Ces automobilistes « se font faire les poches » par les péages sans barrière : jusqu’à 375 € d’amende pour 24h d’oubli

Cet été, des milliers d’automobilistes ont eu la mauvaise surprise de recevoir un courrier salé après un simple passage sur l’autoroute. Pas de barrière, pas d’arrêt, mais une facture qui grimpe vite si on oublie de payer à temps. Le Canard enchaîné et le site Signal-Arnaques ont enquêté sur ce système en pleine expansion, et ce qu’ils révèlent sur le délai réel de paiement risque de vous glacer avant votre prochain trajet.
Le péage en flux libre, une révolution qui cache un piège
Sur le papier, l’idée séduit. Plus besoin de s’arrêter, un portique lit votre plaque d’immatriculation et enregistre automatiquement le montant à régler. Fini les bouchons devant les barrières, moins d’accrochages, moins de carburant gaspillé : c’est en tout cas l’argument avancé par le ministère chargé des Transports.
Le système a démarré sur l’A79 dans l’Allier fin 2022, avant de s’étendre à l’axe A13-A14 entre Paris et la Normandie sur près de 210 kilomètres, puis à un tronçon de l’A4 en Moselle. D’autres sections suivront en 2026, notamment l’A69 entre Toulouse et Castres.
Le hic ? Aucune barrière ne rappelle au conducteur qu’il doit payer. Sans carburant réglé à la pompe ni ticket à conserver, l’automobiliste doit se souvenir tout seul de régler la note dans un délai très court. Et c’est précisément là que tout peut basculer.
72 heures pour payer, mais une fenêtre réelle bien plus courte
Le délai officiel est de 72 heures après le passage pour régler sans pénalité. Passé ce délai, la société concessionnaire émet un procès-verbal assorti d’une indemnité forfaitaire de 90 euros, réduite à 10 euros si le paiement intervient sous 15 jours. Sans règlement au bout de deux mois, l’amende grimpe à 375 euros.
Sauf que ce délai de 72 heures est trompeur. Sur le site de la Sanef, les trajets peuvent mettre jusqu’à 24 heures avant d’apparaître dans le système. Résultat : un automobiliste qui veut payer dès son arrivée dispose en réalité d’une fenêtre de 48 heures seulement, pas 72.
Une semaine de vacances, un oubli tout bête, et la majoration tombe. En 2025, ces pénalités ont rapporté 25 millions d’euros à la Sanef sur le seul réseau entre Paris et la Normandie, selon Le Canard enchaîné. De quoi comprendre pourquoi Signal-Arnaques parle carrément de « racket ».

Des escrocs surfent sur la confusion, voici comment s’en sortir
Autre danger, plus sournois encore : des faux messages de relance circulent par SMS ou e-mail, imitant les vraies sociétés d’autoroute. Les victimes, persuadées de régulariser une dette, paient de fausses factures ou livrent leurs coordonnées bancaires à des escrocs. La règle d’or : ne jamais cliquer sur un lien reçu par SMS ou mail concernant un péage, et toujours vérifier directement sur le site officiel du concessionnaire.
Pour éviter tout risque, mieux vaut anticiper. Sur l’A79, l’inscription se fait via Aliae. Sur les axes A13 et A14, direction Sanef. Sans badge de télépéage ni compte créé à l’avance, Signal-Arnaques conseille un réflexe simple : programmer un rappel 24 heures après le passage, histoire de ne jamais rater l’échéance.
Sans badge, deux canaux officiels existent : le paiement en ligne sur le site du concessionnaire, ou chez un buraliste du réseau Nirio, environ 10 000 points en France. Face à la grogne, la députée Mathilde Panot a même déposé une proposition de loi dénonçant un « fiasco technique ». Les parlementaires examinent désormais un amendement pour porter le délai sans pénalité à un mois entier.
Un simple portique, un oubli de quelques heures, et la facture peut décupler en un clin d’œil. En attendant que la loi change vraiment, la meilleure protection reste un rappel dans votre téléphone. Et vous, avez-vous déjà été surpris par ce genre de facture imprévue après un trajet estival ?