électrique de luxe divise.
Reste à voir jusqu’où les enchérisseurs monteront, ce soir-là, sous les néons de la capitale du jeu.
Une Countach sans courbes, 7 chevaux et un prix de supercar : la Lo Res Car prouve qu’un pur objet de design peut valoir bien plus que sa fiche technique. Et si les objets inclassables vous fascinent, ce camping-car inspiré d’un modèle Dacia cache un prix qui pourrait vous étonner. Quant aux géants qui défient l’imagination, ce navire de 1,8 km censé accueillir 80 000 personnes mérite un détour.