Sa Peugeot électrique n’atteignait que 160 km au lieu des 341 annoncés : la justice lui donne raison

Vous achetez une voiture électrique. Le constructeur promet 341 km d’autonomie. Vous n’en obtenez jamais plus de 160. Pas en plein hiver sur autoroute, non — en ville, en mode Eco, avec une conduite souple. L’écart frôle les 53 %. Impensable ? C’est pourtant ce qu’a vécu un automobiliste allemand avec sa Peugeot e-2008. Et la justice vient de lui donner raison.
Peugeot e-2008 : quand l’autonomie réelle divise la promesse par deux
L’affaire commence de façon banale. Un conducteur allemand investit dans une Peugeot e-2008, séduit par la fiche technique qui affiche fièrement 340 km d’autonomie. Sur le papier, c’est largement suffisant pour un usage quotidien. Sauf que dès les premiers trajets, la déception s’installe.
Malgré tous ses efforts — conduite douce, trajets urbains, activation systématique du mode Eco —, l’homme ne dépasse jamais les 160 km par charge complète. On ne parle pas d’un petit écart saisonnier ou d’une légère déviation liée au froid. On parle d’une autonomie quasiment divisée par deux, jour après jour.
L’automobiliste décide alors de contacter son concessionnaire pour demander le remboursement du véhicule. Réponse du garage : aucun défaut constaté, circulez. Face à ce refus catégorique, l’homme choisit de ne pas se laisser faire et saisit la justice. Une bataille judiciaire loin d’être gagnée d’avance, mais qu’il mènera jusqu’au bout.
Un expert indépendant confirme l’écart de 53 % sur l’autonomie
Le tribunal a pris l’affaire au sérieux. Plutôt que de se fier aux arguments de l’une ou l’autre partie, les juges ont mandaté un expert indépendant pour tester concrètement les performances de la voiture. Et les résultats ont été sans appel.
Après plusieurs essais en conditions réelles, l’expert a confirmé que les chiffres annoncés par Peugeot étaient largement surévalués. La promesse commerciale ne tenait tout simplement pas la route — au sens propre du terme. Le tribunal a estimé que l’acheteur avait été induit en erreur par des données trop optimistes.
Verdict : le concessionnaire a été condamné à reprendre le véhicule et à rembourser son client. Seule déduction appliquée : une compensation pour les 40 000 km déjà parcourus. Les frais de justice ? Entièrement à la charge du vendeur. Une décision forte, qui rappelle que les promesses d’autonomie ne sont pas qu’un argument marketing : elles engagent le constructeur légalement.
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Et cette affaire allemande n’est pas un cas isolé.

Après l’Allemagne, la France commence aussi à sévir sur l’autonomie des électriques
Le garage automobile vit une révolution, et la justice suit le mouvement. En 2025, le tribunal de Toulouse a déjà tranché un dossier similaire. Une société de BTP avait acheté un utilitaire électrique dont l’autonomie réelle était inférieure de 30 % aux performances annoncées. Là aussi, le remboursement a été ordonné.
Ces décisions dessinent une tendance claire : les tribunaux européens refusent désormais de fermer les yeux sur l’écart entre les chiffres WLTP affichés en concession et la réalité du quotidien. Le cycle d’homologation WLTP, censé être plus réaliste que l’ancien NEDC, reste un test en laboratoire. Les conditions réelles — température, relief, style de conduite, utilisation du chauffage — font souvent fondre l’autonomie comme neige au soleil.
Pour les constructeurs, le message est limpide. Afficher des chiffres gonflés, c’est s’exposer à des condamnations. Et pour les acheteurs déçus, ces jurisprudences ouvrent une voie légale concrète, à condition de documenter précisément l’écart constaté.
Morale de l’histoire : une promesse d’autonomie, ce n’est pas une suggestion — c’est un engagement contractuel. Et si votre voiture électrique ne tient pas la distance, le droit est peut-être de votre côté. La vraie question maintenant : combien de conducteurs roulent chaque jour avec un écart similaire sans même le savoir ?