Après Ferrari et Lamborghini, Mansory transforme ce scooter Yamaha en supercar sur deux roues

Tu connais Mansory pour ses Ferrari repeintes en noir mat, ses Lamborghini couvertes de carbone, ou ses Bugatti à six chiffres. Jamais pour un scooter. Et pourtant, le préparateur allemand vient de sortir un projet qui n’a rien à voir avec son catalogue habituel. Cette fois, c’est un maxiscooter japonais qui passe entre ses mains, et le résultat ressemble étrangement à une supercar miniature.
Quand un préparateur de supercars regarde du côté des scooters
Fondée en 1989 par Kourosh Mansory, la maison allemande s’est bâtie une réputation solide sur un terrain bien précis : transformer des voitures déjà exceptionnelles en objets encore plus extrêmes. Ferrari, Lamborghini, Rolls-Royce, Aston Martin, Bugatti, Koenigsegg : la liste des marques qui sont passées entre ses mains ressemble à un défilé de rêves inaccessibles.
La recette n’a jamais vraiment changé chez Mansory. Fibre de carbone à outrance, teintes contrastées, ailerons proéminents, et des tarifs qui ne s’affichent jamais publiquement. On demande le prix, et on découvre souvent qu’on n’a pas les moyens de poser la question.
Mais avant ce scooter japonais, il y avait déjà eu un premier signal. Mansory avait osé une Vespa Monaco Edition, projet confidentiel qui préfigurait cette incursion dans l’univers des deux-roues. Un terrain totalement différent des GT qui font sa renommée, mais où l’atelier semble vouloir imposer sa patte.
Reste que s’attaquer au roi des maxiscooters, c’est une autre échelle. Pendant que certains constructeurs planchent sur des nouvelles stratégies pour séduire un public plus large, Mansory choisit l’exclusivité totale, quitte à s’éloigner de son terrain de jeu habituel.
Un choix qui, sur le papier, semble presque plus risqué que de repeindre une Porsche en carbone brut.
Le Yamaha TMAX 560 habillé comme une Lamborghini
Sur la base du dernier Yamaha TMAX 560, déjà considéré comme le vaisseau amiral de sa catégorie, Mansory signe ce qu’il baptise sobrement le Mansory Maxi Scooter. Le préparateur le décrit lui-même comme un « méga scooter basé sur un Yamaha TMAX 560 », première collaboration officielle de la maison avec un constructeur de deux-roues.
La livrée reprend les codes maison : noir mat associé à un bleu clair, teintes que l’on retrouve régulièrement sur les préparations automobiles de l’atelier. La fibre de carbone recouvre une grande partie du carénage, exactement comme sur les capots de Lamborghini ou les jupes latérales de Bugatti qui ont fait la réputation de Mansory. Le clin d’œil est assumé, presque revendiqué.
Des appuis aérodynamiques apparaissent à l’avant et à l’arrière du scooter, façon winglets empruntés directement au monde des supercars. Un logo Mansory illuminé trône à l’avant, histoire qu’il n’y ait aucun doute sur la provenance de la préparation.
On est loin du scooter urbain anonyme qui file entre deux files de voitures au feu rouge.
Pour comprendre l’ampleur du geste, il faut se souvenir que Mansory a bâti sa réputation sur des modèles pensés pour se démarquer, un peu comme certaines baskets tendance cherchent à détrôner les marques installées sur leur propre terrain. Même logique ici, appliquée à deux roues motorisées plutôt qu’à quatre.

Des pièces exclusives, mais toujours le même moteur
Sous l’appellation « La touche Mansory », l’atelier détaille une série de pièces spécifiques réservées exclusivement à ce projet. Impossible de les acheter séparément : selon le site spécialisé Motoservices, ces éléments ne sont proposés que dans le cadre du Mansory Maxi Scooter complet, jamais à la pièce.
Les appuis arrière viennent se fixer directement sur les poignées d’origine du TMAX, sans modification structurelle lourde. Le couvercle d’échappement habille quant à lui le silencieux Yamaha déjà présent en série. Autrement dit, la transformation touche essentiellement l’esthétique et l’aérodynamique visible, pas la mécanique du scooter.
Mansory ne mentionne aucune évolution du moteur ni de la partie-cycle. Pas de gain de puissance annoncé, pas de reprise du châssis. Le TMAX 560 reste techniquement identique à sa version de série, ce qui recentre tout l’intérêt du projet sur l’image et l’exclusivité plutôt que sur la performance pure.
Une logique assez éloignée de celle qu’on retrouve parfois dans l’automobile, où des évolutions techniques accompagnent les changements de contexte du marché. Ici, le carbone et le style suffisent à justifier le projet, sans toucher au bloc moteur ni à la réglementation en vigueur sur les deux-roues.
Côté tarif, rien n’est communiqué publiquement. Comme pour la plupart des créations Mansory, le prix se négocie directement auprès de l’atelier, au cas par cas. Aucune information non plus sur le nombre d’exemplaires prévus ni sur la durée de disponibilité de cette préparation.
Un Yamaha habillé comme une Ferrari, sans un gramme de puissance en plus : voilà le pari étrange mais assumé de Mansory. Reste à savoir si d’autres constructeurs de deux-roues vont, eux aussi, tenter l’expérience du carbone et du logo lumineux.